Andréanne Tanguay (à gauche) a reçu le prix coup de cœur de la soirée du Mérite sportif de l’Estrie pour son programme Rock Steady Boxing. Au centre Marian Richard, propriétaire du Canadian Tire de Fleurimont, et à droite André Lavallé de Century 21

De coup de poing à coup de cœur

Andréanne Tanguay ne s’y attendait pas, même pas du tout. L’initiative Rock Steady Boxing dont elle est l’instigatrice a reçu le coup de cœur de la soirée du Mérite sportif. Les centaines d’invités à l’hôtel Delta se sont levés d’un coup pour applaudir Mme Tanguay lorsqu’elle a été invitée à se rendre sur la scène.

Le programme Rock Steady Boxing s’adresse aux personnes atteintes du Parkinson en leur proposant un entraînement de boxe selon une approche globale, qui sollicite à la fois leurs capacités cognitives et leurs capacités physiques.

Et les succès sont retentissants. Au début en 2017, le programme regroupait quatre participants. Aujourd’hui, on en compte 52! L’âge des participants varie de 50 à 88 ans.

« C’est un beau problème, on va dire ça comme ça, lance Andréanne Tanguay, qui a démarré le programme après que son mari ait été diagnostiqué de la maladie de Parkinson en 2014. Il faut bien s’outiller pour assurer la sécurité. Il faut penser à tout, ce sont des gens qui sont malades, ce ne sont pas des athlètes. Il faut s’assurer de former d’autres entraîneurs. »

Mme Tanguay prend soin de ne pas brûler d’étapes avec son projet.

« J’y vais vraiment de façon cartésienne et réfléchie, admet-elle. J’ai dû refuser des gens et j’ai une liste d’attente, je l’avoue. On ne peut pas se rendre à 80 participants dans les conditions actuelles, il faut former plus de gens. »

L’initiative Rock Steady Boxing existe depuis 2006 aux États-Unis, mais est en pleine expansion.

« Au début, c’était plus anecdotique, mais maintenant ça a pris des proportions étonnantes, mentionne Mme Tanguay. On dépasse les 1000 affiliations à travers le monde. Au début c’était tout petit à Indianapolis, mais maintenant ça se rend jusqu’à Tokyo. Au Canada, ça a explosé en Ontario. Au Québec, on est encore la seule, mais il y a des efforts dans le coin de Montréal. »

Professeure à l’école des sciences infirmières à l’Université de Sherbrooke, Andréanne Tanguay tente de mesurer l’impact du programme entre 12 et 16 mois suivant l’adhésion à Rock Steady Boxing.

« On n’a pas encore de données sur ça, explique Mme Tanguay. On se rend jusqu’à trois mois environ avec les études actuelles. Nos boxeurs sont fidèles et on est capable d’avoir des mesures à long terme. C’est bien d’adhérer à quelque chose, mais il faut prouver que ça fonctionne. »

Entre-temps, les boxeurs de Mme Tanguay continueront à donner des coups de poing pour combattre le Parkinson.

« Je suis convaincue des bienfaits parce que j’entends et je vois mes boxeurs », résume-t-elle.