Matthew K. Bergeron et son ancien entraîneur-chef chez le Filons du Cégep de Thetford Mines, Diego Ratelle.
Matthew K. Bergeron et son ancien entraîneur-chef chez le Filons du Cégep de Thetford Mines, Diego Ratelle.

Des succès mérités

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Quand on lui relate les succès de son ancien protégé, on peut sentir que Diego Ratelle a un large sourire, même si l’entrevue qu’il accorde à La Tribune se passe au téléphone. L’ancien entraîneur-chef des Filons de Thetford Mines a su qu’il aurait un joyau entre les mains quand Matthew K.  Bergeron n’était qu’en secondaire III.

Les deux hommes ont gardé le contact, et ils se parlent encore régulièrement depuis que Bergeron a entrepris son séjour dans l’État de New York, l’an passé.

« Il va être payé pour jouer au football, plus tôt que tard, c’est certain. S’il ne se blesse pas, et s’il continue à s’améliorer, ce sera le cas. Être partant à sa deuxième année, c’était son objectif. Lorsqu’on s’est parlé, il y a deux semaines, il me disait que ça allait super bien au camp. Je suis content de voir son cheminement. Jusqu’à présent, il récolte le fruit de tous ses efforts ».

« Si j’étais resté coach des Filons, il serait devenu l’image du programme. Le joueur avec l’attitude et la force de travail, le but à atteindre, le gars qui vient d’un milieu modeste, qui a les bonnes valeurs et qui travaille pour ses objectifs. Ce gars-là est un exemple. »

L’ancien porte-couleurs du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke n’a pas ménagé les efforts, pendant sept ans, pour bâtir une tradition gagnante lors de son passage comme entraîneur-chef des Filons.

Si la conquête du Bol d’Or en 2015 et l’accession du programme à la division 2 en 2016 figurent parmi ses faits d’armes, Ratelle garde toujours en mémoire l’arrivée de Bergeron chez les Filons, son plus beau coup de recrutement, admet-il.

« On le suivait depuis qu’il était en secondaire III. Il a toujours été au-dessus de la mêlée lorsqu’il jouait avec les Vicas de Victoriaville. Il a fait une visite chez nous lorsqu’il était en secondaire IV, et je pense que ça avait cliqué avec nos valeurs. C’est un jeune pour qui la famille est très importante et c’est ce qu’on prône chez les Filons. Sur le terrain, il avait un jeu très dominant. Il a la chance d’avoir toutes les qualités qu’on recherche chez un joueur de ligne. Normalement, les gars en ont une ou deux », a indiqué Diego Ratelle.

« D’abord, il est gros, tu ne peux apprendre ça. C’est un gars de 6’4 ou 6’5, de 300 livres, mais qui bouge comme un gars de 250 lbs. Il est très habile de ses pieds et de ses mains. Il a toujours eu une force musculaire naturelle, avant même d’aller régulièrement au gym. Sur le terrain, il a rapidement performé. »

« C’est le plus gros joueur que j’ai recruté dans toute ma carrière, la plus grosse nouvelle à Thetford Mines, car on se doutait dès le secondaire V que c’était un gars qui irait jouer loin. Il est sorti de sa coquille en secondaire V, lorsqu’il a participé à Team Québec. Il était partant, il a été capitaine, et il a été dominant. Son entraîneur avec Équipe Québec, Rémi Giguère (entraîneur de la ligne offensive du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke) l’a beaucoup aidé dans sa progression. Même quand Matthew a choisi d’aller à Syracuse, Rémi a continué à travailler avec lui, à corriger ses vidéos, à l’aider. Chapeau à Rémi », a dit Ratelle.

Au même moment, Diego Ratelle voulait insuffler de nouvelles valeurs à son programme, y apposer une couleur particulière. 

Ainsi, tranquillement, il a mis en place une structure s’apparentant à celle de la NCAA.

Et c’est en discutant avec Bergeron que Ratelle a mis son projet à exécution.

« Matthew regardait du côté de la NCAA, de Montréal, de Québec ou de Sherbrooke, il se demandait jusqu’où il pouvait se rendre. Il avait tout dans son coffre à outils, il n’avait pas de faiblesses. Bon dans le sport, bon à l’école. On s’en est servi comme modèle. »

« Ainsi, à Thetford, on a été un des premiers programmes à amener des jeunes aux États-Unis pour les faire visiter les campus NCAA et faire des essais. On voulait amener cette couleur-là chez nous. L’été, on embarquait les gars qui le méritaient dans un autobus et on partait aux États-Unis afin qu’ils participent à des essais. C’était comme une récompense. »

« J’ai pensé à ce projet-là en recrutant Matthew. On avait déjà des Européens avec nous, qui demandait souvent d’aller aux États-Unis, alors est-ce qu’on pourrait devenir un tremplin vers la NCAA? On a copié un peu les programmes NCAA avec les horaires des jeunes, les entraînements. On leur a donné des cours pour mieux connaître la NCAA, des cours d’anglais, comment réussir leurs tests SAT. On a facilité la procédure. »

L’Université Syracuse, de même que d’autres, situées dans les états du nord-est, ont été visitées par Ratelle et ses jeunes joueurs,.

« On avait choisi Syracuse, c’était proche. Sur place, ça a pris deux heures et tout le monde était après lui. Il a explosé le camp là-bas. Quand les recruteurs l’ont vu bouger, et qu’ils ont vu ses tests, ils se sont dit « oh wow on a quelque chose » et ils se sont mis à le suivre. Il s’est mis à dominer dans le camp. Il a été le meilleur joueur de ligne offensive lors du camp, à Syracuse. »

Les offres de bourses d’études n’ont pas tardé, et ce, même si Bergeron n’avait pas encore fait ses tests d’admission.

« Ce qu’il faut retenir, c’est que le jeune est arrivé chez nous avec un objectif en tête, et il a travaillé. C’était pas un coup de tête, ou un coup de chance. Il n’a pas gagné à la loto. Il a étudié, il s’est entraîné, il a performé sur le terrain. C’est une belle histoire de détermination. Il a réussi à se démarquer au sein de notre équipe, même si on n’a pas gagné de championnat. »

« Il a travaillé sur le terrain, mais aussi à l’école. La première question que les universités nous posent, c’est comment est le dossier académique du jeune. Les universités ne vont pas investir des dizaines de milliers de dollars pour rien, pour un athlète qui va échouer après sa première année. Elles vont prendre le gars qui va étudier pendant 4-5 ans.