Le but de Karim Ansari Fard sur un penalty a privé le Portugal de la victoire contre l'Iran, lundi. Les Iraniens sont quand même éliminés du tournoi.

Espagnols et Portugais triment dur, mais passent

KALININGRAD — Scénario doublement heureux pour l’Espagne, lundi, qui a obtenu in extremis le nul face au Maroc (2-2), a arraché sa qualification et terminé en plus en tête de son groupe pour affronter la Russie en huitièmes de finale du Mondial-2018. Merci Iago Aspas, l’assistance vidéo... et l’Iran!

La Roja a passé une bonne partie de son match derrière le Portugal, leader virtuel du groupe B à 1925 kilomètres de là, jusqu’à l’égalisation dans le temps additionnel (90e-+3) des Iraniens face aux champions d’Europe en titre (1-1). Dans le même temps, le but d’Aspas (90e+1) a donné à l’Espagne le point pour passer en tête sur le fil.

Le verdict nul de 2-2 n’a été confirmé que plusieurs minutes plus tard après l’intervention des officiels vidéo, puisque sur le terrain, le but avait d’abord été refusé pour hors-jeu. L’Espagne et le Portugal ont terminé la phase de groupe avec cinq points, mais la Roja termine au sommet en vertu de son nombre de buts (six contre cinq).

Conséquence majeure, l’Espagne évite l’Uruguay, premier du groupe A, pour affronter la Russie, un adversaire plus abordable, dimanche à Moscou. Contre le pays hôte, la moindre faute ne pardonnera toutefois pas.

«On va devoir rivaliser avec tous les supporteurs locaux, mais de toute façon un match se perd ou se gagne sur le terrain, pas en dehors. Nous avons des joueurs habitués à jouer dans ce genre d’ambiance», a relativisé le sélectionneur Fernando Hierro. 

Malgré leur série de matchs sans défaite portée à 23, les Espagnols ont été loin d’offrir du jeu convaincant dans cette phase de groupe. Déjà en souffrance pour battre l’Iran (1-0) mercredi dernier, les champions du monde 2010 ont failli cette fois-ci se faire surprendre par le Maroc.

Car si Isco (19e minute) avait réussi à répondre à l’ouverture du score de Khalid Boutaïb (14e) avec son 10e but lors de ses 15 derniers matchs avec l’Espagne, l’entrant Youssef En-Nesyri (81e) pensait avoir sanctionné la trop grande passivité de la défense espagnole. Mais Aspas a finalement sauvé la Roja.

Rude bataille en vue

Dommage pour les champions d’Europe en titre, qui auront bien plus fort à faire face à l’Uruguay de Diego Godin, de Luis Suarez et d’Edinson Cavani, que contre la Russie. Cristiano Ronaldo, qui a manqué un penalty (53e minute) dans le verdict nul de 1-1 contre l’Iran, risque d’avoir des regrets.

Au lieu de Ronaldo, auteur de tous les buts de son équipe jusque-là, c’est Ricardo Quaresma qui a marqué pour le Portugal à la 45e minute. Le milieu de terrain de 34 ans devenait du même coup le plus vieux buteur du Portugal en Coupe du monde.

Après que Ronaldo eut été stoppé pour une sixième fois à ses 14 derniers penaltys, Karim Ansarifard est venu contrecarrer les plans du Portugal en marquant dans les arrêts de jeu sur un penalty accordé après recours à l’assistance vidéo à l’arbitrage pour une main dans la surface du défenseur Cedric Soares. Pendant que les Iraniens s’effondraient en larmes après le sifflet final — l’Iran n’a jamais atteint la phase éliminatoire en cinq Coupe du monde —, les célébrations muettes des Portugais ressemblaient davantage à un soulagement.

Les Portugais doivent en effet se préparer à une rude bataille contre l’Uruguay, samedi. Une bataille de défenses solides et de stars offensives prêtes à marquer à tout moment. 

«L’important, c’est d’être en huitièmes, et notre ambition est de continuer dans le tournoi», a souligné le sélectionneur Fernando Santos. «Tant que nous nous préparons pour le prochain match mentalement et physiquement, l’adversaire n’est pas si important. Nous avons nos armes et nous allons essayer d’en tirer profit.»