Tel qu’anticipé, la première saison de protection des jeunes mâles a provoqué une importante chute de la récolte dans ce segment dans les zones 6 Nord et 6 Sud de l’Estrie qui servent de bassin expérimental. Le peu d’intérêt des chasseurs pour les cerfs sans bois obligera toutefois les gestionnaires fauniques à ajuster le discours pour éviter une surpopulation.

Un changement d’habitudes après celui des règlements

CHRONIQUE / La première des cinq saisons expérimentales de chasse au cerf de Virginie en Estrie a rencontré certains des objectifs gouvernementaux, mais elle a aussi révélé la nécessité d’appeler avec plus d’insistance à un changement d’habitudes chez les chasseurs sans quoi la région pourrait de nouveau connaître une surpopulation qui n’est pas souhaitée.

L’interdiction d’abattre les jeunes mâles a provoqué une chute de 22 % de la récolte dans la zone 6 nord et de 28 % dans la 6 sud, qui ont été désignées comme territoire d’expérimentation par le gouvernement du Québec. Le programme de restriction de la taille légale de bois (RTLB) interdit d’abattre les mâles les plus vulnérables qui ont toujours représenté le gros de la récolte à l’arme à feu.

Une comparaison avec la zone 4, qui couvre pour l’essentiel les MRC du Haut-Saint-François et du Granit et qui est exempte des changements réglementaires, fait clairement ressortit les impacts du RTLB et traduit ce qui aurait fort probablement été une tendance généralisée dans la région avec le mode conventionnel de gestion à la suite d’hivers peu rigoureux (voir tableau). En considérant seulement les résultats de la saison à l’arme à feu, la récolte de mâles a progressé de 29 % dans la zone 4.

« Les impacts mesurés sont assez conformes à ce que nous annoncions pour les mâles. L’élément le plus étonnant, qui est aussi le plus préoccupant, est du côté des cerfs sans bois. L’augmentation considérable du nombre de permis pour récolter des femelles ou des faons n’a pas provoqué les effets escomptés » constate le biologiste Éric Jaccard, responsable de la grande faune en Estrie.

Les gestionnaires fauniques avaient émis près de 7000 permis additionnels dans ces deux zones pour offrir à un plus grand nombre de chasseurs la possibilité d’abattre un cerf sans bois, et cela afin de compenser les restrictions visant les jeunes mâles ainsi que comme mesure transitoire pour le contingentement s’appliquant désormais durant la saison à la poudre noire. Or, à peine 4 détenteurs de permis sur dix s’en sont prévalu dans la zone 6 Sud alors que cette proportion n’a même pas atteint 2 sur 10 dans la zone 6 Nord.

Les résultats globaux obtenus dans les deux zones expérimentales au terme de cette première saison créent des conditions propices à une croissance rapide du cheptel qui pourrait compromettre « l’acceptabilité sociale », en particulier la tolérance des agriculteurs fortement exposés à la déprédation.

« L’hiver est un autre agent régulateur et s’il s’avère rigoureux, il réduira ce risque. Nous le saurons seulement au printemps. Mais nous ne pouvons pas nous en remettre seulement à ce facteur. Comme nous avons entendu très peu de protestations durant l’automne, l’adhésion des chasseurs au projet semble acquise. C’est un premier pas important.

« Nous devons maintenant améliorer leur niveau de compréhension pour qu’un changement de culture s’opère. Avec plus de mâles matures dans le futur, l’attrait du trophée augmentera lui aussi, c’est sûr. Par contre, pour atteindre cet objectif sans compromettre nos cibles de gestion, il faudra qu’il y ait aussi plus d’intérêt pour la récolte de cerfs sans bois », fait valoir le biologiste Jaccard.

En viendrons-nous à ce que le détenteur de permis de cerf sans bois devra obligatoirement s’en tenir à la récolte d’une femelle ou d’un faon comme c’est le cas dans certains États américains?

« Pas dans l’immédiat, mais c’est une mesure qu’il ne faudra pas exclure si jamais l’accroissement du cheptel devenait trop rapide. »

Vous, que retenez-vous de cette première expérience?

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