Un marathon familial de 3 h 26 min et 26 secondes pour les Quirion-Martel où René-Charles, Marie-France, Juliette, Marianne, et Félix-Antoine ont couru leur ville chacun à sa façon.

Courir sa ville

« Tap, tap, tap »
Sur le coup de 8 h 15, top chrono, mes pas résonnaient au rythme de ceux qui s'alignaient sur le pont Jacques-Cartier pour courir Sherbrooke au demi-marathon RBC.
J'avais choisi ma ville pour tenter un premier demi. Un cadeau pour mes 40 ans. Un défi sans montre-chrono ni plan d'entraînement.
Bon j'avoue que je cours pour trois ou quatre fois par semaine pour la forme, pour ralentir cette vie, pour m'évader 25-30 minutes du train-train quotidien. Mais courir si longtemps, je n'avais pas encore tenté l'expérience.
Je n'avais copié personne pour m'y inscrire. Je l'avais fait par fidélité pour moi, pour me dépasser.
Et pourquoi ne pas s'offrir le défi en famille?
À la hauteur de la condition et du désir de chacun. Moi au 21,1 km, ma blonde au 10 km, nos deux filles au 5 km, puis notre garçon au 1 km pour compléter le tableau.
Sans vraiment l'avoir calculé à l'avance, nous avons cumulé à cinq, l'équivalent d'un marathon à 100 mètres près...
L'ambiance dans le parc Jacques-Cartier avec les spectateurs qui nous supportaient donnait l'énergie pour franchir chaque mètre, chaque kilomètre de ce long parcours.
Mais quel parcours pour découvrir sa ville au ralenti le long de la rivière Magog! Du lac des Nations au marché de la gare, du pont noir au parc des Quatre Pins, des chutes du barrage Paré au parc Blanchard.
Et toujours ces supporteurs pour encourager à une intersection, devant une maison ou sur un balcon.
Que ce soit cet homme qui s'était déguisé en Obélix pour encourager les coureurs, ces enfants qui ont fait quelques pas avec leur mère, ce père de famille qui a franchi les kilomètres avec sa fille de 16 mois, chaque détail me rapprochait de la ligne d'arrivée.
Et que dire de cette armée de bénévoles. Avec le sourire, ils tendaient verres d'eau et boissons énergisantes pour nous hydrater, donner le petit coup de pouce pour franchir des pas de plus ou me faire oublier mes genoux qui me rappelaient que je n'avais plus 20 ans.
À la vue de la ligne d'arrivée, j'ai fermé la musique qui résonnait dans mes oreilles depuis le départ pour savourer le moment.
Cet instant où j'ai pu lire la fierté dans les yeux de mes enfants et de ma conjointe comme ils doivent eux aussi la lire lorsqu'ils réalisent des exploits sous les miens. Comme l'ont fait les milliers d'autres coureurs auprès des leurs, j'ai fait un petit détour pour faire un petit « tope-là ».
Après avoir franchi le fil d'arrivée, c'est sur l'endorphine de ces kilomètres accumulés que j'ai constaté le bon résultat de ma blonde, vu mes filles performer et mon garçon se dépasser.
Un marathon familial de 3 h 26 min et 26 secondes où chacun à sa façon a couru sa ville.
J'avoue que seul, je n'aurais pas franchi les 42,2 km d'un marathon complet.
Mais en famille, l'exploit est réussi.