Le hockey féminin fait souvent la manchette depuis la toute récente percée en finale de l'équipe Québec féminine en classe Inter B (réservée aux gars) au Tournoi international pee-wee de Québec.

De l'hypocrisie à la stupéfaction!

COMMENTAIRE / Le hockey féminin fait souvent la manchette depuis la toute récente percée en finale de l'équipe Québec féminine en classe Inter B (réservée aux gars) au Tournoi international pee-wee de Québec. Les titres varient, mais sont tous élogieux. Victoire pour le hockey féminin ou encore Le hockey féminin est en santé sont quelques-uns des titres qu'on a pu lire parmi tant d'autres.
Tout d'abord, il faut effectivement féliciter les jeunes demoiselles de 11 et 12 ans qui ont prouvé que l'élite du hockey féminin progresse à un rythme effarant. Applaudissons haut et fort.
Néanmoins, j'éprouve un certain malaise. Derrière ce beau succès se cache une vérité qu'on préfère ignorer. Un brin d'hypocrisie même! Si on veut vraiment développer le hockey féminin, il faut trouver le moyen de réunir les filles dans des équipes féminines et non pas masculines. L'équipe de rêve qui a connu un si beau parcours à Québec était composée à environ 50 pour cent de filles qui jouent dans le réseau masculin durant la saison régulière. Je ne sais pas pour vous, mais pour moi, ce n'est pas la façon de faire pour développer le hockey féminin que de permettre aux filles de demeurer au sein d'équipes masculines. Chose certaine, ce n'est pas le message à mettre en avant-plan.
Les droits de la personne me répondrez-vous et nous n'avons pas à dicter aux filles de jouer seulement avec les filles. Mande pardon! Au soccer, comment ça se passe? Poser la question, c'est y répondre.
Je pourrais vous nommer des associations qui parfois ont 11 ou 12 filles dans une division quelconque, mais parce que cinq ou six d'entre elles ne veulent rien savoir du hockey féminin, elles se dirigent vers le hockey masculin. Qu'est-ce que ça donne en fin de compte? Les cinq ou six autres abandonnent tout simplement la pratique du hockey ou vont bien malgré elles avec les gars. On repassera pour le développement du hockey féminin.
Et comme me disent certains intervenants du hockey féminin, d'une façon ou d'une autre, à l'âge bantam ou midget, les filles retournent dans les équipes formées pour elles, du moins dans les grosses associations.
La journée où une équipe féminine composée de filles évoluant strictement dans le réseau féminin se rendra au tournoi pee-wee de Québec, contre des équipes masculines, et qu'elle atteindra de nouveau la finale, là on pourra parler d'une réelle victoire du hockey féminin, pas avant. La bonne nouvelle, c'est qu'il y a un an, à ce même tournoi international pee-wee de Québec, l'équipe féminine du Québec était formée à 85 pour cent de joueuses provenant du réseau masculin. Un an plus tard, c'était rendu autour de 50 pour cent. Y a de l'espoir.
Et en terminant sur ce sujet, qu'il me soit permis de féliciter les bénévoles qui soutiennent le hockey féminin à bouts de bras. Vous n'avez même pas idée tous les obstacles qu'ils doivent affronter et abattre un par un. Il y a encore des endroits où ils se font regarder de haut. Désolant, mais c'est ça.
Stupéfaction
C'est le monde à l'envers dans la Ligue midget AAA du Québec! Les bonnes équipes tombent comme des mouches : Esther-Blondin, St-Eustache, Rivière-du-Loup, le Lac St-Louis et dans une moindre mesure Magog. Des joueurs vedettes qui n'ont pu faire la différence pour leur équipe respective. Je pense à Xavier Parent et Samuel Poulin d'Esther-Blondin et Alexis Lafrenière de St-Eustache.
Il y a une leçon à tirer de tout ça. Le talent seul ne suffit pas dans les séries. Je ne prétends pas que Poulin, Parent et Lafrenière, pour ne nommer que ceux-là, ont laissé tomber leur équipe, mais pour avancer dans les séries, peut-on se le dire une fois pour toutes? Sans un gardien qui multiplie les miracles et sans des joueurs qui ne reculent devant rien, qui se comportent comme des guerriers sans peur si vous préférez, c'est impossible d'aspirer aux grands honneurs. Le talent pur ne suffit plus.
D'ailleurs, voulez-vous bien me dire pourquoi on s'entête à ne jamais repêcher des gardiens tôt en première ronde, que ce soit chez les juniors ou dans la LNH? Qui vous fait gagner et met de l'argent dans les poches des propriétaires dans les séries? Le gars avec le masque et les grosses jambières.
En terminant, question de s'amuser, les quatre équipes que je vois accéder à la ronde demi-finale maintenant sont Trois-Rivières, Jonquière, Lévis et le Séminaire St-François. Les Gaulois d'Antoine-Girouard, tombeurs des Cantonniers, vont en voir de toutes les couleurs contre Trois-Rivières.
Avec les résultats surprenants du premier tour éliminatoire, ça commence à sentir une finale Trois-Rivières contre le Séminaire St-François.