La victoire de 28-21 du Vert & Or face aux Stingers a donné confiance à la troupe de Mathieu Lecompte.

Discipline et exécution au menu pour le Vert & Or

SHERBROOKE — Si le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke veut tenir son bout face au Rouge et Or, ce samedi en demi-finale du football universitaire québécois, il devra être discipliné et présenter une exécution parfaite. La tâche ne sera pas facile, concède l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte. Après tout, le Vert & Or est toujours à la recherche d’une première victoire face à Québec depuis 2003.

Il s’agira du troisième affrontement entre les deux programmes de football universitaire en 2018; Québec a eu le dessus 14-1 en lever de rideau de la saison régulière avant de l’emporter de façon catégorique, il y a trois semaines, par 53-0.

Le Vert & Or s’est mérité une place en demi-finale grâce à sa victoire de 28-21 face aux Stingers de Concordia, samedi dernier.

Sherbrooke a inscrit 21 points sans réplique au quatrième quart, en route vers la victoire.

Cependant, l’équipe a écopé de plusieurs punitions, entre autres sur les unités spéciales; au total, 21 punitions pour des pertes de 172 verges.

Et bien souvent, ces punitions ont annulé soit un touché à l’attaque, ou pénalisé un bon retour de botté.

Le positionnement sur le terrain au football à trois essais, on le sait, est capital.

« On a parlé de la situation avec les gars, c’est certain. Mais sans vouloir blâmer personne, ce fut un match où il y a eu 42 punitions au total pour plus de 350 verges. Nul doute, il faut être meilleur sur cet aspect du jeu; par contre, je ne suis pas prêt à blâmer mes joueurs pour toutes les punitions, notamment celles sur les unités spéciales. La réalité, c’est qu’il faut effectuer des blocs pour lesquels on ne se fera pas punir », a expliqué Mathieu Lecompte.

« Notre coordonnateur Kevin Régimbald fait un super travail avec les jeunes à ce niveau; et je ne crois pas qu’on a fauté si souvent, contre Concordia. Mais on ne contrôle pas ça. Nos directives sont un peu plus claires, maintenant, il faut rendre le travail des officiels plus facile. »

Qui sera le quart-arrière partant?

Mathieu Lecompte n’a pas voulu statuer sur l’identité de son quart-arrière partant, pour le match de samedi.

Mais à la lueur de la prestation offerte par Samuel Goulet-Bolduc face à Concordia, et aussi par le fait que mercredi à l’entraînement Xavier Owens portait toujours une protection à la main droite qui l’empêchait de prendre le ballon, il serait très surprenant que le grand quart-arrière de 6’6’’ obtienne sa chance à Québec.

Owens est blessé depuis le match face aux Carabins, à Montréal le 28 septembre, alors que Conor Sinclair et Joé Hudon ont offert des performances en dents de scie depuis le début de la saison.

« On n’a pas pris de décision définitive encore », a laissé planer Lecompte.

Beaucoup de Gabriel Polan

Pas de cachette, par contre, sur la clé du succès pour l’attaque des Verts; cette dernière passera essentiellement par le porteur de ballon Gabriel Polan.

Voté unanimement sur la première équipe d’étoiles RSEQ Polan devrait voir du terrain samedi, surtout avec les conditions météos prévues, soit de la pluie et du froid. Des conditions parfaites pour le jeu au sol.

« On a eu d’excellents porteurs, au fil de notre histoire, mais Gabriel a couru 666 verges après avoir affronté Montréal, Québec, Concordia et McGill deux fois chaque pendant la saison. Surtout, comme on a eu de la difficulté à passer le ballon cette année, les défensives adverses l’attendaient de pied ferme et elles remplissaient leur boîte défensive. C’est pas pour rien qu’il a été voté de façon unanime. »

Le Vert & Or s’est entraîné toute la semaine sur son terrain à surface naturelle, « afin de profiter de nos belles installations, mais aussi pour éviter les blessures. Avec les conditions actuelles du terrain, il est mouillé et un peu raboteux, les gars ne pouvaient pas tricher, ils devaient avoir une technique de course et de mouvement parfaite. »

Peu utilisé lors du match face à Concordia, le joueur de ligne défensive Samuel Piché-Luneau devrait être à son poste samedi.

Quant à la présence de Pier-Olivier Grad, elle est réévaluée au jour le jour.

2018, une année chargée d’épreuves

Pour une rare fois dans son parcours universitaire, le secondeur Charles Brousseau n’a pas été blessé, ou presque.

Brousseau a donc pu disputer les huit matchs de son équipe, tout en étant celui qui a amassé le plus de plaqués en saison régulière, soit 43 au cumulatif.

«Coach (Guillaume) Boucher me met dans une bonne situation pour connaître du succès; à la position de secondeur (mac) je suis impliqué dans presque tous les jeux défensifs. Et avec un gars comme Sam (Piché-Luneau, joueur de ligne défensive) qui joue tout juste devant moi, et qui peut en prendre deux, je peux gagner en vitesse avant d’être impliqué dans le jeu», a dit le vétéran de cinquième année, qui a reçu l’honneur académique all-canadian Usports en 2015.

D’ailleurs, c’est ce rôle de mentor qu’il a tenu auprès de ses jeunes coéquipiers, cette année.

«Il n’y a que des gars de première ou de deuxième année autour de moi; c’est mon job de leur montrer ce qu’on doit faire, et comment on doit le faire. Leur tour va venir vite. Je veux leur montrer que le foot, c’est autre chose que des victoires ou des défaites; c’est un apprentissage.»

«On a bien fini la saison, avec cette victoire contre Concordia. Ça donne confiance. Notre attaque a produit, notamment le jeu aérien, ce qui a permis à (Gabriel) Polan de jouer son maximum. Ainsi, le moral est assez bon; on a pu galvaniser un peu notre «attitude» et il faudra poursuivre avec cette énergie, à Québec», a-t-il dit.

Brousseau sait dans quelle aventure s’embarque le Vert & Or, samedi, à Québec. Un match éliminatoire là-bas, n’est jamais évident pour les adversaires.

«On sait les erreurs qu’on fait et on a mis l’accent à l’entraînement pour corriger ça. Ce sont ces erreurs qui nous coûtent cher contre des équipes comme Québec. Il ne faut pas leur laisser la chance de faire des gros jeux. Il faut avoir confiance. Un match éliminatoire, tu sais jamais ce qui peut arriver. Des «upsets», ça arrive.»

Le match s’amorce à 13 h.