Pour la première fois depuis l’ère Jeremy Roch, les Sherbrookois ont eu droit à du jeu inspiré au poste de quart-arrière. Anthony Robichaud (notre photo) et Zachary Cloutier ont bougé le ballon par en avant tout au long de la saison.

Du bon et du moins bon pour le Vert & Or

ANALYSE / Que se rappellera-t-on de la saison 2019 du Vert & Or? De la première victoire contre les Carabins en quatre ans ou du fait que l’équipe a raté les éliminatoires pour la première fois depuis 2016 et seulement la deuxième fois depuis 2009? Difficile à dire. Il y a eu plusieurs surprises et bonnes performances, mais aussi plusieurs moments où l’on se demande dans quelle direction se dirige l’équipe.

Dans les bons coups, on ne peut évidemment pas passer sous silence la spectaculaire victoire contre les Carabins de l’Université de Montréal. Pendant une semaine les troupiers de Mathieu Lecompte ont été au sommet du monde. Ils venaient de battre l’une des meilleures formations au pays. Et on ne parle pas d’une victoire chanceuse, les Verts la méritaient celle-là.

La mauvaise nouvelle, c’est qu’ils méritaient aussi leur défaite la semaine suivante face aux Stingers de Concordia, défaite qui a pratiquement mis fin aux espoirs de disputer une joute supplémentaire en éliminatoires. En avance 16-3 après trois quarts, les Sherbrookois ont donné 24 points aux visiteurs en moins de 13 minutes. Difficile de trouver une meilleure définition au mot choker

Pour la première fois depuis l’ère Jeremy Roch, les Sherbrookois ont eu droit à du jeu inspiré au poste de quart-arrière. Anthony Robichaud et Zachary Cloutier ont bougé le ballon par en avant tout au long de la saison. Les interceptions ont été un problème, mais on peut blâmer l’inexpérience. On peut dire avec beaucoup de certitude que le Vert & Or est en voiture au poste de quart pour les prochaines années.

Mais le Vert et Or, c’est aussi une équipe qui a eu toutes les misères du monde à s’ajuster à ses adversaires. Sherbrooke a accordé 125 points en deuxième demie tout en n’en marquant que 68. La situation est encore pire au 4e quart. L’équipe a accordé 91 points dans les 15 dernières minutes de ses matchs, ce qui représente 44 % de tous ses points accordés durant la saison. C’est plus de 11 points accordés en moyenne au 4e quart durant la saison.

Le personnel d’entraîneur doit se regarder dans le miroir pour expliquer cette statistique. On a semblé incapable de bien s’ajuster aux stratégies adverses durant toute la saison alors que les adversaires arrivaient toujours avec une bien meilleure performance lors des deux derniers quarts. Bien difficile de gagner des matchs dans ce contexte.

Et on peut dire que le Vert & Or a fini sa saison comme il a fini ses matchs, avec sa moins bonne performance de l’année. Avec sa saison en jeu face au Rouge & Or, le Vert & Or n’a pu faire mieux que 97 verges de gain et sept premiers jeux devant ses partisans.

Performances individuelles

Malgré l’exclusion des matchs éliminatoires, le Vert & Or a pu compter sur plusieurs performances intéressantes.

Le porteur de ballon William Tremblay-Harnois, même s’il n’a joué que cinq matchs, a été dominant avec plus de 58 verges au sol par match en moyenne, ce qui lui vaut le troisième rang au Québec. Si on ajoute les réceptions et les retours de botté, cette moyenne de verges par match grimpe à 130, un sommet dans le circuit. Le Vert & Or devra toutefois lui donner un peu de support l’année prochaine. Les nombreuses blessures ont fait en sorte qu’il a été surutilisé dans certains matchs. Sébastien Béland a aussi bien fait avant sa blessure.

Après avoir été complètement invisibles l’année dernière, les receveurs de Sherbrooke ont fait sentir leur présence en 2019. Louis-Charles Moisan (441 verges) et William Flamand (429 verges) ont été des révélations. Seuls Jeremy Murphy (491 verges) des Stingers, Kevin Kaya (597 verges) des Carabins et James Tyrrell (779 verges), également des Stingers, ont devancé les deux receveurs de Sherbrooke.

Chez les botteurs, Louis Tardif a été le plus fiable du circuit avec un taux de réussite de 85,7 % sur les bottés de placement. Il n’a connu qu’un seul match difficile, mais il s’agissait malheureusement du match le plus important de l’année contre Concordia.

Une défensive à rebâtir

L’unité défensive du Vert & Or a été solide tout au long de l’année et a gardé l’équipe dans le match plus souvent qu’à son tour. Et ce, même si elle a été éprouvée par les blessures à des joueurs clés. Tommy Roadley-Trohatos a connu une campagne du tonnerre avec 40 plaqués ce qui lui confère le 3e rang dans le RSEQ. Il a ajouté deux sacs du quart.

Le réel défi qui s’annonce sera toutefois de remplacer les joueurs qui complètent leur parcours universitaire. Samuel Polan, qui a été le joueur le plus dynamique en deuxième moitié de saison, ne sera pas de retour l’année prochaine. C’est le cas aussi de Samuel Piché-Luneau et Mickael Badra, les deux piliers de l’unité défensive.

Une troisième saison sous Lecompte

Le Vert & Or vient de compléter sa troisième campagne avec Mathieu Lecompte à la barre de l’équipe. Sa fiche de 6 victoires et 18 revers n’est pas des plus reluisantes, mais on a pu voir des étincelles cette année contrairement aux saisons antérieures. La grande question est de savoir si les joueurs recrutés par Mathieu Lecompte, qui commencent à composer une bonne partie de l’équipe, peuvent amener le Vert & Or au prochain niveau. Parce qu’en ce moment, McGill et Concordia sont en avance.