Pêcheur assidu de doré depuis plusieurs années, René Larochelle n’a jamais capturé dans le nord une aussi belle prise que celle qu’il a ferrée et remise à l’eau récemment dans la rivière Saint-François. En se référant à sa taille (76 cm), le poids du trophée atteignait près de 5 kg.

Dans une rivière près de chez vous

CHRONIQUE / Ajoutez le nom de René Larochelle sur la liste de ceux qui peuvent témoigner que la rivière Saint-François renferme des trésors, lui qui a récemment ferré un doré de près de 5 kg (11 lb) lors d’une descente en canot entre East Angus et Sherbrooke.

Adepte de voyages en pourvoirie depuis de nombreuses années, le Coaticookois (lien d’amitié mais pas de parenté) a ainsi doublé le poids du plus gros doré qu’il a capturé dans le nord du Québec.

« Tu rêves à ça le jour où tu découvres la quantité et l’immensité des plans d’eau de Chibougamau, mais tu ne t’attends pas à vivre ces moments ici, en Estrie, presque dans ta cour » confie-t-il.

Les photos et les récits de pêcheurs publiés par le passé dans cette chronique, qui décrivaient de semblables captures durant la saison d’hiver au confluent des rivières Magog et Saint-François, en plein centre-ville de Sherbrooke, avaient surpris plusieurs pêcheurs ayant surtout retenu le caractère exceptionnel.  

Cette fois, c’est entre deux averses et en pleine canicule que le doré géant s’est rué sur un poisson-nageur.

« Chaleur ou pas, au gros soleil, peu importe. L’été, c’est le débit de la rivière qui est facteur de succès. Il faut qu’il soit lent », partage comme truc celui qui raffine ses observations avec ses compagnons d’expédition.

Sans filet, Jacques Paquette a dû improviser dans son rôle d’employé de soutien!

« J’ai saisi le poisson par la gueule dès que j’en ai eu l’occasion. Âgé ou exténué, il avait perdu pas mal de son énergie » décrit-il.

Le poisson a été mesuré (76 cm ou 30 pouces) avant d’être rapidement remis à l’eau et c’est en se référant à une charte sur le doré que son poids a été déterminé.

« Il s’agissait d’une belle grosse femelle. Un précieux géniteur comme ceux que nous avons déjà capturés dans des affluents de la Saint-François durant la fraye pour la récolte des œufs et l’élevage de jeunes dorés qui étaient par la suite relâchés en milieu naturel. J’aurais été curieux qu’on puisse déterminer l’âge de ce poisson » commente Pierre Létourneau, un ancien employé de la station piscicole de Baldwin ayant participé à plusieurs ensemencements de différentes espèces sportives dans les plans d’eau de la région.

M. Létourneau était du quatuor de pêcheurs qui effectuait la descente.

« La remise à l’eau est fondamentale pour conserver ce patrimoine faunique et l’expérience de pêche unique que nous offre la Saint-François », insiste René Larochelle, également pêcheur à la mouche à ses heures.

Les lois provinciales exigent d’ailleurs la remise à l’eau d’aussi gros dorés au sud comme dans la plupart des zones du nord de la province, justement pour protéger les reproducteurs. Seuls les dorés mesurant entre 37 et 53 cm peuvent être conservés.

Cette portion de la rivière Saint-François est propice à la capture d’achigans, à gué comme sur l’eau. La navigation facilite cependant l’accès aux fosses servant de refuge aux dorés.