Le nom du confrère Ernie Wells, de Rimouski, figure maintenant dans le « Club sélect des 2 livres et plus » de la réserve faunique de Portneuf.

Entre deux ondées

CHRONIQUE / J'avais tendance à imputer davantage au mauvais temps des insuccès de chasse que de pêche. Plus maintenant.
Les chevreuils ne sortent pas du bois parce qu'il fait tempête, cherche-les aux bons endroits, m'ont enseigné d'habiles chasseurs. À suivre leurs conseils, j'ai déjà trouvé en pleine bordée de neige des cerfs qui étaient couchés dans du sapinage tellement dense qu'on aurait crû que seul un lièvre pouvait s'y risquer. J'ai également retenu que les marécages sont de bons abris lorsque soufflent de violentes bourrasques, les chevreuils préférant endurer le vent leur sifflant dans les oreilles, que de risquer d'avoir une branche sur la tête.
Capable de fouiller une forêt de bord en bord, le gars, mais pas assez bon pour trouver le poisson dans un lac bourré de truites à peine plus grand qu'un terrain de football!
Je suis un pêcheur très ordinaire, mais notre groupe de chroniqueurs comptait des gens expérimentés et nous avons tous peiné durant la semaine maussade de la Saint-Jean lors d'un séjour dans la réserve faunique de Portneuf, à l'invitation de la Sépaq.
Vent, pluie torrentielle, la bravoure et la patience ont été mises à rude épreuve.
Les truites étaient dans le lac, car une courte séquence entre deux ondées nous a offert une « période majeure ». C'est à ce moment-là que mon confrère Ernie Wells, promoteur du Salon de chasse et pêche de Rimouski et animateur de l'émission radiophonique Rendez-vous nature, a fait son entrée dans le « Club sélect des 2 livres et plus ». Pour avoir tenu son trophée à bout de bras dans le filet, y'avait du tonus et de l'énergie dans cette truite-là!
La pluie est réapparue, l'air est resté instable et le vent frais a persisté. Paresseuses, les truites sont restées dans les profondeurs et ont attendu que le mauvais temps passe... en regardant passer nos leurres.
Le matin où elles se sont dégourdies, nous étions partis. Les pêcheurs débarqués après nous, à la fin du jeûne, ont dû en profiter.
Un bon chasseur ou un bon pêcheur peut, grâce à son expérience, augmenter ses chances les jours où les conditions météorologiques sont défavorables. Mais c'est aussi à vivre de pareilles expériences qu'on développe un meilleur niveau de compréhension et d'acceptation.
Trois jours plus tôt ou trois jours plus tard, à ce même endroit, et le récit aurait probablement été très différent. C'est statistiquement démontrable, vous n'avez qu'à consulter l'historique de pêche dans la réserve faunique de Portneuf pour constater qu'en quantité autant qu'en qualité, le succès est quasi assuré.
Je vous ai résumé l'expédition telle que vécue parce que des pêcheurs reviennent parfois déçus d'une excursion dans l'un des camps de la Sépaq ou encore en pourvoirie. Pour l'avoir entendu, leur premier réflexe est souvent de douter de l'objectivité de l'information fournie par l'exploitant.
Il faut être soi-même objectif dans l'analyse des résultats. Prenez l'habitude de garder une place au réalisme dans votre coffre, ça garde la bonne humeur dans le bateau quand du temps exécrable rend la pêche mauvaise.