Malgré ses 91 ans, Gérard Roy a encore l’œil assez vif et la gâchette assez rapide pour culbuter du gros gibier. Avec la complicité de son fils Sylvain, ce chasseur passionné demeurant à East-Angus vient de récolter un orignal à la carabine.

Tireur d’élite à 91 ans !

CHRONIQUE / Les orignaux étant de plus en plus rares en Estrie, ça rend l’exploit plus méritoire. Malgré ses 91 ans, Gérard Roy a encore l’œil assez juste et la gâchette assez rapide pour être un redoutable chasseur.

M. Roy vient de récolter un orignal à la carabine sur des terres de Domtar qui sont louées par le Club de chasse et pêche East-Angus. Un tir précis, même pas accoté. Bing, bang, affaire classée avec l’étroite complicité de son fils Sylvain, qui est un calleur efficace.

« J’ai encore un peu de difficulté à le croire. À mon âge, vous savez, on pense d’une année à l’autre que c’est notre dernier », confie humblement ce chasseur passionné demeurant à East-Angus.

Comme l’enregistrement d’un orignal exige plus d’un permis, l’aîné de la famille a souvent offert le sien pour compléter un duo. Cette année, à deux reprises, il a refusé.

« Je ne sais pas, j’avais comme une intuition que cette année serait la bonne. C’est seulement mon deuxième orignal à vie. Ma grande passion a toujours été le chevreuil, je dois être rendu à une trentaine. Je suis un peu moins alerte qu’avant, mais je suis tenace. J’ai appris ainsi, car quand j’étais très jeune, les chevreuils étaient rares dans la région. Lorsqu’on trouvait une piste, on venait comme des chiens fous! »

M. Roy ne vise rien de moins que le doublé cette année, lui qui a récolté « son chevreuil » au cours des deux dernières années.

Témoin privilégié, Sylvain Roy parle de cette chasse réussie avec émotions.

« Quand j’ai vu que ce jeune mâle répondait à mes appels et qu’il s’approchait de nous, j’ai redoublé de prudence. Quand j’ai entendu le coup et que j’ai vu la bête au sol, j’ai été aussi euphorique que mon père. Non, mais pensez-y, il a 91 ans! »
La chasse est une tradition familiale chez les Roy. Une affaire de frères, de fils, de gendres, de beaux-frères et de petits-fils.

« Dès que j’ai su que mon grand père avait tué, je suis allé les rejoindre. Je suis fier, content pour lui, c’est tellement un bel accomplissement. Pour avoir vu la réaction de mon oncle Sylvain, c’est vrai qu’il ne portait plus à terre. Il y a une belle complicité père-fils, mon oncle Sylvain fait preuve d’un dévouement exemplaire envers son père. C’est inspirant comme modèle », témoigne à son tour Jérémie Graillon, 31 ans, une autre pousse dans ce terreau de chasseurs.
M. Roy est en forme, mais il n’est plus la jeunesse d’autrefois.

« Comme j’ai moins d’équilibre, j’utilise des bâtons de marche pour me rendre à mon poste d’affût. J’ai toujours autant de plaisir à chasser. C’est vrai que Sylvain me facilite les choses. Sans lui, je n’y arriverais probablement pas. C’est un beau cadeau de pouvoir vivre encore ces heureuses journées en famille », ajoute le patriarche.

Ceux qui associent le bonheur de chasser à un plaisir de barbares sont complètement à côté de la cible!

Il faut voter!

Les candidats aux élections municipales l’entendent fréquemment en demandant à des citoyens s’ils pourront compter sur leur vote, le 5 novembre : désolé, je serai dans le bois...

« Pourriez-vous recommander aux chasseurs d’aller voter par anticipation dimanche, avant le début de la saison à l’arme à feu », m’a suggéré l’un d’eux.

Désolé, monsieur, la chasse à la poudre noire commence samedi dans les zones 6 Nord et 6 Sud, y’a seulement cinq jours de chasse, plus le droit d’abattre les femelles à moins d’avoir un permis, les trois pointes, la longueur des pointes, y’a tellement de changements dont il faut se rappeler que j’ai oublié pour qui voter!

Ben non, pas vrai, je vais trouver un moment pour aller voter. Les chasseurs ne font pas les choses à moitié.