Membre du personnel d'entraîneurs de l'équipe nationale depuis déjà 27 ans, Serge Dugas fait aussi partie de la garde rapprochée qui gravite et conseille Erik Guay.

Entraîneur d'Erik Guay, Serge Dugas savoure son triomphe

Le skieur Erik Guay a illuminé la journée du Magogois Serge Dugas mercredi en remportant le super-G des Championnats du monde de ski alpin à Saint-Moritz, en Suisse. Membre du personnel d'entraîneurs de l'équipe nationale depuis déjà 27 ans, Dugas fait aussi partie de la garde rapprochée qui gravite et conseille Guay. Cette relation entre Guay et Dugas perdure depuis 12 ans.
Ce dernier a donc connu les hauts et les bas de celui qui est devenu à 35 ans le plus vieux skieur à se couvrir d'or aux Championnats du monde de ski alpin. « C'est phénoménal ce qu'Erik vient de réaliser. Le mois dernier à Garmisch-Partenkirchen, en Allemagne, sa chute spectaculaire a été vue par des millions de personnes sur les médias sociaux et traditionnels. Moi, je me suis interdit de la regarder. Lui, non seulement il se remet sur ses deux pieds, mais il met ça de côté et repart comme s'il ne s'était rien passé. Erik est une force de la nature autant physiquement que mentalement », soutient Serge Dugas tout en rappelant que nombreux sont ceux qui doutaient que Guay retrouve sa forme des beaux jours après une opération à un genou passablement hypothéqué en 2014.
Pour cette raison, Dugas désirait peut-être plus que quiconque revoir Guay sur le podium et sur la marche la plus haute. « Comme entraîneur auprès des meilleurs athlètes de la discipline de la planète, tu veux les voir au sommet. Le processus est long. Il faut être patient. Il y a des journées plus sombres que d'autres, mais quand tu as déjà goûté à la victoire à ce niveau, tu veux revivre ces mêmes sensations. Dans le cas d'Erik, on savait qu'il était mûr pour un autre podium, même une victoire, et ça vient de se passer aux mondiaux. Il y a toujours cru. Sa victoire me comble »
Le héros
Dans un sport où chaque centième de seconde compte, les entraîneurs sont essentiels pour trouver et analyser les moindres petites défaillances qui peuvent coûter plusieurs rangs au classement. Conscient de l'importance des entraîneurs, Serge Dugas insiste tout de même pour donner tout le crédit à Erik Guay. « C'est lui qui descend à une vitesse vertigineuse et qui prend tous les risques. C'est lui qui s'est imposé des sacrifices pour passer par-dessus toutes les blessures qui l'ont affligé. C'est lui le héros », fait valoir Serge Duguay tout en rappelant qu'un autre Canadien, Manuel Osborne-Paradis, avait suivi Guay de quelques centièmes de seconde à la ligne d'arrivée et terminer troisième.
« Deux médaillés sur trois en super-G aux mondiaux qui sont du Canada, faut souligner ça », a-t-il dit.
L'heure n'est toutefois pas encore aux célébrations pour la délégation canadienne. « L'entraînement va reprendre rapidement, précise Serge Dugas. Il y a l'épreuve de descente samedi. C'est loin d'être terminé. Nos skieurs canadiens ont encore d'excellentes chances d'être dans le coup. »
Et qu'on se le dise, les représentants du Canada sont toujours heureux de compter sur la présence rassurante de Serge Dugas à quelques heures d'une compétition. Comme entraîneur, Serge Dugas en est déjà à ses treizièmes Championnats du monde (pas toujours chez les hommes) et 2018 seront ses huitièmes Jeux olympiques.
« Mon espérance de vie comme entraîneur est pas mal rendue au bout du rouleau », s'esclaffe Dugas. Une affirmation que ses protégés ne partagent pas.