Sherbrooke, aussi bizarre que ça puisse paraître à lire et encore plus à écrire, a dominé dans plusieurs catégories offensives.

Des surprises et de l’espoir

Lorsqu’il n’y a pas d’attentes, tout peut arriver. Et c’est justement ce qui s’est produit vendredi dernier lors du match d’ouverture du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke, qui accueillait le Rouge et Or de l’Université Laval.

Avec en tête le fait que Laval a gagné les 27 duels qu’elle a livrés à Sherbrooke, facile de déduire le résultat du match, me diriez-vous.

Ajoutez à cela que les deux formations sont à l’opposé dans leur cycle de développement ; que Sherbrooke devait jouer avec une formation qui comptait 18 joueurs de première ou de deuxième année, sans trois demis de coin talentueux et prometteurs en Samuel Polan, Béchir Janfaoui Vilsaint et Gabriel Côté, que son quart-arrière partant n’avait tenté que 58 passes au niveau universitaire et qu’il allait être protégé par une ligne offensive rapiécée.

Mettez tous ces ingrédients ensemble, et vous avez une super bonne idée du résultat final ; une victoire à sens unique pour les Rouges.

Mais non.

Sherbrooke a foncé sur le quart-arrière Hugo Richard sans relâche. Dès le premier jeu, rabattement du quart de la part d’une recrue de la tertiaire des Verts, Alex Gravel-Vermet.

Ce dernier a d’ailleurs reçu le titre de joueur défensif par excellence pour la dernière semaine du football universitaire RSEQ (4,5 plaqués, un sac du quart, un échappé forcé et une passe rabattue). Pas mal pour un premier match universitaire !

Le Rouge et Or peut bien arguer que Richard a manqué un signal, ils n’avoueront pas qu’ils ont été surpris.

D’ailleurs, ils ont été surpris pendant tout le match. Jamais Richard, un quart de cinquième année, n’a paru à l’aise. Ses passes manquaient de zip, et ses receveurs ont échappé ses plus belles offrandes.

Au sol, que dalle, Québec n’avait pas les bulldozeurs sur leur front pour dominer physiquement.

Conséquence, Sherbrooke aussi bizarre que ça puisse paraître à lire — encore plus à écrire — a dominé dans plusieurs catégories offensives (premiers jeux réussis, plus de verges au sol et par la passe, nombre de verges totales, nombre de jeux offensifs effectués, et temps de possession du ballon).

Avouez, on ne s’attendait pas du tout ça.

N’empêche, au tableau, pas de touché offensif pour le Vert & Or ; s’il avait inscrit le majeur sur sa première séquence offensive, ou même le placement, plutôt que de se contenter du simple, ça aurait pu être différent. Mais bon.

C’est d’une évidence, le Rouge et Or n’avait pas la forme habituelle ; pourtant, il venait de ridiculiser les Griffons de Guelph, la semaine précédente. Bon, ok, c’était un match préparatoire, mais quand même. Guelph n’est pas une équipe de pied de céleri.

Ils n’ont réussi aucun touché offensif dans le match.

Jamais ils n’ont été en total contrôle.

Sherbrooke, même après la perte de Xavier Owens après un coup sur le casque, n’a jamais ralenti la cadence. Et malgré les blessés qui attendaient à la table du physiothérapeute.

L’équipe a joué avec hargne. Mais elle devra mesurer ses cartouches et les utiliser à bon escient d’ici la fin du calendrier si elle veut faire partie du carré d’as.

Un match éliminatoire, déjà

Justement, parlant du carré d’as, un match de quatre points se profile déjà à l’horizon même si nous ne sommes qu’à la deuxième semaine

Sherbrooke affronte les Redmen de McGill, ce samedi à Montréal. Une victoire pour l’une des deux formations serait un immense bonus pour cette course aux séries que l’on anticipe serrée entre Sherbrooke, McGill et Concordia.

McGill s’est fait museler offensivement par les Carabins, la fin de semaine dernière (défaite de 33-0) ; sans Félix Paquette-Perreault ou Dimitrios Sinodinos au poste de quart, ce fut plus que difficile.

On me dit que le jeune Sinodinos aurait pu jouer contre Montréal. Peu importe si c’était le cas ou non, le garder au frais pour Sherbrooke était la bonne stratégie.

Le calendrier du football universitaire est court, très court, et tous les affrontements entre les trois prétendants pour les deux derniers rangs donnant accès aux éliminatoires sont importants.

L’état de santé de Xavier Owens semble encourageant ; s’il peut poursuivre sur la même lancée qu’à ses débuts contre Québec, le match risque d’être très intéressant.

Parce qu’il faut le dire, le « play calling » du coordonnateur Rémi Giguère était parfait pour sa jeune unité.

Gaiters : l’attaque produit

Ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu les artisans de l’attaque des Gaiters mener dans plusieurs catégories offensives.

C’est pourtant le cas, même si l’équipe a perdu son premier match contre Mount Allison par 36-22.

Le quart-arrière Mathieu Demers (267 verges de gain par les airs), Nathan Walker (six réceptions et 100 verges de gain) ont bien fait.

Walker a d’ailleurs reçu le titre de joueur offensif de la dernière semaine dans la conférence des Maritimes.

Ce sera maintenant au tour de l’unité défensif de Fabrice Raymond (et de Chérif Nicolas) d’assurer leurs arrières.

Les Gaiters ont été dans le coup jusque tard dans le match, mais ils n’ont pu résister à l’assaut final des Mounties.

La tâche ne risque pas d’être facile face aux Huskies de St-Mary’s, ce samedi à Bishop’s.