Lorsque deux femelles ont capté l’attention de Brian Luce au sommet d’une montagne à Austin, « Big Guy » avait déjà détecté leur odeur et les suivait en amoureux. Ce fut l’erreur fatale de ce majestueux mâle (9 ptes-222 lbs).

Une tempête dans le dernier droit

Tous devront composer avec une bordée de neige ainsi qu’avec ses relents durant la dernière fin de semaine de la saison de chasse au chevreuil à l’arme à feu. Pas des conditions idéales, mais pas nécessairement un sabotage en règle de Dame nature

Ces conditions prévaudront partout ce weekend, mais elles sont du déjà vu au sommet des bassins versants, dans les territoires en plus haute altitude où les premières neiges de novembre n’ont pas fondu.

L’alternance de chaleur et de froid transformant de la vieille neige en glace et rendant les déplacements d’un chasseur aussi discrets que le passage d’une semi-remorque, la neige fraîche sera bienvenue pour étouffer le bruit des pas. Sauf que les branches seront chargées, les arbres seront courbaturés et le champ de vision des chasseurs sera réduit.   

Dans ces conditions, les déplacements limités et les séquences de guet prolongés sur les hauteurs, où les odeurs portent  et où les mâles en rut s’installent pour flairer l’amour, sont d’excellents choix.

« Ça fait deux ans que nous traquons ce trophée. J’étais installé dans notre mirador au sommet d’une montagne d’Austin. Deux femelles se sont approchées et l’une d’elles était visiblement en chaleur, car l’autre ne cessait de lui sentir toutes les parties du corps. Puis Big Guy, le buck d’une vie est arrivé », décrit Brian Luce.

À 222 lb, avec son panache de 9 pointes et des merrains assez gros pour servir de bois de chauffage, « Big Guy » valait l’attente!

Les journées froides et venteuses du milieu de la semaine ont été désagréables pour les chasseurs, mais propices aux déplacements qui propagent chez les cerfs les invitations à s’accoupler. Dans ces conditions, les mâles affectueux marchent à grands pas, le nez au sol jusqu’à ce qu’ils trouvent une odeur prometteuse.

Le nez et les oreilles des chevreuils étant moins efficaces durant les tempêtes, ils réduisent instinctivement leurs déplacements. Mais les pulsions sexuelles des mâles les rendront impatients et plus entreprenants.

« C’est principalement la photopériode (durée du jour) qui a une influence sur la période de rut. Il faut aussi se rappeler que le cerf est un animal sauvage bien adapté à nos conditions hivernales et qu’à ce temps-ci de l’année, il possède encore de très grandes réserves de gras. Il est donc prêt à affronter les intempéries », précise la biologiste Anaïs Gasse, responsable de la grande faune en Estrie.

Un blizzard de neige venait de mettre nos espoirs à rude épreuve, samedi dernier, lorsque le superbe mâle que mon neveu Carl avait identifié comme « shooter » a fini par se pointer. Il ne l’a pas raté.

Un point d’affût improvisé à bon vent, après avoir marché à sens contraire dans les pistes d’une femelle ou le long d’un sentier achalandé peut s’avérer aussi payant qu’un tas de pommes ou de carottes en fin de semaine.  Un faible son de grunt peut briser le mur s’étant soudainement dressé devant un animal qui semblait progresser vers vous.

Des vêtements en double, incluant tuques et gants qui sont rapidement détrempés dans la neige mouillée. Sans oublier les linges secs pour essuyer régulièrement le télescope, évitant ainsi la lunette embuée contre laquelle vous pourriez rager tout l’été. Ou même le reste de votre vie!

Tout tient à de petits détails. Les humains sabotent souvent leurs chances en sous-estimant la vigilance de bêtes habitués à composer avec toutes les conditions, beau temps comme mauvais temps.

Les cerfs de Virginie seront peut-être un peu mieux cachés et plus difficiles à trouver en fin de semaine. Mais ne les cherchez pas ailleurs que dans le bois,  ils n’ont pas d’autre endroit où aller...