Alex Lepage-Farrell

De la médecine au patin

Alex Lepage-Farrell n’est pas une patineuse comme les autres. Du haut de ses 24 ans, l’athlète n’a pas quitté ses cours pour aller à la compétition de patinage de vitesse. Elle a plutôt quitté ses patients de l’Hôpital Sainte-Justine, car la patineuse est également résidente en médecine.

C’est un parcours assez différent des autres athlètes qu’a emprunté celle qui avait arrêté le patinage de vitesse en arrivant à l’université. « Quand j’ai commencé mes cours à l’université, j’ai arrêté complètement de patiner. J’ai recommencé de manière récréative lorsque je suis rentrée en résidence. J’ai fait une compétition provinciale. À la fin de l’année, j’ai cligné des yeux et j’étais au Championnat canadien! Finalement, ça va très bien et c’est la meilleure saison de ma vie ! » s’émerveille la patineuse, ajoutant que le retour à la compétition a quand même été difficile.

« Quand j’ai recommencé, c’était pour me détendre en dehors de l’hôpital, se rappelle-t-elle. Finalement, j’aime constater que je suis capable de concilier les études supérieures et le sport de haut niveau. Dans mes stages, ça va super bien. J’ai la tête dégagée à cause du patin. Je suis toujours passionnée par tout ce que je fais », poursuit celle qui a recommencé le patin à l’automne 2016.

Comme Lepage-Farrell a 24 ans, elle a le titre de grande sœur dans son club de patin. Son approche avec les jeunes est particulière. « C’est une perspective différente. Le patin n’est pas une finalité pour moi. Je travaille à l’hôpital et je fais du patin pour le plaisir. Quand ce n’est plus plaisant, j’arrête et c’est tout. Je veux donner l’exemple aux jeunes et leur dire de focaliser sur les bonnes choses », explique-t-elle.

Une année de fou

L’impossible est arrivé dans la dernière année. La Sherbrookoise a connu plusieurs bonnes performances. « C’était une année de transition. Les réflexes s’étaient un peu émoussés. Je voulais voir comment les filles patinaient. Avec le temps, les stratégies ont changé et les temps sont plus rapides. J’étais fière de constater qu’à la fin de l’année 2017, j’étais 27e au Canada! Je suis juste vraiment heureuse de patiner », affirme-t-elle, le sourire aux lèvres.

Le miracle est arrivé en novembre dernier lorsque Lepage-Farrell s’est classée pour les Sélections canadiennes. « Je suis allée à la compétition nationale à Clagary en novembre. Les 16 premières de 60 filles avaient l’occasion de participer aux Sélections canadiennes. J’avais terminé 21e l’année d’avant et j’avais de la difficulté à m’entraîner autant que les autres, car j’étais fatiguée avec tout le travail. Finalement, ça a été la compétition de ma vie et j’ai terminé 5e. Je ne sais pas comment j’ai fait », se réjouit-elle.

Par contre, Alex Lepage-Farrell ne voit pas la compétition comme les autres athlètes. « J’aborde ma compétition comme toutes celles d’avant. Que je gagne ou que je perde en fin de semaine, j’ai des patients qui m’attendent à l’hôpital lundi matin. La vie continue. Je suis ici, car je trouve ça trippant, mais je sais que ma vie n’est pas que le patin », résume-t-elle.