Fausse alerte

Le nouveau plan de gestion du touladi (2014-2020) a alimenté des craintes voulant que certaines restrictions puissent compromettre la pêche blanche en Estrie.
Je vous rassure tout de suite : l'interdiction de toute pêche d'hiver décrétée par le gouvernement provincial sur des lacs dans lesquels on retrouve du touladi est ciblée et elle ne s'appliquera pas en Estrie.
La mesure s'avère nécessaire dans les secteurs « où le prélèvement hivernal du touladi affecte considérablement l'état de ses populations ».
« Plusieurs plans d'eau sont considérés comme étant en repeuplement. Ceux-ci sont frappés par l'interdiction. Ce n'est pas le cas pour les grands lacs de l'Estrie, car ils n'appartiennent pas à cette catégorie », précise le biologiste Sylvain Roy, de qui relève la pêche au service d'aménagement de la faune de l'Estrie.
La pêche blanche n'est donc pas menacée sur les lacs Memphrémagog, Massawippi et Mégantic, des plans d'eau qui sont fréquentés hiver comme été et qui sont réputés pour la pêche au touladi.
Il n'est pas permis de prendre de la truite grise durant l'hiver. Tous les poissons capturés par erreur doivent être remis à l'eau. Néanmoins, cette pêche doit être considérée. « Le taux de survie est estimé à 80 pour cent. Il y a donc un certain prélèvement indirect durant la saison hivernale.
Celui-ci ne représente cependant pas une menace pour l'équilibre de nos plans d'eau », souligne le biologiste. Ce n'est pas le cas partout au Québec, car la proportion des lacs en équilibre (régénération vs exploitation) demeure inférieure à 40 pour cent à travers la province pour le touladi.
C'est tout de même beaucoup mieux qu'il y a 20 ans puisque le point d'équilibre n'était alors que 18 pour cent pour cette espèce dans les plans d'eau québécois.
« Nous sommes privilégiés en Estrie d'avoir des lacs où le taux de reproduction est élevé, au point de nous permettre de procéder à des déplacements d'un plan d'eau à l'autre », précise M. Roy. Il n'est toutefois pas question d'élargir l'offre de pêche dans des plans d'eau fermés l'hiver et dans lesquels on retrouve de la grise, comme le lac Bowker.
Les autorités provinciales doivent garder un oeil attentif sur cette espèce qui, contrairement au doré par exemple, n'est pas concentrée dans les réserves fauniques, les Zecs ou les pourvoiries qui peuvent faire un suivi quotidien des captures. La répartition
du touladi se retrouve à 80 pour cent en territoire libre.
Expérience d'une saison
Le lac Arnold, situé dans la municipalité de Saint-Augustin-de-Woburn, fait figure d'exception cet hiver.
La pêche y est permise depuis la mi-janvier et sera ouverte jusqu'au 31 mars alors qu'elle était normalement fermée à cette période-ci de l'année.
Le Club de chasse et pêche du lac Arnold finance des ensemencements d'ombles de fontaine dans ce plan d'eau depuis quelques années. Une autorisation spéciale a été accordée, question d'évaluer si une ouverture régulière de la pêche d'hiver est envisageable. Une analyse sera effectuée à la suite de cette pêche expérimentale.