Olivier Rochus

Dernier tour de piste pour Olivier Rochus

Pour l'amateur de tennis moyen, le nom d'Olivier Rochus n'évoque peut-être rien de particulier. Mais ceux qui suivent le tennis professionnel savent que l'ancien champion de Belgique a connu une carrière que bien des joueurs de l'ATP aimeraient seulement envisager.
Une carrière qui s'est déroulée sous le radar, loin des projecteurs que procure une place dans le Top 10 mondial. Mais une carrière loin d'être piquée des vers, comme il le dit lui-même. C'est qu'à 33 ans, Olivier Rochus a décidé que le temps était venu de tirer un trait sur cette carrière qui lui a permis de faire le tour du monde et d'empocher au passage près de 5 M $ de gains.
C'est donc dire que son premier passage au tournoi Futures de Sherbrooke sera aussi son dernier puisque la saison 2014 constitue pour lui son dernier tour de piste parmi les professionnels.
« J'ai toujours autant de plaisir à jouer, mais mon corps commence à montrer certains signes. J'ai été opéré à une hanche l'année dernière et je me rends compte que ça devient de plus en plus exigeant», confie Olivier Rochus qui, en 2005, s'est hissé au 24e rang mondial sur le circuit de l'ATP, après connu beaucoup de succès tant en simple qu'en double en compagnie de son frère aîné Christophe, avec qui il a porté les couleurs de la Belgique en Coupe Davis.
Wimbledon, Roland-Garros, Melbourne, Flushing Meadows: Olivier Rochus a remporté au moins un match dans chacun de ces prestigieux tournois du Grand Chelem. Sans compter tous les Masters, les Challenger et les Futures auxquels il a réussi à atteindre les finales.
Safin, Djokovic et Moya sur son tableau de chasse
Une carrière qui compte aussi son lot de faits d'armes. Ainsi, Olivier Rochus peut se vanter d'avoir été le tombeur de quelques grandes pointures, telles que Marat Safin, Novak Djokovic et Carlos Moya.
«Toutes mes qualifications dans des tournois du Grand Chelem ainsi que mes victoires en Coupe Davis vont rester de très bons souvenirs, dit-il. Mais ma victoire au troisième tour à Flushing Meadows contre Moya, en 2004, en fait aussi partie », ajoute-t-il en repensant à ce cinquième et dernier set qu'il a remporté 7-5 à la grande joie des 25 000 spectateurs réunis dans le Grand Central.
Les 13 années passées sur le circuit professionnel ont aussi permis à Olivier Rochus de constater à quel point le tennis a connu un essor fulgurant.
«Le niveau de jeu a énormément progressé. Aujourd'hui, le 120e joueur mondial est beaucoup plus fort qu'à l'époque où je suis arrivé (dans le circuit). Ils sont plus rapides, plus costauds, frappent beaucoup plus fort », de dire Rochus dont la fiche technique indique (généreusement) qu'il fait 5'6'' (1,68 m) et pèse 143 lb (65 kg).
Ce qui n'a pas changé par contre, c'est la rigueur que commande la carrière de joueur de tennis. Une carrière axée sur une chasse impitoyable et solitaire, celle des points ATP, répartis partout à travers le monde.
«Ce n'est pas tout le monde qui peut faire ça, avoue-t-il. Il faut vraiment aimer ça. Le simple fait de venir ici en est un bon exemple. Lorsque je suis débarqué à Montréal, dimanche, j'ai dû prendre deux autobus pour me rendre ici en pleine nuit. Après Sherbrooke, ce sera Rimouski, etc.. C'est dur, mais bon... il y a quand même des belles leçons à tirer de toutes ces expériences», nuance le vétéran joueur de tennis sans la moindre goutte d'amertume.