Les débuts de Marco Gaspard dans sa nouvelle discipline sont prometteurs, le combattant d’origine française s’est battu huit fois en moins d’un an et vient de mettre la main sur la ceinture Fightquest.

Du football au combat ultime

Marco Gaspard est venu au Québec pour jouer au football. Le natif de Béziers dans le sud de la France a même remporté un bol d’or avec les Filons de Thetford Mines au poste de porteur de ballon. Après sa carrière collégiale, Marco s’est pourtant tourné vers le combat ultime qu’il pratique depuis un an et demi au gymnase Three Headed Beast dans l’est de Sherbrooke.

« C’était trois superbes années en terme de sport, raconte-t-il en entrevue avec la Tribune. Je savais que je n’allais pas jouer universitaire, mais je voulais continuer à faire du sport. Chaque athlète en a besoin et j’ai toujours eu une passion pour les sports de combat. »

« Les sports collectifs j’en ai fait longtemps, poursuit-il. C’est bien, mais on ne sait jamais ce qu’on vaut réellement. Quand on gagne, on gagne en équipe. Le combat c’est aussi une forme de sport collectif. On est accompagné pour la préparation. Lorsqu’on monte sur le ring, on monte grâce à toute l’équipe qui est derrière nous. Mais sur le ring c’est à nous de faire la différence, personne ne va le faire pour toi. C’est ce que je recherchais. »

Lorsqu’il est arrivé à Sherbrooke, il a essayé plusieurs centres d’entraînement, mais il a décidé de s’installer au Three Headed Beast.

« C’est ici que les combattants ont le plus d’expérience, mentionne-t-il. Chaque coach performe dans sa discipline. Ce sont les premières personnes que j’ai connues en arrivant à Sherbrooke et elles sont devenues ma famille sherbrookoise. »

Et ses débuts dans sa nouvelle discipline sont prometteurs, il s’est battu 8 fois en moins d’un an et vient de mettre la main sur la ceinture Fightquest le 30 mars dernier.

« Je dirais que je suis un combattant agressif. La défense, ça va, mais la stratégie c’est quelque chose qui me manque un peu. J’ai une bonne force de frappe. »

Forcé de retourner en France

La carrière de Marco Gaspard pourrait toutefois être entravée en raison de problème avec la justice. Il a été acquitté d’une accusation de harcèlement criminel en 2017 à Thetford Mines. Malgré l’acquittement, il a néanmoins signé un engagement de garder la paix pour une période de 12 mois. Les impacts de cet épisode se font sentir.

« À la seconde où on est arrêté au Canada, on est beaucoup plus surveillé par l’immigration, souligne-t-il. J’ai pris des vacances en France et j’y suis resté pris pendant 6 mois à cause de problèmes avec l’immigration. »

« C’est un handicap de vie et de carrière, ajoute-t-il. Ça m’a nui au niveau scolaire et ça me nuit au niveau sportif. J’ai construit ma vie ici. J’ai des amis et une copine. Mais c’est comme ça, je ne peux pas non plus pleurer sur mon sort. »

Arrivé au Québec en 2014 avec un visa étudiant, Marco Gaspard devra donc retourner en France à la fin du mois d’avril. 

« C’est très embêtant parce que j’arrivais à un niveau où j’étais en pleine ascension. C’est tout gâché malheureusement. J’aurais aimé aller chercher d’autres ceintures. Je veux me mettre au jujitsu et faire des combats au sol. »

La ceinture que Marco Gaspard a remportée sera laissée vacante. Il espère toutefois qu’il sera en mesure de revenir à Sherbrooke dans les prochaines années.

« Si je reviens, ce sera pour et grâce aux sports de combat. Le but sera d’avoir une carrière professionnelle. C’est l’immigration qui va décider. J’ai commencé quelque chose ici, j’ai bâti les fondations. Il reste des choses à accomplir. Si j’ai l’opportunité de combattre en France, je vais le faire, mais je veux revenir parce que c’est ici qu’on a plus de visibilité. »