Matthew Bergeron a amorcé les cinq derniers matchs de son équipe, à la fin de la saison 2019. Il a des objectifs très élevés, à l’aube de la saison 2020.
Matthew Bergeron a amorcé les cinq derniers matchs de son équipe, à la fin de la saison 2019. Il a des objectifs très élevés, à l’aube de la saison 2020.

Dans une saison écourtée : objectifs élevés pour Matthew K. Bergeron

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Contrairement à d’autres conférences aux États-Unis, l’Atlantic Coast Conference (ACC) aura une saison sportive, en 2020. Et la saison de football s’amorce cette fin de semaine, amorçant ainsi un calendrier de 11 parties pour les 14 équipes des deux conférences. Et à sa deuxième saison seulement avec Syracuse, Matthew K. Bergeron sera le bloqueur à droite partant pour les Orangemen.

Le jeune homme a fortement impressionné le personnel d’entraîneurs de sa nouvelle formation, l’an dernier.

À un point tel qu’il s’est taillé une place de partant sur la ligne offensive pour les cinq derniers matchs de l’équipe.

Vous pensez que l’exploit n’est pas digne de mention? Dites-vous alors que Bergeron fut le premier joueur recrue à amorcer un match à la position de bloqueur sur la ligne offensive pour Syracuse... depuis 2002.

Seulement sept joueurs de première année se sont taillé une place avec les Orangemen, en 2019.

En pleine préparation pour cette saison écourtée, et entre deux périodes d’études, le Victoriavillois a dressé un bilan plus que positif de sa première année, en plus d’avoir des objectifs élevés pour sa deuxième saison.

« Si tu m’avais dit ça (qu’il serait partant dès sa première année) quand j’étais encore à Thetford et que je me préparais pour Syracuse, je t’aurais dit oublie ça! Je m’attendais à être « red shirt » (sur l’équipe d’entraînement), à prendre de l’expérience et à apprendre », a dit le colosse de 6’4’’ et 312 livres.

« Mais quand je suis arrivé au camp, et que j’ai vu la compétition, j’ai réalisé que je pouvais compétitionner et que si je travaillais fort, je pourrais probablement voir du terrain. Et c’est ce que j’ai fait. Après le camp, quand la saison est arrivée, j’ai commencé à toucher du terrain petit à petit et quand j’ai eu la chance d’amorcer un match, j’étais vraiment content. En même temps, quand tu démarres un match, tu peux te faire retirer après deux jeux, tu comprends? Alors ce dont je suis plus fier, de cette première année, c’est d’avoir gardé mon poste de partant jusqu’à la fin de la saison. »

Bergeron n’a pas gagné son poste à la loterie.

S’il a impressionné le personnel d’entraîneurs des Orangemen lors de son camp d’évaluation, alors qu’il évoluait avec les Filons de Thetford Mines, le jeune devait prouver sa valeur une fois sur le synthétique du programme de football américain.

Et à l’entraînement, l’an dernier, on l’a testé. Rapidement. Et les résultats ont été concluants pour les entraîneurs.

« Je m’en suis rendu compte dès le premier match de l’équipe, alors que j’ai touché du terrain sur les formations spéciales, quand on ajoute un bloqueur en extra. Je servais de 6e joueur de ligne et j’ai compris qu’ils (les entraîneurs) voulaient que je me familiarise, que je vois la vitesse de jeu, et que je sois prêt quand mon moment allait arriver », s’est-il rappelé.

« À l’entraînement, l’équipe 2 de l’offensive s’entraînait contre l’équipe 1 de la défensive, et pendant toute ma préparation, j’évoluais contre l’un des meilleurs joueurs de ligne défensive de la conférence en Alton Robinson, un choix de 5e ronde pour les Seahawks de Seattle (NFL) qui a fait l’équipe il n’y a pas longtemps. Affronter des gars comme ça, c’est sûr que ça m’a aidé. Je connaissais la compétition de haut niveau. »

Gérer la pandémie

La pandémie de la COVID 19 a tout mis sur pause, l’hiver dernier. Ce fut un long moment où Matthew K. Bergeron a dû redoubler d’efforts, tant à l’école qu’à l’entraînement, même si ce dernier se déroulait en solitaire.

« Je me suis assuré de m’entraîner correctement, même si je devais m’entraîner par moi-même. Je devais envoyer des vidéos à mes entraîneurs pour assurer un suivi. Je me suis assuré de rester on top de mes affaires, tant sur le plan physique qu’académique. Je n’ai pas lâché. Un poste partant, on peut le gagner rapidement, mais le perdre tout aussi facilement. J’ai continué à travailler fort », a-t-il expliqué.

Comme toutes les disciplines sportives, le football était dans l’incertitude pendant toute la période estivale, quant à la présentation ou non d’une saison.

Les autorités de l’ACC ont fait le point à la fin du mois de juillet et ils ont opté pour une saison de 11 matchs, dont un seul match disputé contre un adversaire de l’autre conférence.

« Quand on est revenus sur le campus en juin. On ne savait toujours pas s’il y aurait une saison ou non. Quand on a vu qu’une saison était possible, on a multiplié les rencontres avec les entraîneurs et les responsables de l’école pour être sur la même longueur d’onde pour l’application des mesures sanitaires. Le camp a été repoussé un peu, mais au moins, on peut jouer. »

Un pays en ébullition

La pandémie de la COVID 19, le mouvement Black Lives Matter, Georges Floyd et les élections à la présidence américaine, voilà autant d’événements qui ponctuent la vie américaine depuis plusieurs mois.

Un contexte social en ébullition qui se fait sentir même dans le sport.

« C’est vrai, c’est très spécial comme contexte et c’est particulièrement difficile de rester parfaitement concentré sur le football et les études, comme je l’étais l’an passé. Il y a tellement de choses qui se passent autour de nous, on ne peut pas rester insensibles. Mais on n’a pas le choix, on joue samedi. Je dois contrôler ce que je peux, c’est le défi de tous les athlètes, en ce moment », a-t-il glissé.


À sa deuxième année avec les Filons de Thetford Mines, Matthew K. Bergeron a été nommé joueur de ligne par excellence en division 2, à l’unanimité.

Objectifs élevés

Les Orangemen ont terminé la saison 2019 avec une fiche de cinq victoires et sept défaites et leur saison s’est terminée là.

Mais, fait encourageant, l’attaque au sol a pris du tonus, curieusement lors de l’arrivée de Bergeron au poste de partant, en milieu de saison.

Le jeu au sol de Syracuse a en effet maintenu une moyenne de 215,6 verges lorsque Bergeron était l’un des partants sur la ligne offensive, soit plus de 60 verges par match de plus en moyenne qu’auparavant (154 verges au sol par match), ce qui n’est pas rien.

Syracuse aura fort à faire pour son premier match de la saison, ce samedi, face aux Tar Heels de l’Université North Carolina, classés 18es au pays.

« J’ai vu qu’on était under dogs (négligés) par 21 points pour ce match. Ce sera un très gros test pour nous face à un excellent adversaire, dès le début de la saison. En cette saison particulière, notre plus grosse adaptation sera de créer notre propre énergie. Il n’y aura pas les foules habituelles pour nous donner un boost, alors on devra créer notre propre énergie pour gagner du momentum, a dit Bergeron.

« J’aimerais mettre mon nom sur les titres all-ACC ou all-American, et j’aimerais que la ligne offensive en tant que position, ait une meilleure saison que l’an passé. Quand j’ai commencé comme partant, j’ai eu une bonne communication avec la ligne partante, ç’a cliqué dès le premier match. On a vu ce que ça fait quand la chimie et la communication sont présentes, et on veut continuer notre bon travail de la fin de saison. »

L’excellence académique du jeune homme a été reconnue l’an dernier, lui qui a été nommé sur la All-ACC academic team.

Si sa famille ne pourra assister aux matchs cette saison, elle aura au moins la chance de voir Matthew K Bergeron et les Orangemen en action sur le petit écran.

Le match de samedi face à North Carolina sera en effet diffusé sur les ondes de TSN 2, à compter de midi.