Claude Beauchemin, Daniel Labbé et Luc Roy étaient à pied d'oeuvre cette semaine au marais Réal-D.-Carbonneau. Ils sont parmi les bénévoles de la Société de loisir ornithologique de l'Estrie procédant à l'installation, un peu partout en région, d'une centaine nichoirs destinés aux hirondelles bicolores.

En renfort aux hirondelles

CHRONIQUE / Après le travail d'assemblage en atelier, Claude Beauchemin, Daniel Labbé et Luc Roy ont sorti le coffre à outils, cette semaine, et se sont rendus au marais Réal-D.-Carbonneau pour s'acquitter de la dernière étape de leur mission.
Ces trois membres de la Société de loisir ornithologique de l'Estrie (SLOE) font partie de l'escouade de bénévoles ayant décidé de fabriquer, d'installer et de veiller ensuite à l'entretien d'une centaine de nichoirs. De Woburn à Danville, en passant par Sherbrooke, une bonne partie de la région bénéficiera de cette offre additionnelle d'hébergement pour hirondelles bicolores.
« Bien que moins critique que celui de l'hirondelle rustique, associée aux bâtiments de ferme, le déclin de l'hirondelle bicolore est tout de même préoccupant et nous voulons faire notre part pour participer à son rétablissement. Les produits chimiques utilisés en milieu agricole affectent les couvées. Plus nous nous en éloignons, plus les jeunes sont nombreux et costauds lorsqu'ils quittent le nid » explique le président de la SLOE, Benoit Turgeon.
Les castors ont la dent longue et leurs opérations forestières ont fait disparaître des nichoirs au marais longeant le boulevard Saint-François.
« La Ville de Sherbrooke a accepté de nous épauler en plantant des structures métalliques. Ça ne change rien pour les oiseaux, mais ce sera beaucoup plus durable dans le temps », se réjouit Daniel Labbé.
Les apprentis installent un nichoir sans porter attention à la direction des vents, mais les connaisseurs le font avec une boussole à la main.
« Il faut éviter de mettre l'ouverture à l'ouest, du côté des vents dominants, parce qu'on leur complique pas mal les choses en obligeant les oiseaux à atterrir avec le vent dans le dos. Le mieux, quand c'est possible, c'est de l'orienter vers le sud-est » expose notre mentor pendant que ses collègues s'exécutent.
« C'est un beau passe-temps. On fait oeuvre utile et c'est encore plus significatif pour moi d'avoir l'occasion de contribuer à mettre en valeur le marais dédié au grand passionné qu'était Réal », me glisse avec des mots sentis Claude Beauchemin.
Ce dernier a été directeur régional du service de protection de la faune de l'Estrie, poste qu'occupait M. Carbonneau lorsqu'il a perdu la vie lors d'une descente en rafting survenue au centre-ville de Sherbrooke, au cours de laquelle l'ex-maire Jean Perrault avait aussi failli périr.
Ce ne serait pas le premier choix des humains d'aller élever des enfants en bordure de bassins de traitement d'eaux usées. L'un des deux nichoirs de la station d'épuration de Windsor a pourtant trouvé des oiseaux preneurs l'an dernier.
« Les insectes sont abondants autour des marais et des étangs et cela procure une abondante nourriture aux hirondelles. Nous nous proposons d'installer 100 nichoirs supplémentaires l'an prochain en continuant de choisir des sites stratégiques comme ceux-là », précise M. Turgeon.
La discussion déborde sur le printemps. Êtes-vous porté à vous fier davantage aux hirondelles qu'à l'ombre d'une marmotte pour prévoir l'arrivée des beaux jours?
« Avec toutes les applications numériques permettant de mettre la science citoyenne rendent notre réseau d'information pas mal efficace... » sourit le président de la SLOE en référant notamment à l'application eBIRD Québec pour dire qu'il y a eu des observations hâtives.
On récapitule. S'il vous prend l'idée de bricoler, vous construisez la maison des hirondelles comme si elle était vôtre. Par contre, n'oubliez pas de vous glisser dans son plumage quand viendra le temps de l'installer et de vérifier si la porte est fonctionnelle!