Luc Chamberland, de Cookshire-Eaton, est parmi les chasseurs de dindon ayant déjà terminé leur saison après avoir récolté deux oiseaux, dont cet imposant mâle qui pesait 20 lb et qui s’est comporté en véritable dominant avant d’être surpris.

La récolte de dindons pourrait plafonner

CHRONIQUE / Plus de la moitié de la saison de chasse au dindon étant écoulée, il est temps qu’on en parle un peu!

Même que la saison est terminée pour plusieurs, dont Luc Chamberland, de Cookshire-Eaton, qui a complété son doublé en récoltant un juvénile (jake) samedi dernier, au lendemain des grands vents.

Non mais, ça prend de méchantes paires de pinces pour rester accrochés aux branches lorsque les vents brassent les arbres de la sorte. Certains de ces gros oiseaux doivent attraper le mal de mer durant cette houle nocture!

Les émotions les plus fortes, M. Chamberland les a cependant vécues à l’ouverture, lui, lorsque le « Big Boss » s’est pointé.

« J’ai tripé pour vrai. Ce mâle était majestueux. Tout son plumage était déployé. Il a avancé d’un pas décidé, puis s’est rué sur l’un de mes appelants qui en a mangé une vraie! À 20 lb, c’est mon plus gros à vie » frissonne encore M. Chamberland.

Les photos de dindons perchés sur des balcons en plein cœur de Montréal ont d’autre part alimenté ce printemps certaines exagérations quant à la prolifération de l’espèce.

« Comme les chevreuils, les dindons profitent des hivers peu rigoureux. Un second vecteur météorologique influence toutefois la reproduction puisque les printemps froids et pluvieux affectent la ponte de même que l’éclosion des œufs. Ces conditions moins favorables ont prévalu au printemps 2017 et il se pourrait que cela se répercute dans les résultats de chasse cette année. Il ne faudra pas se surprendre d’un certain plafonnement » anticipe le biologiste Éric Jaccard de la direction régionale de la Faune.

Les récoltes ont progressé à un rythme soutenu ces dernières années dans les zones 4 et 6 de l’Estrie. Les 2963 oiseaux abattus au printemps 2017 ont représenté une hausse de 30 % par rapport à l’année précédente. « L’historique de chasse au Québec étant encore relativement jeune, la prudence reste de mise avant d’utiliser d’autres moyens pour augmenter le prélèvement, en allant peut-être même un jour jusqu’à autoriser la récolte de femelles. Différents scénarios sont discutés et soupesés en vue d’éventuels changements à mi-plan, en 2020 », ajoute M. Jaccard.

La chasse au dindon se poursuit jusqu’au 18 mai dans la région.

LE PREMIER ABATTAGE N’EST PAS UN REMÈDE MIRACLE

Bref retour sur la dernière chronique et le pourquoi de ne pas émettre en Estrie des permis de premier abattage pour contrôler le cheptel de cerfs, comme cela se fait sur le territoire de la Montérégie. Le biologiste Jaccard expliquait qu’à peine 12 pour cent des détenteurs de ces permis parvenaient à récolter les deux cerfs auxquels ils avaient droit (cerf sans bois d’abord, mâle seulement ensuite).

« Oui, mais le fait qu’un chasseur puisse poursuivre sa saison avec un permis de premier abattage n’augmente-t-elle pas les probabilités qu’il fasse au moins la moitié de son travail de prédation alors que les détenteurs d’un permis régulier de cerf sans bois hésitent à « brûler » ce permis afin de pouvoir chasser plus longtemps » a voulu savoir un lecteur.

« Contrairement à ce que l’on peut croire, il n’y a pas d’écart significatif entre les deux. À peine 30 % des détenteurs d’un permis de premier abattage enregistrent une femelle ou un faon. Nous sommes donc dans le même ordre de grandeur que pour les permis de cerf sans bois offerts par tirage au sort dans les zones 4 et 6. C’est vraiment l’évolution des perceptions et les changements d’habitudes chez les chasseurs qui permettront d’accroître l’efficacité de ce mode de gestion » ajoute le biologiste Jaccard.

La période d’inscription au tirage au sort est commencée pour le cerf de Virginie. Celles et ceux qui veulent y participer doivent s’inscrire sur le site de la Sépaq avant le 31 mai.