Il y a eu augmentation du nombre de cas « d’abattage par méprise « l’automne dernier en Estrie suite au démarrage du projet de restriction de la taille légale des bois (RTLB). Ces cas demeurent cependant marginaux en proportion des 19 000 chasseurs ayant participé à la première année d’expérimentation, juge-t-on au ministère de la Faune.

Le recensement des cas de méprise

Les nouvelles règles appliquées en Estrie pour la chasse au chevreuil ont provoqué une augmentation du nombre de cas « d’abattage par méprise ». Aux yeux des autorités, ceux-ci demeurent toutefois marginaux en proportion des chasseurs ayant participé à la première des cinq saisons du projet expérimental de restriction de la taille légale des bois (RTLB).

Six cas de méprise avaient été recensés dans les zones 6 nord et 6 sud en 2015, il y en a eu huit en 2016 et ce nombre a grimpé à 30 à l’automne 2017. Il importe de préciser que ces statistiques ne comprennent pas toutes les erreurs de jugement rapportées au Service de protection de la faune. Comme, par exemple, celle d’avoir récolté un cerf sans bois qui se trouvait dans l’angle de tir d’une cible présumément légale. Des situations semblables se sont produites dans le passé, pour lesquelles des chasseurs repentants et ayant fourni des explications valables ont été exonérés.

Pour avoir un portrait juste de l’impact du RLTB, le ministère a établi des comparables en se référant aux seuls cas des dernières années liés à la taille des bois, le plus classique étant celui d’un daguet (spike) qui n’avait pas deux pointes d’une longueur minimale de 7 cm. C’est la règle s’appliquant encore d’ailleurs dans le reste du Québec.

Rappelons que les chasseurs fréquentant les 6 nord et 6 sud avaient en plus cette année l’obligation de s’assurer qu’un mâle avait « au moins trois pointes de 2,5 cm ou plus d’un côté du panache pour pouvoir être abattu ».

Ces restrictions supplémentaires visant à assurer la protection des jeunes mâles, avec l’objectif de rehausser la qualité de chasse au chevreuil dans la région, augmentaient le coefficient de difficulté. D’autant que les moments les plus propices pour récolter un cerf sont aux premières lueurs du matin ou au déclin du jour, au moment où la luminosité est réduite.

« Certains chasseurs se sont adressés directement à nos bureaux pour nous signaler qu’ils avaient abattu un mâle dont le panache ne rencontrait pas tous les critères. Dans d’autres situations, la méprise a été constatée lors du mesurage à une station d’enregistrement, et c’est à partir de là que le chasseur en cause entrait en communication avec nous. Chaque dossier a été évalué et la résultante, dans la plupart des cas, a été un avis écrit qui sera conservé au dossier du chasseur. La même personne ne pourra espérer la tolérance s’il y a récidive », commente le sergent François Laprise du bureau de protection de la faune de l’Estrie.

Tous les chasseurs impliqués dans ces imbroglios ont dû remettre la carcasse du cerf qu’ils avaient récolté. Leur venaison a été acheminée à la banque de dépannage alimentaire Moisson Estrie.
Précisons d’autre part qu’il n’appartient pas au personnel des stations d’enregistrement de joueur au chien de garde en dénonçant systématiquement les cas problématiques.

« Nous avions fait le tour des stations de la zone 6 pour expliquer les nouvelles règles et s’assurer qu’elles seraient bien comprises de tous. En fin de compte, c’est le chasseur qui est répondant de ses gestes.
Trente cas, c’est plus qu’au cours des années précédentes, mais ça reste peu en proportion des 19 000 chasseurs s’étant inscrits au projet RTLB en se procurant le permis complémentaire requis », ajoute le sergent Laprise.

Ce dernier n’est pas en mesure de chiffre le nombre de dossiers en enquête qui pourraient, eux, déboucher sur des sanctions à l’encontre des fautifs.

Les gestionnaires fauniques s’attendaient à des répercussions semblables en mettant le projet RTLB à l’essai dans la région pour une période de cinq ans. Ils marchaient toutefois sur des œufs avant la saison de chasse puisqu’un message de tolérance aurait pu être interprété comme un incitatif à la délinquance.
Jusqu’à quel point ce portrait « officiel » est-il fidèle au respect des nouvelles règles ?
Je conviens d’emblée qu’il ne traduit sûrement qu’une partie de la réalité, mais à qui et à quoi pourrions-nous référer pour le rendre plus complet ?

Cet aspect fait partie des étapes subséquentes d’adaptation et d’amélioration d’un mode de gestion mis l’essai à la demande des chasseurs. Nous faisons donc partie des solutions autant que du problème que ces chiffres peuvent sous-estimer.