Charles Hamelin et toute l’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste ont appris avec déception l’annulation des Championnats du monde qui devaient être présentés à Séoul, en Corée du Sud, à la fin du mois

Douche froide sur les patineurs canadiens

L’annulation des Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste en a secoué plus d’un chez les Québécois qui devaient se rendre à Séoul au mois de mars. Une annonce décevante qui est venue confirmer les craintes des dernières semaines.

Avec le COVID-19 qui continue de se propager à l’échelle planétaire, les autorités de la capitale sud-coréenne ont forcé la fermeture de la patinoire de Mokdong au cours des derniers jours et ont biffé toutes les compétitions prévues au calendrier. Si l’événement devait être repris, rien ne serait fait avant la mi-octobre, dans un peu plus de sept mois.

« C’était les rumeurs qui couraient depuis notre retour d’Europe et on suivait de très près comment le coronavirus se développait dans le monde. On attendait juste la confirmation », a partagé Charles Hamelin.

La formation canadienne était en salle de musculation lorsqu’elle a été conviée à une réunion inattendue. « On savait déjà ce qui allait se dire et que notre saison était terminée », a raconté Hamelin.

« On le voyait venir. Quand il y a eu de premiers cas confirmés en Corée du Sud, j’ai commencé à douter », a ajouté pour sa part Steven Dubois.

Après la dernière Coupe du monde de la saison présentée à Dordrecht aux Pays-Bas, les patineurs canadiens s’entraînaient sans savoir s’ils allaient bel et bien participer aux mondiaux.

« On était tous en mode attente. On patinait, mais on ne savait pas trop pourquoi on le faisait. C’était un drôle de feeling! On le faisait quand même parce qu’il y avait encore des chances que la compétition ait lieu », a expliqué Charles Hamelin.

Le quintuple médaillé olympique s’est dit frustré, mais croit que la nouvelle est pire pour les athlètes ayant moins d’expérience sur les patinoires internationales. « J’ai 16 Championnats du monde derrière la cravate, je sais c’est quoi et j’en ai même déjà gagnés. J’ai eu la chance de connaître ce feeling-là. C’est une situation hors de notre contrôle et elle est plus difficile à digérer pour les jeunes athlètes qui veulent montrer leur savoir-faire au monde entier.

Kim Boutin était une sérieuse candidate au titre de championne du monde en Corée du Sud. La Sherbrookoise a connu une saison flamboyante sur le circuit des Coupes du monde et attendait les prochains mondiaux avec impatience. Elle avait notamment décidé de faire l’impasse sur la dernière Coupe du monde afin de conserver son énergie pour ce prestigieux événement.

Boutin a remporté cinq médailles d’or au 500 m et a établi un record du monde sur cette distance. Elle a aussi gagné l’or une fois au 1000 m et au 1500 m. Elle compte également une médaille d’argent au 1500 m et une de bronze au 1000 m, sans oublier les médailles au relais féminin.

Le relais était fin prêt

Les équipes féminine et masculine avaient de grandes ambitions et comptaient bien boucler de belles histoires aux Championnats du monde. Kim Boutin, Danaé Blais, Claudia Gagnon, Alyson Charles et Courtney Sarault ont mis la main sur cinq médailles cette saison, dont une d’or, la première depuis la campagne 2014-2015 pour le relais féminin en Coupe du monde.

En montant sur la deuxième marche du podium sans Kim Boutin aux Pays-Bas, les patineuses n’étaient pas rassasiées et visaient le sommet pour les mondiaux.

Chez les hommes, Charles Hamelin, Steven Dubois, Pascal Dion, Jordan Pierre-Gilles et Cédrik Blais venaient non seulement de prendre part à une première finale A, — ils avaient raflé la médaille d’or à Dordrecht — et souhaitaient répéter l’exploit aux mondiaux.

« Toute la saison, on offrait de meilleures performances compétition après compétition. Ça aura été un coup d’épée dans l’eau. On s’entraîne et au final, ça ne sert à rien. C’est un peu comme ça que je me sens en ce moment, même si ce n’est pas comme ça qu’il faut que je le prenne! » a confié Hamelin.