Après les jumeaux Sedin, voici les jumeaux Anctil : Vincent et Julien, repêchés par le Phœnix.

Des jumeaux bien différents

Après les frères Patrick et Alain Charbonneau, Jérémy et Nicolas Roy et Nicolas et Samuel Poulin, voici les frères Vincent et Julien Anctil. Deux jumeaux aux styles bien différents.

Le Phœnix a transigé afin de réunir les deux Anctil. L’attaquant du Phœnix de Sherbrooke Evan MacKinnon a changé de camp lors du repêchage de la LHJMQ. En retour d’un choix de troisième ronde en 2018 et d’une sélection de troisième tour en 2019, MacKinnon a rejoint samedi le Titan d’Acadie-Bathurst.

Avec ce choix de 2018, le Phœnix a pu miser sur Julien Anctil. Deux sélections plus tard, Vincent Anctil rejoignait son frère à la table sherbrookoise.

« Notre sélection des jumeaux Anctil constitue une surprise pour plusieurs experts, admet le directeur général Jocelyn Thibault. Nous, on les connait bien. Ils vont surprendre les amateurs au camp. Ils ont une bonne attitude, un gros gabarit, beaucoup de talent et de vitesse et ils sont très intelligents. Ils seront âgés de 17 ans à leur première saison et ils ont tout pour jouer dans le junior majeur rapidement. On travaillait sur ce plan depuis un certain temps. »

« Ils étaient classés plus bas, informe le recruteur-chef Alain Préfontaine. C’est peut-être surprenant de les voir sortir en troisième ronde, mais les joueurs de la Ligue de hockey préparatoire scolaire sont parfois mal évalués par le Centre de soutien au recrutement de la LHJMQ. On devait agir rapidement parce que sinon ils n’auraient plus été disponibles en quatrième ronde. Ils mesurent 6’2 et pèsent 175 livres. Ils sont déjà prêts à jouer dans le circuit. »

Vincent Anctil a terminé la saison avec 71 points en 29 parties avec l’École Lucille-Teasdale, ce qui le positionne au premier rang des meilleurs pointeurs de la LHPS dans la catégorie M18. Son frère Julien a terminé au troisième rang grâce à ses 66 points.

« Le stress est passé, soutient Julien. On tenait à jouer ensemble. C’est incroyable de pouvoir continuer à jouer dans la même équipe. On a disputé 12 saisons au sein de la même formation. On a une bonne chimie. Ce n’était pas une condition de se retrouver dans la même ville parce que nous savons qu’un jour il faudra se séparer. »

« C’est difficile de dire qui est le meilleur. On se complète super bien », ajoute Vincent.

Mais qui est le meilleur des deux?

« Julien est un meilleur patineur : il joue à l’aile. Vincent est un joueur de centre et a une bonne vision du jeu. Ils sont très différents. D’ailleurs, l’un d’entre eux est gaucher, l’autre est droitier », précise Jocelyn Thibault.

« On voulait repêcher des joueurs imposants, ce qui est toujours le cas mis à part la sélection de Patrick Guay, avance Alain Préfontaine. On est d’ailleurs fiers de l’acquisition de Jacob Rabrouin, Paul Doré et Dilan Savenkov. On comptera sur un beau mélange de vétérans et recrues. »

Jacob Rabrouin a été le quatrième joueur repêché par le Phœnix, et ce en quatrième ronde.

« Il a évolué avec les Estacades de Trois-Rivières et est probablement le meilleur défenseur de 16 ans dans le midget AAA. Jacob est prêt à jouer dans le junior majeur. Il est un défenseur physique et défensif. On recherchait justement de la profondeur en défensive. »

« J’attendais ça depuis longtemps, assure Rabrouin. Le Phœnix me fait confiance et ce sentiment est incroyable. Je suis un joueur capable de donner de bonnes mises en échec puis je suis efficace en infériorité numérique et dans ma zone. »

Transaction demandée par MacKinnon

Obtenu contre le sixième choix de première ronde de l’encan 2018 offert aux Huskies de Rouyn-Noranda en décembre 2015, MacKinnon n’aura fait que passer à Sherbrooke.

Âgé de 18 ans, il a empoché 18 points en 62 parties à sa deuxième campagne dans la LHJMQ. Notons que le jeune attaquant avait demandé une transaction.

« Il tenait à retourner dans les Maritimes, confirme Thibault. Avec l’arrivée des nouveaux attaquants et avec le repêchage européen qui s’en vient, on pouvait se le permettre et ça nous a permis de compléter notre stratégie des frères Anctil. On avait d’ailleurs donné un choix de troisième ronde en 2020 pour obtenir Alex-Olivier Voyer. On voulait combler ce trou également. J’aimais beaucoup Evan, mais il fallait avancer et on était rendus là. C’est dommage : il arrive à maturité. L’an passé, il n’a pas récolté beaucoup de points en évoluant sur le troisième trio. Ça me fait de la peine un peu de le voir partir. »

Le Phœnix a aussi fait l’acquisition de Ryan DaSilva, un défenseur de 20 ans, et du choix de 5e ronde de 2018 de l’Armada de Blainville-Boisbriand. En retour, Sherbrooke cède à l’Armada un choix de 4e tour de 2019 et une sélection de 5e tour en 2020.

« Avec le départ possible de Thomas Grégoire et Luke Green, on recherchait un défenseur mature afin d’ajouter de la profondeur à notre unité défensive, ajoute le directeur général. On est jeunes en défensive. Ça nous prenait une police d’assurance. Il est une excellente personne. Et sur l’avantage numérique, il est très efficace. »

Dylan L’Italien a finalement été échangé au Drakkar de Baie-Comeau contre un choix de 9e ronde en 2019.