Joé Hudon a remplacé Samuel Goulet-Bolduc en deuxième demie au poste de quart; les résultats ne furent guère concluants.

Face au Vert & Or, le Rouge et Or tout simplement trop fort

QUÉBEC – Le Rouge et Or de l’Université Laval n’a jamais été réellement inquiété, samedi après-midi, sur son synthétique du PEPS, et il a facilement remporté son match de demi-finale par 40-0 face au Vert & Or de l’Université de Sherbrooke sous une météo plus que capricieuse.

Si les Sherbrookois ont présenté du jeu inspiré face aux Stingers de Concordia, samedi passé, la magie n’a pas agi du tout, contre Québec.

En fait, c’est la deuxième fois lors des trois dernières rencontres entre les deux équipes que le Rouge et Or réussit à blanchir les Sherbrookois. Ce n’est pas rien.

L’an dernier, Québec avait aussi blanchi le Vert & Or en demi-finale du football universitaire québécois, cette fois par 45-0.

Le Rouge et Or récolte une 30e victoire contre son rival des Cantons-de-l’Est depuis 2003.

Comme c’est trop souvent le cas depuis l’an dernier, l’attaque sherbrookoise n’a pas été en mesure de faire avancer le ballon.

De fait, l’attaque sherbrookoise fut à nouveau anémique, avec 55 verges de gain net et seulement six premiers essais, dont deux furent le résultat de punitions au Rouge et Or.

Et justement; la stabilisation de toute l’unité offensive du Vert & Or sera la priorité de l’organisation et de l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte en vue de la prochaine saison.

« Ce fut une saison difficile au complet pour notre attaque. Vous connaissez tous la situation, avant la saison, on a dû composer avec le départ de notre coordonnateur offensif (Jason Hogan, NDLR) en qui on a investi temps et argent, ça fait mal. Il a n’a pas été là; on a pris toute la saison pour se relever de ça. On a fait ce qu’on a pu avec les ressources à l’interne. Je lève mon chapeau à Rémi Giguère, un jeune coach qui a accepté le défi de diriger l’attaque. »

« Ça fait seulement 10 minutes que le match est fini et je suis déjà en mode solution pour l’an prochain. On ne peut pas garder les conditions actuelles, ce n’est pas la façon de viser l’excellence. Des décisions devront être prises, mais c’est sûr que ça passe par l’embauche d’un entraineur qualifié au niveau de l’attaque. On ne manque pas de vouloir ou de désir, mais ça va nous prendre quelqu’un qui va nous encadrer là-dedans et qui va guider nos jeunes joueurs et des jeunes qu’on a recrutés pour les prochaines années. »

« Ça va prendre quelqu’un de qualifié pour rouler une attaque. Il faut stabiliser tout ça, monter un staff offensif pour les prochaines années. »

« Malgré tout, on a réussi à se tailler une place en éliminatoires. Je lève mon chapeau à nos jeunes joueurs, qui n’ont jamais abandonné. Personne n’est venu à reculons ici; on a vu quelques beaux jeux, quelques belles séquences. Mais on voit bien, avec le score final, c’est 40-0, c’est une bonne différence. Félicitations à notre adversaire et bonne chance au prochain tour. »

Les conditions météorologiques étaient épouvantables pour ce match, qui a été disputé sur une pluie diluvienne et constante, alimentée par de parfois fortes rafales de vent.

Ainsi, le positionnement sur le terrain et le jeu au sol furent des éléments clés de la victoire.

Et c’est ce que le Rouge et Or s’est attardé à faire, notamment en début de rencontre; Québec a forcé l’attaque sherbrookoise à démarrer chaque fois loin dans son territoire, alors qu’en attaque, elle procédait méthodiquement.

À la demie, Québec était en avance 21-0 et devant l’ineptie de l’attaque sherbrookoise, la foule éparse qui a bravé la météo savait que les carottes étaient cuites pour les visiteurs.

Si le quart-arrière Samuel Goulet-Bolduc a vécu un conte de fée la semaine dernière à son premier match en carrière universitaire, il en fut tout autrement face au Rouge et Or; le jeune homme a été très souvent pressé dans ses lancers de balle; conséquence, il n’a pu faire mieux que trois passes complétées en 13 tentatives et une interception.

Il a été remplacé par Joé Hudon, au début du troisième quart, avec des résultats mitigés; il a complété seulement trois de ses sept passes pour des gains négatifs de -3 verges, et deux interceptions.

Sacré étoile au RSEQ pour son impressionnante saison, le porteur de ballon Gabriel Polan a rarement eu la chance de se faire valoir, étant donné la difficulté à établir le jeu aérien. Résultat, il a amassé 70 verges au sol en 11 courses.

« La dernière fois que j’ai joué dans des conditions aussi atroces, je devais avoir 10 ans! Je n’ai jamais affronté ça depuis que je joue universitaire. La balle glissait, mais ça restait un match comme les autres », a dit le vétéran de quatrième année.

« Le Rouge et Or a bien fait en positionnement de terrain en nous refoulant loin dans notre territoire. C’est plus difficile d’établir notre attaque quand on démarre aussi près de notre zone des buts. Ça nous force à être plus conservateurs avec notre livre de jeu, malheureusement. Et Québec a bien fait sur ses bottés de dégagement. »

« Un match difficile, on ne se contera pas de menteries. On a fait des erreurs stupides, on les corrige et on le voit, ça marche. Mais contre Québec, les erreurs sont souvent fatales. »

Le Rouge et Or, lui, a exploité à plein son attaque au sol dans ces conditions difficiles, alors que Vincent Breton-Robert (119 verges et un touché) ainsi qu’Alexis Côté (105 verges) ont permis à Québec de cumuler 304 verges au sol.

Le quart-arrière Hugo Richard a connu un match tranquille, en conséquence, avec 11 passes complétées en 18 tentatives pour 154 verges et un touché.

« Ce n’était pas facile, n’empêche qu’on a pu être efficace. Avec les ballons super mouillés et plus lourds, il a fallu adapter notre plan de match afin de bien bouger le ballon au sol », a-t-il dit.

Québec se frottera donc à Montréal une autre fois pour l’obtention de la Coupe Dunsmore.