Stéphane Waite et Steve Proulx se retrouvaient pour la première fois en un peu de 30 ans hier à l’aréna de Magog dans le cadre du 40e anniversaire des Cantonniers. Proulx, un gardien de but, pouvait compter sur les précieux conseils de Waite avec les Cantonniers.

Deux combattants inspirants

Stéphane Waite et Steve Proulx sont deux combattants. Le premier a été entraîneur des gardiens de but chez les Cantonniers de Magog, Proulx gardien au sein de la formation magogoise avec Waite pour lui enseigner l’art du métier. Cela se passait au milieu des années 80.

Une trentaine d’années plus tard, Waite et Proulx se sont retrouvés à l’aréna de Magog dans le cadre du 40e anniversaire des Cantonniers. Chacun à leur manière, les deux ex-Cantonniers ont inspiré de nombreuses personnes croisées sur leur chemin.

Waite en atteignant la LNH à titre d’entraîneur des gardiens de but, ce qui pouvait sembler inatteignable à première vue pour le petit gars de Sherbrooke, tandis que Proulx a dû réapprendre à fonctionner dans la vie lorsqu’il a perdu la vue à l’âge de 21 ans, une conséquence du diabète de type 1.

« Je dois beaucoup au hockey. On ne charrie pas quand on affirme que c’est une école de vie. Ma personnalité n’a pas changé parce que je suis devenu non voyant. Par contre, la discipline, les compromis, les efforts, l’esprit de groupe dans un vestiaire de hockey, surmonter les moments plus difficiles, tout ça m’a aidé à regagner ma confiance lorsque tout est devenu noir dans ma vie. On n’oublie pas ses origines et c’est pas mal vrai dans mon cas. Dans un sens, le hockey a été une bouée de sauvetage à laquelle je me suis accroché pour avancer dans la vie malgré mon handicap visuel », a confié celui qui dirige sept employés au travail en plus de faire de la radio communautaire à Coaticook.

Le respect

Revenant sur ses deux années dans l’uniforme des Cantonniers, Proulx a toujours eu beaucoup de respect pour Stéphane Waite. « D’abord parce qu’il était un excellent instructeur des gardiens et aussi parce qu’il savait reconnaître le travail qu’on accomplissait. À ma deuxième saison, c’est son frère Jimmy qui était gardien avec moi. Il aurait pu lui accorder un traitement de faveur, mais cela ne s’est jamais produit. C’est ce que j’appelle un instructeur juste », souligne Proulx maintenant âgé de 50 ans.

 « C’était clair que Steve était notre gardien numéro un. Il était le vétéran et Jimmy la recrue de 15 ans. Et c’était pleinement mérité dans le cas de Steve. Son éthique de travail était sa principale qualité. C’est un des gardiens les plus faciles et plaisants que j’ai eu à diriger », prétend l’entraîneur des gardiens du Canadien de Montréal.

« Pour travailler, c’est vrai que je suais à grosses gouttes. Je ne l’ai jamais eu facile. Je n’étais pas le gardien pour qui tout venait naturellement. J’ai gagné ma place en travaillant d’arrache-pied. J’ai eu deux merveilleuses années avec les Cantonniers. Stéphane Waite y a été pour beaucoup », soutient Steve Proulx.

Stéphane Waite a gagné la coupe Stanley à deux reprises avec les Blackhawks de Chicago. Il sait reconnaître un champion. Hier à Magog, il en a croisé un autre qui ne laisse personne indifférent par le combat qu’il mène et la joie de vivre qu’il répand autour de lui.

En vitesse

Bruno Fillion, fils de Clément Fillion, président fondateur des Cantonniers et lui-même ex-porte-couleurs de l’équipe, était présent à ce rassemblement des anciens. « Ça part tellement de loin cette aventure. Je voyais mon père chez moi qui ne comptait pas les heures pour amener son projet à terme. En 1978, il avait fait venir le Couillard de Ste-Foy (maintenant le séminaire St-François) pour un match d’exhibition à l’aréna de Magog. On trouvait que ça patinait vite, mais il tenait mordicus à ce produit. Je crois qu’il ne s’était pas trompé », mentionne Bruno Fillion qui se souvient que son père s’était lié d’amitié avec un autre président fondateur, celui-là de la Ligue midget AAA en Jimmy Ferrari. « Lorsque mon père est décédé du cancer, il a passé la semaine à son chevet. Il nous disait même d’aller nous reposer et qu’il veillerait sur lui. Un grand homme. »

***

Marc Fortier, capitaine de l’édition 82-83, se souvient encore de ses familles d’accueil. « Chez Serge Longpré et ensuite Luc Stébenne, de mentionner Fortier sans hésitation. Les premières, c’est toujours unique et avec les Cantonniers c’était pratiquement un nouveau monde. Première fois en pension, première fois dans une équipe élite, tous ensemble à la même école. Jouer à Magog, ce fut le tremplin de ma carrière chez les juniors et ensuite les pros. »

***

Plusieurs anciens entraîneurs ne voulaient pas rater cette soirée de retrouvailles. Mentionnons les Mario Durocher, Stéphane Waite, Jean-Sébastien Perron, Dave Thériault, Renald Goulet, Luc Boucher, Gaétan Pélissier, Michel Lacroix, Martin Bernard, Roger Garneau, Daniel Bissonnette, Jacques Grégoire et Mylène Benoît.

***

Ernest Bélanger, premier directeur d’école qui a accueilli les Cantonniers à l’école secondaire la Ruche, revoyait d’anciens élèves avec énormément de joie. 

***

Entraîneur avec le plus de victoires dans l’histoire des Cantonniers, Martin Bernard s’est empressé de revenir dans son ancien domicile pour se remémorer d’excellents souvenirs. « Je pourrais écrire un livre. J’ai joué et entraîné à Magog, c’est un peu spécial. J’ai dirigé des joueurs qui sont maintenant entraîneurs. D’autres se souviennent de moi pour de bonnes raisons. Frédérik Gaudreau m’a sauté dans les bras en me voyant tantôt. Ça fait chaud au cœur. J’aurais tellement d’anecdotes à raconter », souligne Bernard.

***

De dire Éric Bélanger dont le parcours l’a amené à Magog avant de connaître une belle carrière dans la LNH. « J’ai déjà été retranché à Magog, mais ça m’a servi plus tard. Tu apprends de ces expériences qui deviennent positives à la longue. Aujourd’hui, je dirige le midget espoir dans l’organisation du Blizzard du séminaire St-François et je comprends bien les joueurs qui sont retranchés, qui vont en haut et en bas. Je sais ce qu’ils ressentent. »

***

Renaud Légaré, président des Cantonniers, et Michel Champigny, organisateur de la soirée, étaient épuisés. Mission accomplie pour ce tandem et tous les autres membres du conseil d’administration de l’équipe. Maintenant, place au 

10 000e match de l’histoire de la ligue qui aura également lieu à Magog le 16 septembre.