Caquistes et péquistes ont déjà dévoilé des engagements spécifiques afin de stimuler la relève chez les pêcheurs et les chasseurs au Québec. Les libéraux et les solidaires n’ont rien communiqué de tel pour le moment.

La pêche aux électeurs se poursuit

Les chasseurs et les pêcheurs du Québec ont droit de la part de certains partis à une attention n’ayant pas été aussi manifeste au cours des dernières campagnes provinciales. J’ai recensé les engagements annoncés ça et là en contactant les quatre principales formations politiques.

Sans favoritisme, simplement parce que la Coalition Avenir Québec (CAQ) a été la première à prendre le parti des pêcheurs en promettant de s’attaquer aux mesures restreignant l’accès aux plans d’eau, voici d’autres intentions de ce parti.

Un gouvernement de la CAQ se soucierait de moderniser le système de vente des permis en considérant la vente en ligne. Il s’inspirerait d’une pratique instaurée dans les ZECS pour offrir la gratuité aux moins de 17 ans pour la pêche ainsi que pour la chasse au petit gibier. 

D’autre part, le parti de François Legault veut mettre fin à la hausse jugée « exorbitante » des baux de villégiature décrétée par le gouvernement libéral et promet un examen rigoureux afin de déterminer si l’augmentation du prix des permis de pêche et de chasse est la principale cause de la baisse dans les ventes totales de permis.

Le Parti Québécois, lui, stimulerait le parrainage de la relève en offrant un rabais de 20 % sur le permis de pêche et de 50 % sur un permis de gros gibier au mentor d’une recrue. Il offrirait lui aussi la gratuité pour pêcher jusqu’à l’âge de 18 ans de même qu’au cours de l’année d’initiation à la chasse.

Avant de réviser la tarification des baux de villégiature, le PQ veut en doubler le nombre estimant que plus de Québécois devraient pouvoir profiter de telles opportunités à la suite de tirages au sort. Un gouvernement péquiste rétablirait une table de concertation qui aurait le mandat d’établir la juste tarification.

Sur la question de l’immatriculation des armes à feu, péquistes et caquistes se présentent en gardiens pour éviter de possibles dérives comme celle qui s’était produite avec l’ancien registre fédéral. Mais aucune des deux formations politiques va aussi loin que l’ex-premier ministre conservateur, Stephen Harper, qui a tenu sa promesse d’abolir le registre des armes d’épaule qu’il jugeait trop coûteux et inutile.

Le PQ serait cependant enclin à repousser la date limite du 22 janvier 2019 à partir de laquelle les délinquants à cette nouvelle réglementation provinciale seront passibles d’amende pouvant atteindre 5000 $.

Les caquistes rappellent que François Legault est le seul chef à avoir permis à ses députés de voter librement sur le projet d’immatriculation des armes. Le tiers des membres du caucus s’y est d’ailleurs opposé.

À cela, les libéraux rétorquent qu’au même titre que tous les autres chefs impliqués dans la présente campagne, M. Legault a voté en faveur de la Loi 64  dont le gouvernement sortant maintient le bien-fondé. Le contrôle instauré suivrait son cours sans remise en question à la suite d’une réélection des libéraux.

De la même façon, un gouvernement libéral poursuivrait le projet expérimental de chasse au cerf de Virginie mis à l’essai pour cinq ans en Estrie. La protection des jeunes mâles vise à rehausser la qualité de chasse avec la récolte prévisible d’ici quelques années de plus de mâles matures.  

Le programme RTLB (en référence aux restrictions sur la taille légale des bois imposées dans les zones 6 Nord et 6 Sud de la région) ne serait pas compromis par un changement de gouvernement. Caquistes ou péquistes n’en manifestent en tout cas aucunement l’intention pour le moment.

Le Parti libéral du Québec n’a communiqué aucun autre engagement, prétextant que c’est le chef Philippe Couillard qui pourrait le faire d’ici la fin de la campagne. La formation Québec solidaire a quant à elle décliné l’offre d’exposer sa vision de la chasse et de la pêche.