Ghislain Delage

De mauvais souvenirs pour Ghislain Delage

De mauvais souvenirs sont vite revenus dans la tête de l’ancien entraîneur des Castors juniors de Sherbrooke, Ghislain Delage, lorsqu’il a appris que l’autobus des Broncos de Humboldt avait été impliquée dans un grave accident de la route.

Même si des parallèles peuvent être tracés entre les deux histoires, les joueurs des Broncos ont été moins chanceux que ceux des Castors de 1974. « Ce n’est pas tout à fait la même chose, car ils ont eu 15 morts, affirme l’ancien pilote des Castors. Une chose que je peux garantir, c’est que s’il n’y avait pas eu la roche qui a retenu l’autobus des Castors, ça aurait aussi été une catastrophe incroyable. Si l’autobus ne frappe pas cette roche, on fait six ou sept tonneaux et les lumières ferment. »

De plus, tout comme à Humboldt, la communauté s’était rangée derrière les Sherbrookois après l’accident du 24 novembre 1974 dans la Réserve faunique des Laurentides.

« On a fait notre première pratique l’après-midi des funérailles de Gaétan. Quelqu’un est venu m’avertir que le Palais des sports était plein. Il y avait au-dessus de 4000 personnes pour voir notre entraînement. Je m’en rappellerai toujours », raconte M. Delage, l’émotion dans la voix.

Les Castors ont vécu une fin de saison digne d’un film d’Hollywood, remportant le championnat de la saison régulière et celui des séries éliminatoires.

Est-ce que les joueurs de la LHJMQ voyagent trop en autobus?

« Aujourd’hui, c’est pire que dans notre temps, mentionne l’entraîneur retraité. Avant, le plus loin qu’on pouvait aller, c’était Chicoutimi, Hull et Cornwall. On faisait environ 20 000 kilomètres par année. Je me souviens, un jour, on est sortis d’un viaduc et il y avait un carambolage d’environ 100 véhicules juste de l’autre côté. Une chance que le chauffeur a été prudent », se rappelle-t-il.

Malgré la tragédie qui a coûté la vie de Gaétan Paradis, M. Delage considère qu’il a eu de la chance. « On a été épargnés. J’ai été chanceux dans ma carrière de 18 ans. Les chauffeurs sont très prudents. Ce n’est pas facile pour eux, car ils ont des délais et ils veulent être là à l’heure », analyse-t-il.

« Je ne sais pas quels moyens la ligue pourrait prendre. Il s’agit qu’il y ait de gros accidents comme ça pour que ça fasse réfléchir bien des gens. »

Se joindre à une équipe soudée
À peine un mois après l’accident, quelques nouveaux visages ont été aperçus dans la hutte des Castors et sur la glace du Palais des Sports. Claude Larose, acquis des Rangers de Drummondville, est venu prêter main-forte à cette équipe, qui était soudée.

« Cet événement avait rapproché les joueurs et la population, commente celui qui a joué 25 matchs avec les Rangers de New York. Les Sherbrookois encourageaient beaucoup les Castors et ça a explosé par la suite. Quand je suis arrivé, il ne restait aucun billet de disponible. Les gens s’assoyaient dans les escaliers. »

« Je pense que ça va faire la même chose pour les Broncos, poursuit-il. Les gens encourageaient l’équipe et les gens vont s’attacher à ce nom. Parfois, le malheur fait en sorte que la population se rapproche », résume Larose.