David Perron a reçu une belle ovation de la part des spectateurs du Match des Champions, organisé par la Classique Pif mercredi soir.

David Perron et l’étiquette de champion

À pareille date l’an dernier, David Perron participait une fois de plus au Match des Champions de la Classique Pif. Malgré sa participation à la grande finale de la LNH, les Sherbrookois lui avaient réservé un accueil timide en 2018. Mais cette fois, tout était différent. C’est avec l’étiquette de champion que le membre des Blues de St. Louis a effectué un retour dans son patelin mercredi, à sa première apparition publique depuis sa conquête de la coupe Stanley. Ce qui lui a valu une ovation monstre.

Tous n’en avaient que pour le hockeyeur de Fleurimont lors du traditionnel Match des Champions présenté au parc Quintal. Et avec raison. Entre deux signatures d’autographe, la coqueluche du grand public a bien voulu revenir sur ses derniers jours de célébrations. 

« Ça m’a pris onze ans avant de me rendre en finale et douze avant de gagner la coupe Stanley. Si je l’avais remportée à ma première année, je ne l’aurais pas savourée autant. J’ai réalisé à quel point c’était difficile de gagner la coupe Stanley. Il y a tellement d’efforts et de sacrifices qui se cachent derrière ça. Aujourd’hui, je suis comblé », explique David Perron.

Au lendemain de sa victoire, le hockeyeur avait lancé une citation faisant sursauter bien des amateurs.

« Je l’assume, j’ai vraiment dit après notre conquête de la coupe Stanley que si je ne gagnais plus un seul match dans la LNH, ça ne me dérangerait pas. Plusieurs ont compris ce que je voulais dire, mais ce n’est pas tout le monde. J’étais encore euphorique au lendemain de notre victoire, je n’avais pas du tout dormi avant de donner cet interview et j’avais à ce moment-là le sentiment d’avoir accompli ce que je souhaitais. Mais en goûtant au succès, on en veut encore et je le réalise en tournant tranquillement la page sur notre conquête. »

Il faut avouer que Perron avait en effet soif de victoire cette saison.

« J’avais participé à la finale de la coupe l’an dernier, rappelle-t-il. Après avoir connu ma meilleure saison en carrière, j’étais blessé en séries et j’espérais seulement avoir une autre chance de gagner la coupe. C’est ce qui est arrivé et j’ai saisi cette chance. Je tenais à avoir un impact avec mon équipe et l’an dernier, j’étais très déçu. Alors que cette année, je crois avoir bien aidé mon équipe à gagner. »

L’une de ses grandes fiertés?

« J’ai joué beaucoup de hockey intense dans ma carrière, mais je suis content de l’avoir fait alors que tous les yeux étaient rivés vers nous en finale. L’intensité était encore plus là en séries et je crois avoir réussi à lever mon jeu d’un cran dans les moments importants. On m’a souvent reproché que mon coup de patin n’était pas ma force, mais malgré tout, j’ai su me démarquer et jouer un rôle important dans cette victoire. »

De nombreux athlètes et membres des médias, dont Jacques Rougeau et Mathieu Beaumont, étaient réunis à l’occasion du Match des Champions, remporté par l’équipe du Phoenix de Sherbrooke.

Motivé par son passé et sa famille

Après avoir jeté les gants dans les airs et foncé vers son gardien afin de célébrer la victoire, David Perron a aussitôt pensé à sa famille et à tous les sacrifices de ses parents, qui n’ont entre autres jamais hésité à multiplier les heures de « taxi » pour l’appuyer. « Je n’ai jamais joué au hockey pour une autre personne que moi. Mais quand j’ai réalisé que je venais de gagner la coupe Stanley, j’ai tout de suite pensé à ma mère, mon père, mon frère et à toute ma famille. »

D’ailleurs, son passé hasardeux l’a amené à puiser dans ses dernières ressources lors des séries éliminatoires. Rappelons que David Perron est passé du midget B au junior AAA, au junior majeur et à la LNH en peu de temps. 

« Avant chaque match des séries, je me rappelais tous mes souvenirs de jeunesse au hockey : mon hockey mineur, mes parties à l’extérieur au parc de mon quartier, mon junior, mon repêchage. Je repensais à mon parcours durant cinq ou dix minutes et par la suite, j’étais crinqué. J’étais prêt à défoncer les murs. J’ai d’ailleurs foncé dans le mur quelques fois d’ailleurs quand je me mesurais à Zdeno Chara! » dit-il en riant.