Patrick Guay et Samuel Poulin seront au cœur des prochains succès du Phœnix.

Et si le plan était de ne pas suivre le plan?

CHRONIQUE / Le plan semblait bon. En fait, il l’était jusqu’à tout récemment. Tellement, que personne ne le remettait en question. Mais il fallait que Samuel Poulin sème le doute dans l’esprit de son directeur général.

Jocelyn Thibault doit y penser chaque soir en se couchant. Et aussi chaque matin en se levant. Après avoir évalué tous les scénarios, analysé toutes les probabilités, c’est confirmé : je ne voudrais pas être dans ses souliers.

Il était évident que le Phœnix s’affichait comme grand aspirant à la Coupe du Président dans deux saisons.

En 2020-2021, le noyau de l’équipe sera âgé de 19 ans. Un noyau formé de nombreux joueurs ayant été repêchés en première ronde.

Tous ces joueurs aujourd’hui âgés de 17 ans dominaient dans le midget AAA il y a deux ans. On pense à Bailey Peach et Jaxon Bellamy dans les Maritimes. Ou encore à Jérémy Jacques et Alexandre Joncas au Québec. Et surtout, à Samuel Poulin.

Le Phœnix misera alors sur d’excellents joueurs de 20 ans. Comme Benjamin Tardif et Olivier Crête-Belzile, ce dernier étant considéré comme le meilleur défenseur midget AAA à sa dernière année dans le circuit.

Sans parler du jeune de 16 ans Patrick Guay, qui devrait constituer un joueur de premier plan dans la LHJMQ dans deux ans.

Or, les récentes performances du joueur étoile du Phœnix changent la donne. Vous l’avez vu comme moi : Samuel Poulin est tout simplement impressionnant. Assez pour être repêché en première ronde dans la LNH dans quelques semaines. Et trop souvent, ces joueurs n’évoluent pas dans la LHJMQ à 19 ans, mais bien dans la LNH. Surtout quand ils mesurent 6’2, pèsent plus de 205 livres et forment une véritable machine de hockey.

Voilà le problème. Il est là. Est-ce que le Phœnix veut risquer d’attendre la saison 2020-2021 pour mettre tous ses œufs dans le même panier, viser les grands honneurs pour finalement devoir se débrouiller sans Poulin? Je suis persuadé que non.

Maintenant ou jamais

Le Phœnix comptera sur d’excellents joueurs de 20 ans en 2019-2020. Alex-Olivier Voyer et Félix Robert étaient déjà redoutables cette saison. À cela s’ajoute Yann Félix-Lapointe, qui semble de plus en plus constituer une bonne monnaie d’échange.

Parce que certaines rumeurs envoient le frère de Patrick Guay à Sherbrooke. Avouons que le capitaine des Voltigeurs, Nicolas Guay, compléterait à merveille le trio de 20 ans. Non seulement le Magogois rejoindrait son frère, mais en plus, il évoluerait avec l’un de ses meilleurs amis, Alex-Olivier Voyer. Et ceux qui suivent le moindrement la LHJMQ savent que Guay sera l’un des meilleurs vétérans. Sachant que les Voltigeurs se positionneront probablement dans le clan des vendeurs, l’idée devient plausible.

Le noyau serait alors âgé de 18 ans, mais miserait sur d’excellents vétérans de 20 ans et aussi, des joueurs de 19 ans dominants, dont les joueurs européens Taro Jentzsch et Oliver Okuliar. Ce dernier pourrait par contre évoluer sous d’autres cieux. Malgré un talent évident, Okuliar ne représente peut-être pas le prototype de joueur européen parfait pour aider une équipe à soulever le fameux trophée.

Transiger plutôt que repêcher

Autre argument pouvant influencer le choix de Jocelyn Thibault : la banque de choix au repêchage bien garnie. En possédant les choix 9 et 10 de la première ronde au prochain encan, le Phœnix peut se permettre d’en transiger un, ou même deux, pour obtenir des joueurs établis. Idem pour les choix de 2020.

Il existe aussi toutefois une solution hybride, mais plus complexe et audacieuse qui ne se voit que très rarement dans la LHJMQ : s’offrir une fenêtre d’opportunités de deux saisons.

Mais dans les deux cas, la recette du succès reste la même.

Je n’ai pas la prétention d’avoir les capacités de directeur général. Mais une chose est certaine. J’adore m’improviser DG.

Dans ce cas, jouons le jeu. Si j’étais Jocelyn Thibault...

Si j’étais Jocelyn Thibault, je regarderais vers un gardien supérieur. Comme un Olivier Rodrigue ou encore un Alexis Gravel. Un enjeu de taille.

J’ajouterais un général à la ligne bleue. Je regarderais aussi vers un autre attaquant top 6.

Le nom de Xavier Parent circule beaucoup et je ne déteste pas l’idée d’accueillir à Sherbrooke celui avec qui Poulin a fait la pluie et le beau temps dans le passé. Surtout que la valeur de Parent est à son plus bas après une saison plus difficile à Halifax.

À bien y penser, je préfère beaucoup mon rôle de journaliste. Car aujourd’hui, je peux me tromper. Me tromper en croyant que la meilleure solution pour viser la conquête serait d’y aller le tout pour le tout dès la saison prochaine. Me tromper dans mes ajouts, ce qui est peut-être le cas. Mais le DG du Phœnix, lui, ne peut pas se tromper.

Car après avoir vu le Phœnix rater son coup au terme de son premier cycle de quatre ans en 2015-2016, les amateurs digéreraient mal un autre échec. Mais avec Samuel Poulin dans ses rangs, difficile de se tromper cette fois.