Après avoir pesé 420 livres, Charles Laliberté s’est repris en main et poursuit sa progression vers une vie plus saine en faisant du sport.

De 420 livres au mini triathlon

Il y a trois ans, Charles Laliberté était obèse morbide. Celui qui faisait osciller la balance à 420 livres a décidé de se reprendre en main, notamment grâce au défi Félix-Deslauriers-Hallée, qui l’a aidé à renouer avec le sport. L’athlète fera cet été un mini triathlon comprenant 2,5 kilomètres de course, 400 mètres de nage et 10 kilomètres de vélo.

« Au cégep, je pesais environ 270 livres, explique M. Laliberté. Quand j’ai terminé le cégep et que j’ai arrêté de faire du sport, je suis monté jusqu’à 420. J’ai eu un rendez-vous avec mon médecin de famille qui m’a dit que j’allais mourir à 50 ans. Il m’a dit que ça devait changer. »

La motivation de Charles Laliberté? Son ancien coéquipier chez les Volontaires de Sherbrooke, Félix Deslauriers-Hallée, qui est décédé d’un cancer. « J’ai joué au football avec Félix et je l’ai souvent croisé durant sa première rémission. Je l’ai suivi quand ça allait moins bien. Je vais à son défi toutes les années depuis qu’il existe. Aujourd’hui, quand je cours, je pense à lui. Je mets sa chanson, Fix You de Coldplay. L’année d’après, j’ai fait le 3 kilomètres. Le 5 et le 10 ont suivi. Je n’étais pas prêt pour le demi-marathon, donc j’ai décidé d’essayer un mini triathlon », indique l’homme de 29 ans, ajoutant qu’il parle souvent à son défunt ami lorsqu’il court.

« Je me suis fait brocher l’estomac le 26 mai 2015, poursuit-il. Le 7 juillet, j’avais perdu 70 livres et j’ai couru mon premier kilomètre avec ma famille au Défi Félix. J’ai vraiment trouvé que c’était l’enfer. Après 500 m, je n’étais plus capable, mais j’ai décidé de continuer. »

Mini triathlon

Charles Laliberté part de loin. Il n’avait pas fait de vélo depuis plusieurs années. « Je n’avais pas fait de vélo depuis l’âge de cinq ans. J’ai besoin de l’effort individuel. C’est spécial comme on pense beaucoup durant ces épreuves. Ça me fait vraiment grandir. Ça me permet de me dépasser dans le sport, mais ce dépassement de soi revient constamment dans ma vie », analyse M. Laliberté.

« Jusqu’à présent, le plus long trajet de vélo que j’avais fait, c’était North Hatley, continue-t-il. Je suis récemment allé à Martinville et ça a été difficile. Mes amis ont été gentils et m’ont attendu. Le sentiment de finir quelque chose comme ça est tellement grand et tellement intense que ça vaut la peine. »

L’obésité et la pire drogue qui existe

Les gens ne réalisent pas comme la vie est difficile lorsque nous sommes obèses morbide, selon M. Laliberté. « Le t-shirt le plus laid est au moins 60 $ dans un magasin spécialisé. S’asseoir sur n’importe quelle chaise dans un lieu public est stressant. J’ai tellement brisé de chaises dans ma vie que tu finis par avoir peur d’en briser d’autres. Au quotidien, c’est beaucoup à gérer » », se rappelle-t-il.

« La nourriture est la pire drogue qui existe, ajoute-t-il. Je n’ai jamais pris d’héroïne ou de crystal meth, mais ça doit être plus facile d’arrêter une drogue au complet qu’une drogue que tu es obligé de consommer tous les jours. C’est ça la nourriture. On ne peut pas arrêter de manger. C’est une bouchée de plus ou un dessert de plus », explique-t-il.

L’athlète a longtemps ri de lui-même pour éviter le jugement des autres. « Toute ma vie, j’ai eu une carapace. Quand j’ai perdu mon poids, j’ai fait une introspection. J’utilisais beaucoup l’humour, je parlais fort et je mettais de l’ambiance. Si je riais de moi-même, les autres ne riaient pas de moi. Est-ce que j’étais un clown car j’aimais ça ou j’étais un clown car j’étais obèse? C’est une question de tous les jours », réalise-t-il.

Quel est son prochain défi? « Je veux continuer d’augmenter. C’est comme ça que je me dépasse. C’est loin pour moi un marathon. Je n’ai pas tant la discipline pour m’entraîner aussi intensément », résume Charles Laliberté.