Il court un cœur géant de 175 km

Sports

Il court un cœur géant de 175 km

Sébastien Roulier n’a jamais reculé devant aucun défi. Celui qui devait être à Boston lundi, pour la présentation de la 124e édition du plus vieux marathon au monde, s’est plutôt lancé le défi de tracer un cœur géant... de 175 km, dessiné à partir d’un parcours qu’il a emprunté sur les chemins de l’Estrie.

L’intensiviste-pédiatre du CIUSSS-Estrie-CHUS est un habitué des longues distances.

Sa passion de la course à pied le fait constamment repoussé les distances. Il a complété 58 marathons, il en a gagné neuf. Il a représenté le Canada dans cinq courses de Championnats mondiaux d’ultra-marathons en sentiers et sur route.

Avec l’annulation des courses au programme au moins jusqu’à la fin du mois d’août, Roulier se cherchait un autre défi.

« L’annulation de toutes les courses organisées ne m’a pas dérangé. À ce jour, j’ai exploré la course sous plusieurs facettes et c’est souvent les défis personnels ou ceux en duo qui m’ont le plus satisfait. Le 5 avril dernier, j’ai couru une distance de 120 km en 13 h 30 pour dessiner mon premier cœur. Alors que le gouvernement nous demande de ne pas voyager dans une autre région du Québec, je me suis dit : pourquoi ne pas visiter ma région? Aussi, avec les règles de distanciation sociale, je me suis imposé de transporter tout ce dont j’aurais besoin », relate l’athlète de 46 ans.

« Je ne m’ennuie jamais de la course, j’en fais toujours quand même. Les deux premières semaines de la pandémie ont été plus chargées, comme gestionnaire, mais tranquillement on trouve un rythme. C’est plus tranquille dans les hôpitaux, j’ai un peu de temps, les fins de semaine. Et comme on doit rester dans notre région, samedi matin je me suis dit, pourquoi pas? Je suis parti l’après-midi même! », a-t-il dit en riant. 

Cette idée de dessiner un cœur en géolocalisant son parcours lui vient de sa fille.

Baseball Estrie craint une baisse d’inscriptions

Sports

Baseball Estrie craint une baisse d’inscriptions

SHERBROOKE — Baseball Québec annoncera lundi qu’il souhaite lancer sa saison 2020 dès le 1er juillet. Le report du début des activités et la crainte liée à la pandémie de la COVID-19 pourraient faire chuter le nombre d’inscriptions chez Baseball Estrie selon son président Simon Therrien. 

« Il s’agit évidemment d’un scénario hypothétique, soutient Simon Therrien. Toutes les décisions seront prises en considérant les recommandations du gouvernement. Est-ce que la saison pourrait débuter avant? Peut-être. Il n’y a rien d’officiel encore, évidemment. »

La possibilité de lancer la saison le 1er août a également été envisagée. Après cette date, la saison de baseball pourrait être en péril. Il serait alors difficile d’éviter l’annulation des activités 2020.

« On termine normalement la saison tout juste avant la fête du Travail, mais on avait aussi du baseball d’automne. Techniquement, on a encore du temps devant nous puisque la saison de baseball commence normalement autour du 15 mai. Donc il n’y aurait pas d’impact majeur si le début de nos activités était le 1er juin. Tout serait simplement décalé de deux semaines. À ce moment, on limiterait les dégâts », indique le président de Baseball Estrie. 

La fin d’une vague de popularité

Depuis les Jeux du Canada de 2013, Baseball Estrie a assisté à une vague de popularité envers le baseball en région, ce qui s’est traduit par une hausse constante des inscriptions. 

En 2013, 613 joueurs étaient inscrits. L’an dernier, on parle d’environ 1300 membres chez Baseball Estrie, dont 400 seulement à Sherbrooke. 

« On s’attend à une baisse d’inscriptions. Les familles seront peut-être craintives et certains parents ne voudront peut-être pas voir leur jeune se regrouper pour la pratique de leur sport », avance Simon Therrien.

Un premier contrat pro pour Alex-Olivier Voyer

Sports

Un premier contrat pro pour Alex-Olivier Voyer

SHERBROOKE — « J’ai maintenant un pied dans la porte. Je sais que le plus dur est à venir, mais rendu là, on ne sait jamais. »

Alex-Olivier a franchi une autre étape vers son rêve ultime, qui est d’évoluer dans la LNH un jour, mercredi, lorsqu’il a paraphé une entente avec le club-école des Bruins de Boston dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

Ce contrat de deux avec le Bruins de Providence survient à l’issue de sa meilleure saison en carrière dans la LHJMQ, lui qui a battu plusieurs records d’équipe avec le Phœnix de Sherbrooke.

« J’ai signé mercredi officiellement. Je me sens super bien, je suis vraiment content! Surtout, je suis content de m’aligner avec l’organisation des Bruins. C’est une organisation qui valorise des valeurs que j’ai comme joueur de hockey », a dit l’ancien numéro 19 du Phœnix.

« Je connais un peu l’organisation, puisque l’an passé, j’ai participé à leur camp des recrues et ça avait super bien été. Je crois que c’est un peu pour ça qu’ils ont continué à me regarder pendant toute la dernière saison », a-t-il précisé.

Et ce dernier, justement, n’a pas raté son coup, en 2019-20.

Le joueur de 21 ans fut un des principaux rouages du succès du Phœnix, lui qui a formé probablement l’un des meilleurs trios de la LHJMQ, avec ses potes Félix Robert et Samuel Poulin.

Voyer a récolté 44 buts et 44 passes pour 88 points en 63 matchs, dont 20 points en avantage numérique, quatre buts en désavantage numérique et huit buts gagnants.

« Je n’ai pas eu de contacts directement avec les Bruins pendant la saison. Je sais que mon agent (André Ruel, CAA) leur a parlé à quelques reprises. J’ai joué ma saison et les bonnes choses que j’ai faites pendant la saison ont juste porté fruit. D’autres équipes m’ont approché et j’ai eu deux offres de contrat. Mais je suis vraiment très content que ce soit avec les Bruins. C’est la première organisation qui m’a fait confiance, qui m’a donné mon premier camp pro », a dit le Sherbrookois.

Des Aigles aux Bruins

« J’avais signé avec les Aigles bleus de Moncton (hockey universitaire canadien), où j’aurais pu continuer à jouer un bon calibre tout en continuant d’aller à l’école. Un contrat de deux ans, dans la LAH ça me donne du temps. Je voulais au moins deux ans, pour avoir une stabilité. Ça me donne une première année pour m’adapter, au début, et une deuxième année pour y aller plus fort », a dit l’attaquant droitier.

« Les Bruins ont aimé ma progression, mon développement. Je me suis amélioré chaque année, tant du point de vue personnel que du point de vue statistique. Alors ils doivent se dire, en regardant ça, que si je l’ai fait dans le passé, je serais sûrement capable de le faire dans le futur. Ce sont les mêmes marches, il faut continuer à monter. »

« J’ai toujours cru en mes capacités, je n’ai jamais abandonné. J’ai toujours cru au processus de devenir un bon joueur de hockey en faisant les bonnes choses, sur la glace et en dehors, je n’ai jamais dérogé de ça. J’ai toujours cru en moi, et mon entourage aussi. C’est un bon timing (après avoir connu sa meilleure saison en carrière LHJMQ), mais j’ai dû travailler fort pour ça. Ce n’est pas du hasard, sinon tout le monde se ferait offrir des contrats.

Je sais la somme de travail que ça prend pour se rendre là. »

Un rêve

En attendant la reprise des activités dans le monde du hockey, Alex-Olivier Voyer a amorcé son entraînement, à la maison, depuis deux semaines, sous la supervision, à distance, de Michaël Fullum, de Fonction Optimum.

« Je me rapproche de mon rêve de jouer dans la LNH. Je vais évoluer dans la ligue en dessous, donc, je suis vraiment fier de ça. Encore plus avec les Bruins. Je sais qu’ils traitent bien leurs prospects. J’ai un programme d’entraînement personnalisé, je me suis fait un petit gym à la maison. Je suis revenu à la case départ, comme chaque été, jusqu’au retour au jeu. Mes parents m’ont toujours supporté, dans les mauvais comme dans les bons moments, je les remercie énormément. »

LHJMQ et Covid-19 : le deuil d’une famille d’accueil

Sports

LHJMQ et Covid-19 : le deuil d’une famille d’accueil

Elle les appelait ses « Boys ». « On n’est pas leurs parents, mais on s’attache. Quand il est venu le temps de leur dire bye, j’ai fait ça vite pour ne pas pleurer devant eux. » Nancy Chrétien accueillait chez elle et son conjoint Doug Blair le gardien du Phœnix Samuel Hlavaj et le défenseur Gregory Kreutzer, qui ont dû quitter leur famille de pension dans de tristes circonstances.

En raison de la Covid-19, le Slovaque et l’Américain ont regagné leur pays de façon expéditive le mois dernier. Sans même avoir la chance de soulever la Coupe du Président ou la Coupe Memorial avec leur équipe, classée numéro 1 au Canada. 

« On s’attendait à les avoir avec nous jusqu’à la fin du mois de mai, admet Nancy Chrétien. Quand la saison a été suspendue, on espérait que les activités reprennent rapidement. Samuel et Gregory ont trouvé ça difficile d’attendre. Ils n’en pouvaient plus. Du jour au lendemain, leur quotidien venait de changer. Leur raison d’être, c’est le hockey! Et en voyant tous ces événements être remis à plus tard ou annulés, on se rendait bien compte que ça regardait mal. »

Confinés dans leur maison de la rue Boright à Lennoxville, Samuel Hlavaj et Gregory Kreutzer ne sortaient que pour courir. 

« Le Phœnix avait demandé aux gars de garder la forme. Presque tous leurs coéquipiers étaient retournés à leur maison, mais le Phœnix suggérait à Taro Jentzsch, Samuel et Gregory de rester à Sherbrooke au lieu de retourner dans leur pays et risquer d’être en quarantaine durant 14 jours en revenant pour reprendre l’entraînement. On les occupait. On leur changeait les idées. Puis quand on a appris que tout était terminé, c’était simplement irréel », poursuit Nancy Chrétien. 

À contrecœur, le directeur général Jocelyn Thibault a indiqué aux deux amis de partir à la maison le plus rapidement possible. Le lendemain, Gregory Kreutzer était déjà au Michigan et une journée plus tard, Samuel Hlavaj se trouvait dans un avion en direction de Vienne, située tout près de la Slovaquie.

« Ce n’était pas facile pour le Phœnix de trouver un billet d’avion à Sam. J’avais dit à Jocelyn Thibault que peu importe ce qui arriverait, Sam allait être le bienvenu chez nous. Mais soudainement, il y avait un vide dans la maison avec leur départ. C’était très tranquille. Notre garçon Leighton avait peut-être quitté l’Université Brock pour revenir ici et continuer ses études à distance, mais ça faisait bizarre. Il ne se passait plus rien. On ne parlait plus de hockey autour de la table au souper. On ne jouait plus aux jeux de société avec les boys. »

Des adieux à Gregory Kreutzer?

Samuel Hlavaj pourrait bien revenir à Sherbrooke la saison prochaine. Or, le cas de Gregory Kreutzer demeure incertain. Celui qui aura 20 ans le 24 mai prochain devra obtenir l’un des trois postes de vétéran de dernière année disponibles et la course sera féroce. Le défenseur songe même à traverser l’océan pour évoluer en Europe. 

« Les voir partir du jour au lendemain m’a fait un petit pincement au cœur. Ils faisaient partie de la famille. Tout s’est passé trop vite quand ils ont quitté. Notre famille n’était pas prête à ça. On venait de rencontrer la famille à Gregory et celle de Samuel était venue manger à la maison en février. Ils s’étaient vraiment bien intégrés à notre famille. Ils ne restaient pas de leur côté. Ils venaient même avec moi pour aller voir les grands-parents de nos enfants Megan et Leighton! »

« Samuel avait hâte que l’on revienne à la maison pour nous parler ou partager de bonnes nouvelles, ajoute immédiatement Mme Chrétien. Quand il y avait un recruteur de la LNH qui l’appelait, on était parmi les premiers à le savoir. On leur souhaite d’évoluer chez les professionnels l’an prochain, mais on espère aussi les revoir, ce qui est un peu égoïste. Peut-être que Gregory ne reviendra pas, mais Sam a laissé des choses à la maison! J’imagine qu’il aimerait aussi revenir ici! » 

De la peine en famille

Le gardien slovaque a pulvérisé les records du Phœnix et aurait pu améliorer sa marque si la saison n’avait pas pris fin abruptement. 

« On était tellement tristes pour eux quand la saison et les séries ont été annulées. Sam vivait une première expérience au Québec. Il impressionnait et améliorait ses chances d’être repêché rapidement dans la LNH cet été. Gregory espérait aller loin en séries. Ça lui aurait permis de se faire davantage remarquer et de peut-être gagner la coupe à l’une de ses dernières saisons dans le junior majeur. On avait vraiment de la peine de voir ces occasions s’envoler. » 

Le premier deuil? L’annulation de la partie contre l’Océanic de Rimouski et Alexis Lafrenière alors qu’il restait encore cinq matchs à jouer. On annonçait d’ailleurs une salle comble pour ce duel présenté au Palais des sports.

« Tout le monde attendait cette partie, soutient-elle. Les gars se préparaient mentalement et physiquement pour accueillir Lafrenière et son équipe. C’était une première déception. Une victoire allait booster encore plus les joueurs à quelques jours des séries. »

Ce n’est que partie remise

La famille Blair-Chrétien s’ennuiera de l’ambiance qu’amenaient leurs deux joueurs en pension.

« On recevait souvent les joueurs anglophones à la maison, comme Bailey Peach et Israel Mianscum puisqu’ils demeuraient à quelques rues d’ici. Jaxon Bellamy venait faire son tour à l’occasion. On les invitait à souper. Ils étaient aussi par exemple venus à la maison avant de partir pour leur party d’Halloween chez Alex-Olivier Voyer. On aimait les voir s’amuser autrement qu’en jouant au hockey », indique Mme Chrétien.

« Doug et moi, on n’est pas leurs parents, rappelle-t-elle aussitôt. Il faut les nourrir, les héberger, mais ce n’est pas à nous à faire la discipline et de toute façon, on n’avait pas à le faire. Samuel et Gregory sont à leurs affaires. Ce n’est pas tous les adolescents qui feraient ces sacrifices de joueur de hockey du junior majeur. »

Cette dernière espère maintenant que le Phœnix reprenne là où il l’a laissé la saison prochaine. 

« De belles choses attendaient l’équipe, mais ce n’est peut-être que partie remise! »

Une édition à ne pas oublier

Sports

Une édition à ne pas oublier

COMMENTAIRE / Ironiquement, il aura fallu un virus pour faire tomber au combat les Cantonniers de Magog une première fois en trois ans dans les séries de la Ligue midget AAA du Québec.

Champions en titre depuis 2018, la bande de Félix Potvin se dirigeait vers une 10e série gagnée d’affilée jusqu’à l’arrivée soudaine du coronavirus.

À défaut d’avoir été empêchés par la COVID-19 de s’approprier une troisième coupe Jimmy-Ferrari de suite, les Cantonniers peuvent toujours se vanter de n’avoir jamais été expédiés dans les boules à mites par une autre équipe du circuit Lévesque depuis maintenant trois ans.

Lorsque dans la prochaine décennie on reviendra sur les succès des Cantonniers sous la férule de Félix Potvin, il faudra placer l’édition 2019-2020 sur le même pied que les deux précédentes qui ont été couronnées championnes. Évidemment, qui peut prétendre avec exactitude que les Cantonniers auraient réussi le coup une troisième année de suite? Ils étaient bien partis avec aucun signe de faiblissement qui pointait à l’horizon. Toutefois il restait encore huit victoires à ajouter au compteur. Ce n’est pas négligeable. On se dirigeait vers une autre série palpitante contre Châteauguay en demi-finale. Un rendez-vous annuel entre ces deux formations.

De l’édition 2019-2020, il faudra surtout se rappeler d’une équipe qui avait le souci des détails et d’une éthique de travail incomparable. Lors des deux saisons précédentes, les Cantonniers comptaient sur des joueurs tels Patrick Guay, William Villeneuve, Charles Beaudoin, Simon Pinard, Rémi Poirier, Justin Robidas, Alexandre Doucet, Olivier Adam, Isaac Belliveau, Jacob Dion, et j’en passe, qui figuraient parmi l’élite de la ligue. On le savait dès le camp d’entraînement.

Nouveaux meneurs

Au mois d’août 2019, c’était plutôt tranquille à ce chapitre. Les vétérans venus compléter une deuxième saison dans le midget AAA campaient surtout dans des rôles de soutien en 2018-2019. Il leur fallait maintenant devenir les nouveaux leaders. Ils n’ont pas essayé de jouer à la vedette. Les Mathys Poulin, Justin Bergeron, Félix Paquet, Zackary Michaud, Julien Bourget, Mathis Zakorzermy ont montré une attitude irréprochable. Le mot influenceur est à la mode de nos jours. Ils en étaient pour leurs coéquipiers. Il y a aussi le très talentueux Tristan Roy qui est revenu au bercail après les Fêtes. Lui on savait ce dont il était capable.

Avec de tels vétérans comme chefs de file, les recrues ont acheté le modèle sans maugréer. Quand on voit Zackary Michaud, meilleur compteur de l’équipe, continuer à bloquer des rondelles avec une priorité de six ou sept buts en fin de partie, l’effet d’entraînement est automatique. C’était ça les Cantonniers. Jamais de demi-mesure chez les recrues comme les vétérans.

Cette équipe de no name est demeurée au sommet de la ligue du premier au dernier jour du calendrier régulier. Ils ont ravi leurs partisans et convaincu les incrédules qu’une équipe unie, dont le seul objectif demeure la progression de l’équipe, peut abattre tous les obstacles, sans exception. 

L’édition 2017-2018 savait fabriquer des buts; celle de 2018-2019 pouvait se placer au-dessus de la mêlée de toutes les façons. Cette saison, on a eu droit au modèle parfait de ce que représente une équipe avec un mental et un moral d’acier. Une bande d’adolescents qui n’ont jamais reculé, qui connaissaient leurs limites, les acceptaient, et savaient que tout passait par le travail collectif. Que jouer en unité de cinq plutôt que de miser sur deux ou trois vedettes était loin d’être un désavantage. Tous ont mis l’épaule à la roue. Pas de place pour du nombrilisme.

Un modèle pour les plus jeunes

En cette période de l’année où le mot propagation est malheureusement à la mode pour les raisons que l’on sait, permettez-moi d’ajouter que s’il y a une façon de jouer au hockey qui devrait se répandre chez nos jeunes et leurs entraîneurs, c’est celle des Cantonniers 2019-2020. Tout reposait sur le collectif, la patience, l’acharnement au travail, une confiance à toute épreuve. C’est le courant qu’il faut suivre pour avoir du plaisir sur une surface glacée. Ils venaient à l’aréna radieux. À l’opposé, j’ai rarement vu une bande de gars accepter aussi mal la défaite.

Ils étaient beaux à voir ces adolescents. Du bonbon! Ce serait dommage qu’ils sombrent dans l’oubli parce que le coronavirus s’est introduit sournoisement dans nos vies.    

Je ne pouvais vous laisser sans un dernier mot sur le coach Potvin. Voilà trois ans de suite qu’il fait des Cantonniers une équipe championne même s’il doit rebâtir presque à zéro chaque automne. Exploit rarissime.

En terminant, Félix Potvin a communiqué avec moi pour demander à ses joueurs, son personnel hockey, la direction, les parents, les familles de pension et les partisans de l’équipe de prendre soin de leur santé.

Frédérik Cabana barricadé en Allemagne

Sports

Frédérik Cabana barricadé en Allemagne

Le hockeyeur sherbrookois Frédérik Cabana habite au cœur de l’Europe, qui est loin d’être épargnée par la pandémie de la COVID-19. Sa saison a été annulée en Allemagne et depuis, il demeure barricadé à la maison avec sa famille.

« L’Italie n’est qu’à quatre ou cinq heures de route de chez moi. Il y a près de 400 décès par jour là-bas. C’est juste à côté d’ici. Depuis un mois, ça ne fait que parler du coronavirus. Vous avez réagi vite au Québec. Pas ici. Le monde ne comprenait pas que c’était dangereux. Il y a des milliers de personnes infectées maintenant. Pour ma famille et moi, pas question de quitter la maison. »

Le plus loin que ses enfants Rosalie (7 ans), Leonie (5 ans) et Amelie (2 ans) peuvent aller : les limites de leur terrain.

« On a la chance d’être un peu plus en campagne dans un village appelé Obersulm-Eichelberg et de pouvoir profiter d’un grand terrain, mais en Europe, les gens habitent plus souvent dans des blocs et de petits appartements. Les écoles sont fermées depuis longtemps. Les garderies et les magasins aussi. On ne peut qu’aller à l’épicerie. Mes filles ne voient même pas leurs grands-parents. On devait aussi venir à Sherbrooke quelques jours cet été. Je pense qu’il faudra oublier le projet », avance l’attaquant des Steelers de Bietigheim, membre de la DEL division 2. 

L’ancien joueur des Cantonniers de Magog habite l’Europe depuis bientôt 12 ans : une année en Autriche et plus de dix ans en Allemagne. Il a déjà vu son pays d’adoption sous un jour meilleur. 

« On est appelés à rester à la maison et ça peut durer encore longtemps. Plusieurs tablettes d’épicerie sont vides. En Europe, on a également vu les gens se lancer vers le papier de toilette, mais aussi vers le vin et les condoms! » lance-t-il en riant. 

Le quotidien de toute la population européenne a changé en peu de temps. 

« Ça devient déprimant. On pense toujours deux fois à ce que l’on fait. Si tout le monde respectait les règles, le problème serait beaucoup moins grave. On resterait moins de temps confinés à la maison. C’est quoi un mois dans une vie? Ça sauverait la vie de bien des gens. Le peuple doit suivre les consignes. Il n’y a malheureusement pas encore de vaccin. Donc il ne reste plus qu’à attendre. Je passe beaucoup de temps avec la famille. On continue d’aider Rosalie dans ses travaux scolaires sinon on s’amuse et on suit l’actualité. » 

Un début de saison en péril

Les Steelers venaient de subir l’élimination lorsque la DEL a mis fin à ses activités. 

« On a disputé toute une saison pour finalement ne jamais savoir qui est le champion cette année. C’est dommage. Le prochain camp d’entraînement est prévu au mois d’août normalement. Quand on regarde les nouvelles, on se demande s’il aura lieu à la date prévue », affirme le choix de 6e ronde des Flyers de Philadelphie en 2004. 

Et pour garder la forme?

« J’ai quelques appareils chez moi, soutient le Sherbrookois de 33 ans. Je fais du vélo stationnaire et à la limite, je sors parfois avec mon vélo dehors. En me promenant, je vois les gens faire la file à l’épicerie, tous entassés les uns sur les autres. Je ne comprends pas. »

Fredérik Cabana est par ailleurs d’avis que cette crise nuira énormément à l’économie, dont celle des équipes de hockey du circuit. 

« J’ai hâte de voir comment on s’en sortira sur le plan financier. Tout est fermé. J’ai aussi perdu mon emploi à temps partiel dans un gym. Je ne peux plus travailler, comme bien des gens ici. C’est épeurant de voir tout ce qui se passe et je souhaite à tout le monde que je connais au Québec de rester en santé, en espérant que ça passe plus vite qu’ici. »

LHJMQ: «On devient quasiment une ligue bouche-trou» [VIDÉO]

Sports

LHJMQ: «On devient quasiment une ligue bouche-trou» [VIDÉO]

Québec — Avec neuf des 21 meilleurs espoirs qui entretiennent le mystère sur leur avenir, il fut évidemment question de cette épine dans le pied de la LHJMQ lors du point de presse annuel de Gilles Courteau.

Beaucoup d’équipes ont fait savoir leur mécontentement au cours des derniers jours. Devant les médias, comme derrières les portes closes. Même les Remparts et l’Océanic, qui ont tiré profit dans le passé de ce genre de manœuvres, se rangent maintenant dans le camp des insatisfaits. Une lettre d’intention a été soulevée et à nouveau, cette solution n’a pas été retenue. Par contre, une proposition de laisser de côté ceux qui auraient pris des engagements aux États-Unis fait actuellement son chemin… «Un comité va étudier la question et pourra ensuite nous soumettre une recommandation», a reconnu Courteau.

Luc Larochelle
2e saison du RTLB : la récolte remonte près de la moyenne de cinq ans

Coureur des bois

2e saison du RTLB : la récolte remonte près de la moyenne de cinq ans

CHRONIQUE / L’importante baisse dans la récolte de chevreuils provoquée en 2017 par la protection des jeunes mâles a été effacée en quasi-totalité l’automne dernier dans la zone 6 sud alors que la reprise a été plus modeste dans la zone 6 nord. L’ajout de la zone 4 au portrait permet de conclure que la récente saison de chasse au cerf de Virginie a été fructueuse sur l’ensemble du territoire de l’Estrie.

Les statistiques récemment mises en ligne sur le site du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) tendent à démontrer que les objectifs visés avec la restriction de la taille des bois (RTLB) sont réalistes. Ce projet en était à sa deuxième de cinq années d’expérimentation dans la région.

Luc Larochelle
Le code d’honneur des gens responsables

Coureur des bois

Le code d’honneur des gens responsables

Par conviction et par principe, je lutterai jusqu’au bout contre le système d’immatriculation des armes à feu du Québec. Je le ferai pacifiquement, démocratiquement, sans désobéissance civile.

Avant de vous expliquer, permettez-moi un parallèle d’actualité. Voici comment Ottawa prévient les propriétaires de drones des nouvelles règles qui s’appliqueront d’ici quelques mois au pays : « vous devez être enregistré pour faire voler votre drone après le 1er juin 2019 ».

La récolte rattrape la moyenne quinquennale

Coureur des bois

La récolte rattrape la moyenne quinquennale

CHRONIQUE / La récolte d’orignaux est en progression pour une deuxième année consécutive en Estrie, un constat qui alimente l’espoir d’une relance durable du cheptel.

Le nombre d’orignaux abattus dans la zone 4 a grimpé à 471 bêtes, dont 289 mâles adultes. Ces chiffres représentent une augmentation de 8 pour cent de la récolte et de 12 pour cent du segment des mâles par rapport à 2017.

« Ce n’est pas spectaculaire, mais le mouvement à la hausse est continu et la récolte de mâles est un autre indicateur du redressement du cheptel. Ce sont les meilleurs chiffres depuis 2015 » relève Anaïs Gasse, responsable de la grande faune en Estrie.

Toutefois, les résultats stagnent dans la zone 6 où la récolte de 53 orignaux est identique à celle de l’an dernier.

« Les habitats forestiers fréquentés par les orignaux sont de plus en plus morcelés dans la zone 6  et il sera difficile d’effectuer des gains importants sur ce territoire » juge la biologiste.

Les 523 bêtes récoltées l’automne dernier dans les deux zones de l’Estrie où la chasse à l’orignal est permise nous ramènent pile-poil à la moyenne quinquennale de la période 2013-2017.

Pas question pour autant d’envisager à court terme le rétablissement d’une saison permissive, qui permettrait de récolter les femelles une année sur deux.

« La densité après chasse passe de 1,07 à 1,22 bête/10 km² d’habitat, mais elle est en encore beaucoup trop basse pour prendre un tel risque. Cette mesure de protection est en place depuis plusieurs années et on commence à peine à en percevoir les résultats positifs ».

Les deux années de reprise ne permettent pas non plus de conclure que les orignaux sont devenus plus résistants aux tiques, les parasites qui ont décimé les populations du sud du Québec et de la Nouvelle-Angleterre.

« Les suivis nationaux de même que l’étude conjointe qui sera effectuée en partenariat avec le Nouveau-Brunswick nous fourniront à cet effet un meilleur portrait » indique Mme Gasse.

Un inventaire aérien est également prévu au cours de l’hiver dans la zone 4 pour valider si les observations à partir des airs collent aux résultats de chasse plus encourageants des dernières années.

Signalons que ce sont les chasseurs à l’arme à feu qui ont effectué les plus importants gains cet automne dans la région alors que la progression des précédentes saisons était davantage du côté de l’arbalète.

À l’échelle provinciale, la récolte a fléchi à 19 696 bêtes cet automne par rapport aux 21 879 orignaux abattus en 2016 (la comparaison est effectuée entre deux saisons qui limitaient les prélèvements aux mâles et aux veaux). Les gestionnaires fauniques parlent tout de même de stabilité puisque la récolte de 14 329 mâles des derniers mois est quasi identique à celle d’il y a deux ans. Les mâles ont constitué 75 pour cent de la récolte cette année tandis qu’ils avaient représenté 67 pour cent de celle de 2016.

Luc Larochelle
L'information : une cible à revoir

Le coureur des bois

L'information : une cible à revoir

Les membres du service de protection de la Faune de la région ne sont pas les seuls à être perplexes face aux nombreuses « erreurs d’interprétation » relevées lors de la deuxième année d’application du programme expérimental de restriction de la taille des bois (RTLB), mis à l’essai pour la chasse au chevreuil dans les zones 6 nord et 6 sud de l’Estrie.

« Je vends des permis depuis 30 ans à mon magasin général de Racine et je n’ai jamais vu autant de confusion. La restriction de trois pointes et plus pour le panache, la plupart des personnes la connaissaient parce que c’est une information qui circule entre chasseurs. Pour le reste, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai dû expliquer et justifier la décision douteuse de surtaxer de 10 $ les chasseurs des zones expérimentales en leur imposant un permis spécifique » témoigne le commerçant Patrice Dupont, estimant qu’il est du devoir de ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) d’assurer une meilleure diffusion de l’information.

Des chasseurs ont été pris en défaut en se rendant à une station d’enregistrement avec une bête, découvrant sur place qu’ils se retrouvaient en infraction parce qu’ils ne s’étaient pas procurés le permis complémentaire obligatoie  dans l’une de ces deux zones. 

Constatant que le niveau de compréhension sur le terrain n’était pas celui souhaité, la direction régionale de la protection de la Faune a effectué durant la saison de chasse un rappel des particularités réglementaires des zones 6 nord et 6 sud, tout en précisant qu’il incombe à chaque chasseur de connaître les règles applicables sur le territoire qu’il fréquente.

La confusion découle en partie des habitudes de longue date. Pour l’orignal, le gros gibier le plus convoité à l’extérieur du sud de la province, un chasseur doit spécifier la zone où il compte se rendre au moment d’acheter son permis, qui est d’ailleurs valide seulement dans cette zone. 

Le permis de chasse au chevreuil, lui, est universel et s’il ne précise pas qu’il compte venir en Estrie, un chasseur de la Mauricie achetant un permis à Trois-Rivières, par exemple, est susceptible de ne jamais se voir offrir celui qui est exigé dans les zones expérimentales du RTLB.

« Le ministère a été pris de court la première année et la campagne d’information à grande échelle annoncée pour l’an 2 n’a jamais eu lieu. C’est pourtant évident qu’il faut mieux diffuser le cadre réglementaire du projet expérimental RTLB qui, en rehaussant la qualité de notre cheptel, deviendra plus attrayant pour les chasseurs d’autres régions. Tout cela avait été anticipé et discuté, mais le plan d’implantation convenu n’a pas suivi. Le manque de transparence et la culture du secret semblent profondément ancrés dans ce ministère », observe Michel Dufort, qui préside la section estrienne de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP) et porteur de ce dossier depuis le début.

Une lectrice soutient quant à elle avoir retrouvé sur sa propriété au cours des deux dernières années plus de bêtes atteintes mortellement.

« Nous voyons apparaître beaucoup de chasseurs inexpérimentés dans le voisinage, se peut-il que ce soit la cause », soulève-t-elle.

Ma première réaction est la comparaison suivante : les détenteurs d’un permis de conduire sont-ils plus compétents en Estrie qu’ailleurs au Québec et comment pourrait-on en faire la démonstration?

Par contre, le chasseur n’étant pas certain d’avoir ouvert le feu sur un  « cerf légal  » n’est généralement pas très persévérant dans ses recherches et son dernier réflexe sera de se dénoncer auprès d’un voisin en lui demandant l’autorisation d’aller récupérer la bête sur son terrain...

« Ce sont des cas possibles, mais qu’il ne faut pas exagérer ou généraliser non plus. La qualité de l’information qui sera livrée aux chasseurs et aux propriétaires de terres dans la région commence par la volonté de ceux qui ont cette responsabilité », soutient Michel Dufort.

À suivre.

Luc Larochelle
Sombres souvenirs d'un hiver ravageur

Sombres souvenirs d'un hiver ravageur

Si les prévisions hivernales de l’équipe de Météomédia s’avèrent justes, novembre vient de nous donner un avant-goût des prochains mois : beaucoup de neige, peut-être même la pointe de la dernière décennie, sans nécessairement avoir à endurer des températures glaciales en continu.

Selon les experts, les conditions actuelles dans les océans sont propices à ce que le prochain hiver ressemble notamment à ceux de 2007-2008 ou de 2000-2001.

Le premier nous rappelle des accumulations de neige devenues des records dans plusieurs régions du Québec, particulièrement dans le corridor du fleuve Saint-Laurent. L’Estrie avait également reçu cette année-là plus de neige que d’habitude, mais un printemps favorable avait atténué les impacts sur le cheptel de cerfs de la région.

Ce ne fut pas le cas en 2000-2001, hiver auquel des milliers de chevreuils n’ont pas survécu. Le bureau régional de la Faune avait été inondé d’appels de citoyens qui avaient trouvé les restes de cervidés. Nos forêts étaient devenues un immense cimetière puisque le biologiste Marc-Jacques Gosselin avait alors estimé les pertes entre 10 000 et 15 000 bêtes.

« Le chevreuil et son habitat en ont mangé toute une! L’hiver a pris pratiquement l’équivalent d’une saison de chasse » avait analysé M. Gosselin.   

 Sans crier au loup et annoncer une hécatombe sur la foi de pronostics assez généraux, il y a certaines similitudes entre la situation de l’automne 2001 et celle d’aujourd’hui.

Premièrement, la neige est arrivée tôt et de ce fait, elle a drainé pas mal d’énergie chez les mâles qui sont constamment en déplacements et qui cessent pratiquement de s’alimenter durant la période frénétique de l’accouplement. La résistance au froid est amoindrie même chez les plus costauds lorsque les réserves de graisse sont sollicitées avant la fin de l’automne.

Les chutes de neige de la dernière quinzaine ont déjà poussé les cerfs dans les couverts des résineux. D’une part parce qu’ils y sont mieux protégés du vent, mais aussi parce que les branches retiennent momentanément la neige avant de la déverser aux extrémités, comme l’eau s’écoulant d’un parapluie.  

Pour bien saisir l’astuce, pensez au réseau de sentiers moins enneigés que nous pouvons emprunter le long de nos maisons en exemptant les amoncellements se formant là où les toitures se vident de neige.

Puis, chaussez une paire de raquettes et allez vérifier si le couvert de neige uniforme d’une érablière est propice à la même économie d’énergie. Vous comprendrez pourquoi les cerfs cherchent à s’éviter cette misère. 

Les hivers hâtifs et persistants obligent les chevreuils à entrer tôt dans leur aire de confinement et à y vivre plus longtemps si l’hiver s’étire. Or, la bouffe n’est pas illimitée. Plus la densité du cheptel est élevée, plus le problème d’alimentation se pose d’ailleurs rapidement. Car 200 chevreuils broutant dans un même ravage bouffent pas mal plus que s’ils ne sont que 50 en quête de jeunes pousses. 

La mortalité hivernale étant la somme de tous ces facteurs, les conditions ayant prévalu en 2000-2001 avaient été le pire des scénarios. Le cheptel s’est tout de même vite remis de cette sévère trouée.

La cible du plan de gestion 2010-2017 devait nous amener à une population de 40 900 chevreuils dans les zones 4, 6 nord et 6 sud. Le cheptel est probablement un peu plus important que cela. Les mises à jour de fin de saison nous le diront d’ici peu.

En prenant cette cible pour référence, c’est dire qu’un hiver rigoureux, qui entrainerait un taux de mortalité de 20 %, pourrait éliminer entre 8000 à 10 000 bêtes. La récolte annuelle des chasseurs ces dernières années a plutôt été de l’ordre de 15 000 à 16 000 cerfs. 

Complétons le portrait avec les statistiques des collisions routières impliquant des chevreuils, qui sont passées de 850 en 2015 à 1058  en 2017, selon les chiffres fournis par la direction régionale du ministère des Transports.  

Beaucoup de neige passe toujours. Mais les chevreuils doivent trouver autant que nous que trop, c’est comme pas assez!

Luc Larochelle
Les collisions à répétition

Les collisions à répétition

Pascale Leblond a manifesté une exaspération teintée d’humour en mentionnant en fin de semaine sur Facebook qu’elle avait été plus efficace que son conjoint Dominique en tuant deux cerfs cet automne sur les routes alors que lui n’a rien rapporté à chasser.

En ajoutant un faon, à qui la vie semble avoir accordé une seconde chance, Mme Leblond a en fait été impliquée dans trois collisions avec des cerfs en autant de mois.

« Comme mon véhicule n’a pas été endommagé et que Bambi n’a pas été trop amoché, je n’ai pas fait de cas du premier accident survenu au début du mois de septembre » précise la femme de Disraeli effectuant quotidiennement la navette vers Sherbrooke pour le travail.

Occasion de rappeler l’obligation légale pour tous, en vertu du Code de la sécurité routière, de rapporter à la Sûreté du Québec ou à un corps municipal toute collision avec un animal de 25 kg et plus. Les autorités sévissent rarement, mais un conducteur fautif s’expose à une amende pouvant atteindre 300 $ ainsi qu’à 9 points d’inaptitude.

Pourquoi?

D’une part, pour veiller à ce que les voies de circulation soient dégagées après un signalement. Car, rouler sur une carcasse peut occasionner une perte de contrôle, tout comme lors d’une collision. De plus, les statistiques ainsi compilées sont transmises à la Société de l’assurance automobile du Québec, puis redirigées vers les ministères impliqués dans l’évaluation du risque.

À la fin du mois de septembre, la surprise d’un impact beaucoup plus sévère avec un cerf mature a été doublée pour Pascale Leblond par l’entrée en scène de son copilote : le système intelligent de sa voiture Volvo.

« Les coussins latéraux se sont déployés à l’impact dans la porte du côté passager. Le freinage a été activé automatiquement et il a été si brusque que je n’ai pas réussi à parer le coup. Puis, la voiture s’est garée par elle-même sur le côté. J’ai à peine eu le temps de réaliser ce qui m’arrivait qu’une préposée du 911 contactée par le système intelligent m’a demandé si tout était OK, puis nous a mises en ligne avec les policiers qui étaient déjà en route » décrit-elle.

Bilan de ce premier épisode survenu dans la MRC des Appalaches : conductrice légèrement blessée, un cervidé tué, une porte de Volvo à remplacer.

Comme les pièces de sa voiture tardaient à arriver, Mme Leblond s’est retrouvée avec un véhicule de location, au volant duquel elle a percuté un troisième cerf de Virginie, vendredi soir dernier. 

Cette fois, à Bishopton, dans le segment où les collisions se multiplient lorsque les chevreuils se rassemblent pour l’hiver dans les aires de ravage se trouvant de chaque côté de la route 112.

« Des chevreuils, j’en vois à longueur d’année. J’ai beau connaître les endroits à surveiller, cette femelle a surgi de nulle part, dans une portion où le champ de vision est plus limité. Après l’impact, je voyais de l’habitacle le réservoir de lave-glace se vider! »

Avec le paiement de deux franchises et après deux réclamations annonçant une hausse de sa couverture d’assurance, Mme Leblond traverse une période stressante et coûteuse.

« Au moins, j’ai évité une réclamation! Mais je vais m’en remettre à mon chasseur l’an prochain... » philosophe-t-elle, en admettant être plus craintive au volant.

Y’a de quoi!

Deux fois en une semaine

Les policiers de la Sûreté du Québec ont reçu le signalement dans la nuit de lundi à mardi, puis un autre cerf inerte et sévèrement amoché a été récupéré le long de l’autoroute 410. Tout près de la croix érigée à la mémoire de Carl Boutin, le Sherbrookois de 27 ans ayant été la victime collatérale d’un chevreuil projeté dans la voie opposée à la suite d’une collision routière survenue en mai. C’est le deuxième chevreuil trouvé mort en une semaine sur cette portion de la 410, comprise entre la rivière Magog et le boulevard de l’Université. 

L’épais couvert de résineux se trouvant de chaque côté de l’autoroute, dans la montée menant vers Lennoxville, est un abri de choix lorsque l’hiver se pointe.

 « Avec l’arrivée de la neige et des froides journées, le cerf tend à réduire son activité et à se regrouper dans les peuplements forestiers qui lui offrent de la nourriture ainsi qu’une protection contre le froid, le vent et la neige. À propos de l’habitat situé à proximité, des analyses sommaires sont en cours afin de vérifier ce qui pourrait inciter les déplacements des cerfs dans ce secteur. Vous serez informés des résultats obtenus. 

 « Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs est en communication avec le ministère des Transports dans ce dossier et fournit toute l’expertise requise au niveau de la faune terrestre dont ce ministère pourrait avoir besoin », précise la biologiste Anaïs Gasse, responsable de la grande faune en Estrie.

Luc Larochelle
Une tempête dans le dernier droit

Une tempête dans le dernier droit

Tous devront composer avec une bordée de neige ainsi qu’avec ses relents durant la dernière fin de semaine de la saison de chasse au chevreuil à l’arme à feu. Pas des conditions idéales, mais pas nécessairement un sabotage en règle de Dame nature

Ces conditions prévaudront partout ce weekend, mais elles sont du déjà vu au sommet des bassins versants, dans les territoires en plus haute altitude où les premières neiges de novembre n’ont pas fondu.

L’alternance de chaleur et de froid transformant de la vieille neige en glace et rendant les déplacements d’un chasseur aussi discrets que le passage d’une semi-remorque, la neige fraîche sera bienvenue pour étouffer le bruit des pas. Sauf que les branches seront chargées, les arbres seront courbaturés et le champ de vision des chasseurs sera réduit.   

Dans ces conditions, les déplacements limités et les séquences de guet prolongés sur les hauteurs, où les odeurs portent  et où les mâles en rut s’installent pour flairer l’amour, sont d’excellents choix.

« Ça fait deux ans que nous traquons ce trophée. J’étais installé dans notre mirador au sommet d’une montagne d’Austin. Deux femelles se sont approchées et l’une d’elles était visiblement en chaleur, car l’autre ne cessait de lui sentir toutes les parties du corps. Puis Big Guy, le buck d’une vie est arrivé », décrit Brian Luce.

À 222 lb, avec son panache de 9 pointes et des merrains assez gros pour servir de bois de chauffage, « Big Guy » valait l’attente!

Les journées froides et venteuses du milieu de la semaine ont été désagréables pour les chasseurs, mais propices aux déplacements qui propagent chez les cerfs les invitations à s’accoupler. Dans ces conditions, les mâles affectueux marchent à grands pas, le nez au sol jusqu’à ce qu’ils trouvent une odeur prometteuse.

Le nez et les oreilles des chevreuils étant moins efficaces durant les tempêtes, ils réduisent instinctivement leurs déplacements. Mais les pulsions sexuelles des mâles les rendront impatients et plus entreprenants.

« C’est principalement la photopériode (durée du jour) qui a une influence sur la période de rut. Il faut aussi se rappeler que le cerf est un animal sauvage bien adapté à nos conditions hivernales et qu’à ce temps-ci de l’année, il possède encore de très grandes réserves de gras. Il est donc prêt à affronter les intempéries », précise la biologiste Anaïs Gasse, responsable de la grande faune en Estrie.

Un blizzard de neige venait de mettre nos espoirs à rude épreuve, samedi dernier, lorsque le superbe mâle que mon neveu Carl avait identifié comme « shooter » a fini par se pointer. Il ne l’a pas raté.

Un point d’affût improvisé à bon vent, après avoir marché à sens contraire dans les pistes d’une femelle ou le long d’un sentier achalandé peut s’avérer aussi payant qu’un tas de pommes ou de carottes en fin de semaine.  Un faible son de grunt peut briser le mur s’étant soudainement dressé devant un animal qui semblait progresser vers vous.

Des vêtements en double, incluant tuques et gants qui sont rapidement détrempés dans la neige mouillée. Sans oublier les linges secs pour essuyer régulièrement le télescope, évitant ainsi la lunette embuée contre laquelle vous pourriez rager tout l’été. Ou même le reste de votre vie!

Tout tient à de petits détails. Les humains sabotent souvent leurs chances en sous-estimant la vigilance de bêtes habitués à composer avec toutes les conditions, beau temps comme mauvais temps.

Les cerfs de Virginie seront peut-être un peu mieux cachés et plus difficiles à trouver en fin de semaine. Mais ne les cherchez pas ailleurs que dans le bois,  ils n’ont pas d’autre endroit où aller... 

Luc Larochelle
Le nombre « d’erreurs » laisse perplexe

Coureur des bois

Le nombre « d’erreurs » laisse perplexe

CHRONIQUE / Le temps ne semble pas nécessairement garant d’une meilleure compréhension des règlements liés à la protection des jeunes mâles dans les zones 6 nord et 6 sud, où se vit la deuxième année d’application du programme expérimental de restriction de la taille des bois (RTLB) pour la chasse au chevreuil.

Au lieu d’assister à une diminution du nombre d’erreurs d’interprétation, les agents de protection de la faune se retrouveront vraisemblablement à la fin de la saison avec un plus grand nombre de cas nécessitant des enquêtes.

« Qu’il y ait eu une certaine confusion la première année, c’était normal et c’est pourquoi d’ailleurs le ministère a fait preuve de tolérance. Autant de cas par contre signalés cet automne pour toutes sortes de manquements aux règles, ça nous laisse un peu perplexes » commente le lieutenant François Laprise, porte-parole du service de protection de la faune de l’Estrie.

Alors qu’une quarantaine de dossiers avaient été passés en revue l’an dernier, une soixantaine d’anomalies sont déjà rapportées. La moitié de celles-ci serait des manquements à l’obligation de posséder un permis complémentaire vendu 10 $ afin d’être reconnu comme participant au programme expérimental. Cette exigence est inscrite en gras dans la description des règles spécifiques au RTLB.

« Les règlements sont clairs, vous les avez expliqués plus d’une fois et il en a abondamment été question sur les médias sociaux. Ce sera du cas par cas, mais nous n’excluons pas les poursuites » rapporte le lieutenant Laprise.

Sans présumer ou condamner à l’avance, la faute par omission ne passera sûrement pas comme une lettre à la poste, prévient-il.

Ce dernier rappelle que tous les chasseurs, sans exception, doivent s’assurer que le panache d’un jeune mâle compte au moins trois pointes d’un côté, pointes devant avoir une longueur minimale de 2,5 cm, avant de prendre le cerf pour cible.

« Abattre un mâle conventionnel de 4 pointes en pensant pouvoir plaider l’erreur ensuite, c’est risquer de s’attirer des problèmes. Ceux qui ne prennent pas le temps de bien identifier une bête avant d’ouvrir le feu ne pourront pas miser éternellement sur la tolérance ».

Même une fois complétée, la procédure d’enregistrement n’est pas une garantie que le titulaire du permis sera dispensé de tout autre contrôle.

« Les chasseurs ne doivent rien tenir pour acquis à cet effet puisque les anomalies ne nous sont pas signalées en temps réel par les préposés à l’enregistrement. Ces derniers ont la consigne de ne pas s’exposer aux situations tendues et de plutôt nous soumettre les cas complexes ou douteux », précise le porte-parole de l’équipe régionale de la protection de la faune.

En cas d’erreur, un chasseur doit apposer immédiatement son coupon de transport sur la bête abattue. Il perd dès lors son permis de chasse au gros gibier pour le reste de la saison.

« L’approche la plus sage est définitivement de prendre le temps de bien identifier sa cible et de s’assurer au départ d’avoir une bonne compréhension des règlements » insiste le lieutenant Laprise.

Les chasseurs ayant déjà récolté peuvent tout de même accompagner un autre chasseur à son poste d’affût, marcher pour essayer de l’avantager en rabattant vers lui ou être son complice de rattling ou de grunt. À condition de ne jamais porter d’arme.

Luc Larochelle
La dualité est si vite arrivée !

La dualité est si vite arrivée !

D’entrée de jeu, je vous confesse un bris d’engagement n’ayant toutefois rien à voir avec une quelconque faute réglementaire puisque ma chasse de dimanche dernier s’est déroulée en toute légalité. C’est juste que je n’ai pas pu m’empêcher...

Retour sur la chronique du 24 mai 2017, dans laquelle j’exprimais mes nobles intentions de m’en tenir à l’abattage d’un cerf sans bois si j’obtenais l’un des permis émis par tirage au sort. Je présentation  ce raisonnement comme un défi d’adaptation pour les chasseurs participant au programme expérimental de restriction de la taille légale des bois (RTLB) dans les zones 6 nord et 6 sud, dont je suis.

N’ayant pas été au nombre de gagnants l’an dernier, le dilemme ne s’est pas posé. Détenteur de l’un de ces permis, c’était différent cette année. 

Sauf que j’ai été confronté à la dualité. Une dualité si vite arrivée! 

En fait, je ne l’ai jamais entendue venir. Elle s’est pointée à ma gauche, le cou gonflé et bien entraîné en écorchant le bas des arbres pour marquer son territoire et sa réceptivité à engager le combat avec d’éventuels rivaux en prévision de la période d’accouplement.

Cette brève description en sous-entendus suffit pour que vous compreniez  que c’est un mâle, un beau, « un huit pointes de 173 lb », qui s’est offert en cible à une trentaine de mètres.

Bois trop dense et coin trop isolé pour transporter pommes ou carottes. Une belle swamp que j’aurais d’ailleurs contaminée et gaspillée avec une intrusion trop invasive. 

Alors, j’ai appliqué la méthode de chasse fine m’ayant rapporté si souvent : n’essaie pas de surprendre les chevreuils en marchant vers l’endroit où ils sont, devance-les là où ils vont, pour être aux aguets et à bon vent lorsqu’ils arriveront.

Il était 8 h 15, dimanche matin, lorsque Monsieur est apparu dans mon champ de vision. Bien que j’étais au sol, sans abri, juste fondu dans le décor au beau milieu de son dortoir, je n’ai jamais été détecté par ses radars. 

Ceux qui s’adonnent à ce type de chasse savent à quel point le coefficient est élevé. On rentre bredouille à la maison beaucoup plus souvent que triomphant d’avoir déjoué l’un de ces rusés. 

Estimant qu’en de telles circonstances la récompense serait méritée, j’avais pris la décision de ne pas « refuser » un mâle de qualité. J’ai savouré le moment et vous en souhaite autant d’ici la fin de la saison­.

Mais pourquoi ramener la question des permis spéciaux sur le tapis?

Uniquement pour rappeler leur raison d’être. Ils sont le mode de contingentement offrant le plus de souplesse pour réagir promptement aux facteurs externes influençant la croissance du cheptel, en particulier aux hivers très rigoureux qui peuvent causer une profonde trouée en seulement quelques mois. 

Lorsque la nature sévit, les gestionnaires fauniques lèvent le pied. Dans une conjoncture inverse, soit à la suite de quelques hivers successifs particulièrement cléments, une pression insuffisante sur les cerfs sans bois est susceptible d’entraîner une surabondance, en particulier dans les secteurs où la densité est déjà très élevée. 

D’où l’importance d’augmenter le taux d’utilisation des permis spéciaux, qui varie entre 35 et 45 % dans la zone 6 sud et n’atteint même pas 25 % dans la 6 nord, pour rendre cet outil de gestion plus précis et par le fait même plus efficace.

Sans que cette « partie du contrat social » devienne une obsession, il faut que la préoccupation soit partagée, qu’elle se discute et s’infiltre peu à peu dans nos pratiques.

Je suis le plus mal placé pour les leçons de moral ou vous imposer des restrictions. Je ne ressentais pas non plus le besoin de me justifier avec une mise en contexte, que certains percevront peut-être comme de la vantardise. 

 On discute. On jase tout simplement. On partage nos expériences sans prétention aucune, pour essayer de mieux comprendre et même d’anticiper l’évolution du programme expérimental qui multipliera les occasions de croiser et de récolter des mâles matures.

À mon tour, j’ai hâte de vous entendre ou de vous lire sur cette deuxième des cinq années du RTLB.

Luc Larochelle
La chasse aux âneries

Coureur des bois

La chasse aux âneries

Quiconque a déjà vu un orignal ravagé par le ver des méninges approuve le geste professionnel et humain de mettre fin à son calvaire. Ce parasite attaquant le cerveau, l’animal est désorienté, il perd peu à peu son instinct de survie jusqu’à devenir carrément apathique.

J’ai déjà rapporté des cas de ce genre en Estrie sans avoir jamais entendu le moindre reproche envers les agents de protection de la faune ayant abattu une bête à la suite d’un signalement.

Or, un bon gérant d’estrade a commenté sur les médias sociaux une vidéo ayant été tournée à Vallée-Jonction, en Beauce, en insinuant que c’est le garde-chasse « qui aurait mérité une balle entre les deux yeux » pour avoir agi de cette façon à l’égard d’un orignal qui, selon les gestionnaires fauniques, avait développé un comportement erratique à cause de cette maladie. 

J’appuie sans réserve la plainte logée à la Sûreté du Québec et défendue par le syndicat des agents de protection de la faune puisqu’en patrouille ou dans le cadre d’opérations planifiées, ces gardiens de l’ordre se retrouvent pratiquement toujours en présence de personnes armées. Davantage que les policiers, mêmes! C’est pourquoi ils doivent être protégés contre toutes les formes de menaces, sérieuses ou frivoles, explicites ou indirectes.

Au même titre que les policiers d’ailleurs, les agents de protection de la faune ont de plus en plus souvent à travailler en présence de témoins captant des images qui sont ensuite rendues publiques sans mise en contexte.

La faute n’est pas là, elle est dans la propension à rendre des jugements tranchants au mépris de la connaissance des faits. C’est un autre exemple de débordement sur les réseaux sociaux pour lequel il faut tracer des limites. 

Dans le même rayon, parlons de l’imposture commise avec la diffusion d’un message qui portait le logo du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) et qui annonçait une interdiction de chasse en Montérégie jusqu’à la fin de la saison au chevreuil, sous prétexte qu’il y avait eu prolifération de cas de cerfs atteints de la maladie débilitante chronique (MDC) dans ce secteur.

« FAUSSE NOUVELLE », ont vite rectifié les autorités provinciales après avoir été informées du canular qui avait été affiché sur un babillard de la Caisse populaire de Dunham.

« Une pareille initiative n’était pas souhaitable sur un sujet aussi sensible. Des vérifications sont effectuées, mais il ne sera pas aisé d’en découvrir la source », commente un porte-parole du ministère, Nicolas Bégin.

La province est toujours en alerte, redoutant une contamination du cheptel de chevreuils sauvages qui, fort heureusement, est toujours exempt de la MDC. Mais un troisième cas vient d’être confirmé au sein du troupeau de cerfs rouges d’une ferme d’élevage des Laurentides.

Autant la menace visant un agent de protection de la faune est à prendre au sérieux, autant le MFFP devrait se montrer déterminer à trouver l’auteur du document truqué s’avérant un méfait public, en se référant au Code criminel. 

Car, l’initiative visait délibérément à tromper, non seulement un agent de la paix pour l’envoyer sur une fausse piste d’enquête, mais à brimer des citoyens dûment autorisés à pratiquer la chasse, avec la conséquence possible d’engendrer d’inutiles conflits avec celles et ceux qui désapprouvent ce mode de gestion de la ressource faunique.

S’approprier la légitimité et la crédibilité du gouvernement dans une pareille situation de crise est un manque de jugement plus grave et encore moins tolérable.

J’ai songé à titrer cette chronique « La chasse aux cons ». Je me suis ravisé, car j’aurais ainsi propagé le mépris se cachant derrière les comportements dénoncés. 

En choisissant plutôt « La chasse aux âneries », je limite pour le moment mon jugement aux gestes, accordant à ceux ou celles qui les ont posés la possibilité de se justifier. Mais qu’on les force à s’assumer!

Luc Larochelle
Une armée de soldats pour surveiller les tiques

Coureur des bois

Une armée de soldats pour surveiller les tiques

CHRONIQUE / Randonneurs, chasseurs, travailleurs forestiers, en particulier ceux qui entrent dans le blitz de la récolte d’arbres de Noël, redoublez de vigilance. Nous sommes dans l’une des périodes où les tiques sont les plus assoiffées de sang.

« L’espèce la plus dangereuse pour l’humain, la tique à pattes noires, n’aime pas s’exposer au soleil et aux vents qui pourraient la cuire durant les températures chaudes. Elle suit également le cycle des mammifères, qui limitent leurs déplacements durant l’été et redeviennent plus actifs en automne, à l’approche de l’hiver » compare Jade Savage, docteure en biologie et membre du corps professoral de ce département à l’Université Bishop’s. 

À ce moment-ci de l’année, l’avantage est cependant de pouvoir facilement détecter des spécimens de taille adulte sur le corps ou dans la nuque alors qu’au printemps, les nymphes sont nombreuses et plus difficiles à voir à l’œil nu.

Tout en veillant à mieux se protéger individuellement, les Estriens sont invités à augmenter les bénéfices de cette surveillance collective en alimentant le site Etick.ca, l’outil avec lequel les scientifiques de Bishop’s colligent des signalements depuis le printemps 2017. 

Ils récoltent également des échantillons, qu’il s’agisse de tiques de la famille propageant la maladie de Lyme  ou de celle de la tique d’hiver, moins risquée pour les humains, mais qui a décimé le cheptel d’orignaux de l’Estrie et causé de lourdes pertes dans celui de la Nouvelle-Angleterre.

« L’armée de citoyens qui se déploie permet de quintupler et même décupler le nombre de techniciens que nous pourrions envoyer sur le terrain, y compris dans les secteurs moins fréquentés où nous n’aurions probablement jamais mis les pieds. Les gens peuvent nous communiquer un signalement en nous envoyant une photo ou l’insecte lui-même ».

Durant notre entretien, Mme Savage n’a eu aucune hésitation à prendre dans sa main une tique à pattes noires qu’un de ses collègues du campus a détachée de son chien quelques jours auparavant.

« Voyez, ses pattes bougent, elle est encore vivante. Elle ne mourra qu’après avoir converti ses réserves de sang en œufs, qu’elle pondra. Il faut faire attention en manipulant les tiques, mais elles ne sont pas des fauves affamés. Même pas un moustique pressé de vous piquer pour avoir de votre sang. L’humain n’est pas une cible naturelle par les tiques, seulement un accident. Oui, il faut gérer la menace. Mais il faut aussi briser la peur ». 

La scientifique affirme qu’une paille sectionnée, puis enrubannée aux deux extrémités, peut très bien servir de mode de transport, du bureau de poste jusqu’aux laboratoires. 

« Ça voyage dans une enveloppe et pour le prix d’une lettre alors que l’utilisation d’un contenant de plastique nécessitera un emballage plus coûteux à expédier. Nous voulons des photos et des tiques à longueur d’année en échange de l’engagement à transmettre les résultats de l’expertise à l’expéditeur, en lui précisant le groupe d’appartenance et toutes les nuances qui s’imposent. Nous éliminerons ainsi beaucoup de confusion, car la plupart des gens croient que toutes les 12 espèces de tiques répertoriées au Québec sont dangereuses. Or, ce n’est pas le cas ».

À partir de la collaboration citoyenne, les cartes disponibles sur Etick.ca (site bilingue) se remplissent peu à peu d’information pointue et à petite échelle. 

« Nous aurons ainsi d’ici quelques années un échantillonnage assez élaboré pour transmettre de l’information rigoureuse quant à la situation prévalant dans l’environnement de tel ou tel réseau de sentiers pédestres par rapport à d’autres », utilise comme exemple la professeure Savage afin de démontrer l’utilité qu’en retireront à leur tour les Estriens. 

Lancé avec un appui financier de 5000 $ de l’Université Bishop’s et de 20 000 $ du ministère de la Santé, voilà un autre projet effectuant beaucoup de chemin avec peu d’argent. 

La formule d’adhésion volontaire est similaire à celle qui permet au personnel de la Faune d’assurer une surveillance préventive continue sur la maladie débilitante du cerf (MDC) à partir des restes de bêtes récoltées par les chasseurs. Lorsqu’un cas de MDC a été déclaré dans une ferme d’élevage de cerfs rouges des Laurentides, il a été utile et rassurant pour tous d’apprendre qu’aucun des 1300 chevreuils de l’Estrie examinés depuis 10 ans n’était porteur de cette maladie hautement contagieuse.

Luc Larochelle
Le grand décompte sur l'île d'Anticosti

Le grand décompte sur l'île d'Anticosti

CHRONIQUE / C’est une année de recensement sur l’île d’Anticosti où les résultats de chasse viendront bonifier le travail des scientifiques ayant procédé au cours des derniers mois à un inventaire aérien ainsi qu’à la collecte de données sur le terrain afin de fixer le cheptel de chevreuils à la fin de l’automne.

Quand on se compare, on se console. Québec nous a promis deux inventaires rapprochés, un au début et l’autre à la fin du programme expérimental de protection des jeunes mâles mis à l’essai pour cinq ans dans les zones 6 sud et 6 nord de l’Estrie. Or, la dernière opération du genre remonte à 2005 à Anticosti.

Bien que les cerfs n’aient pas de prédateurs naturels sur l’île à l’exception des chasseurs, personne ne s’attend à une hausse des 166 000 bêtes estimées il y a une douzaine d’années.

« On pense plutôt entre 100 000 et 120 000, on verra. Nous aurons à tout le moins des données fraîches à fournir aux clients qui nous posent des questions après trois saisons difficiles au cours desquelles la récolte a chuté à 1,73 cerf/chasseur. Cette année, des signes encourageants donnent à penser que nous pourrons revenir au ratio plus normal de 1,85 cerf/chasseur » commente le responsable du service à la clientèle de la Sépaq Anticosti, Robin Plante.

Une prudence dictée par des hivers successifs éprouvants, un facteur de mortalité bien plus important que la récolte par les chasseurs. Celle-ci est passée de 8609 cerfs en 2005 à 6032 bêtes en 2017 sur les territoires de la Sépaq et des pourvoiries de l’île d’Anticosti.

Si les inventaires sont aussi rares, c’est qu’ils sont coûteux. Québec doit y consacrer trois quarts de million de dollars. Ce prix paraît exorbitant jusqu’à ce qu’on réalise que pour couvrir une superficie équivalente à celle de l’île, il faudrait recenser les chevreuils de Sherbrooke jusqu’à Lévis!

Le cheptel d’Anticosti n’est pas en danger, loin de là. Une séquence favorable de quelques hivers cléments, comme c’est le cas pour l’Estrie, provoquerait la même explosion que celle observée ici. Mais il était essentiel pour les dirigeants de la Sépaq Anticosti de connaître l’évolution réelle de la ressource.

« Le temps de savoir, l’offre de séjours a été quelque peu réduite afin de faire notre part en diminuant la pression de chasse » a précisé M. Plante lors d’une présentation à des chroniqueurs spécialisés invités sur l’île. J’étais du nombre.

L’image de prestige de l’île d’Anticosti de même que ses attraits naturels lui assurent toujours une bonne cote de popularité. N’en reste pas moins que le programme de restriction de la taille légale des bois (RTLB) expérimenté en Estrie fera naître de la concurrence à « l’île aux trophées ».

Le segment des mâles, le plus recherché, n’a représenté que 46 % de la récolte totale l’an dernier à Anticosti alors que ce ratio était de 54 % en 2005. Pendant ce temps en Estrie, bien que la protection des jeunes mâles ait obligé les chasseurs à se montrer plus sélectifs et qu’elle ait entraîné une baisse de 28 % de la récolte totale de cerfs à l’automne 2017, les mâles adultes ont tout de même représenté 44 % des bêtes abattus dans la zone 6 sud, où le projet RTLB en sera à sa deuxième année d’application. Cette proportion devrait augmenter car, à peine un an plus tard, le nombre de mâles arborant un panache convoité est déjà impressionnant sur les deux territoires désignés pour le RTLB.

On peut donc s’attendre à ce que le gouvernement provincial subisse d’énormes pressions au cours des prochaines années pour étendre ce mode de gestion aux autres régions du sud et du centre du Québec ainsi qu’à l’Outaouais, ce qui viendrait multiplier les opportunités d’une chasse de qualité à coûts moindres.

Conscients d’une possible évolution en ce sens de leur marché, les dirigeants de la Sépaq Anticosti entendent plus que jamais miser sur « l’expérience client ». Je vous en reparlerai, c’est tout simplement grisant.

Luc Larochelle
On tue la une!

On tue la une!

CHRONIQUE / La redoutable maladie débilitante du cerf (MDC) est entrée au Québec. Même si la première victime est un cerf d’élevage d’une ferme des Laurentides, une sérieuse menace pèse sur notre abondant cheptel de cerfs sauvages si les risques de propagation ne sont pas contrés rapidement et efficacement.

Il aura cependant suffi que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) évoque une possible interdiction de chasse localisée pour que la manchette se répande comme le scénario sombre d’une saison à oublier dans tout le Québec. Il n’en est rien

Chasseurs de l’Estrie, à vos armes : la saison de chasse à l’arc au chevreuil débutera, comme prévu, ce samedi dans la zone 4, et le samedi suivant dans les zones 6 nord et 6 sud. À moins d’une hécatombe et selon les variantes du calendrier de chasse, ce sera d’ailleurs le cas dans l’ensemble de la province à l’exception des zones 9 ouest et 10 est.

« S’il devait y avoir interdiction de chasse, elle ne frapperait pas l’entièreté de ces zones. Elle se limiterait au voisinage du secteur concerné afin de sécuriser ce périmètre et bien évaluer le rayon de propagation. Notre vigilance sera par contre renforcée dans l’ensemble du Québec pour être à l’affût du moindre signe de contamination », précise le porte-parole du MFFP, Nicolas Bégin

L’élevage de cerfs rouges étant considéré comme une production agricole, la filière administrative de l’Agriculture s’emploie de son côté à reconstituer le parcours de la bête infectée, son origine autant que ses déplacements, afin d’identifier d’autres points de vérification.

La maladie débilitante du cerf s’apparente à celle de la vache folle. Elle évolue lentement, mais les dommages causés au cerveau condamnent l’animal à une mort certaine.

« Une période de 18 à 48 mois peut s’écouler entre la contamination et l’apparition des symptômes. Les 9500 analyses effectuées de manière préventive au cours des dix dernières années sur des carcasses de cerfs de Virginie nous sécurisent par contre, puisqu’il n’y a encore jamais eu de cas en milieu naturel au Québec », précise M. Bégin.

« Le gouvernement du Québec n’a aucun intérêt à brimer les chasseurs puisqu’ils sont les précieux collaborateurs fournissant les bêtes à analyser. Nous partageons les préoccupations et nous souscrivons au devoir de vigilance. La transmission d’informations aux chasseurs ainsi qu’à la population en général est fondamentale afin de démontrer à quel point l’enjeu est grand », réagit pour sa part Alain Cossette, directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP).

L’information disponible sur le site mffp.gouv.qc.ca permet notamment d’apprendre que la Montérégie et l’Estrie sont les deux régions où ces vérifications ont été les plus fréquentes entre 2006 et 2017 puisqu’elles sont les plus propices à une contamination en provenance de la Nouvelle-Angleterre.

Le dernier cas de MDC répertorié avait été signalé en 2005 dans l’État de New York. Le plan d’intervention alors déployé par nos voisins américains a porté fruit.  

Le Québec a tout de même pris la décision d’interdire l’importation de carcasses de cerfs sur son territoire à moins que la tête n’en soit détachée. Auparavant, ce n’était qu’une formalité aux douanes canadiennes de rapporter une carcasse entière d’une excursion de chasse au Vermont ou au New Hampshire.

Le comportement grégaire des chevreuils ainsi que la forte densité de son cheptel font de l’Estrie un territoire à très haut risque. La vitesse de propagation de la grippe ou de la gastro chez les humains durant les rencontres familiales du temps des fêtes est une bonne façon de décrire le danger d’une possible épidémie.

Il n’est pas recommandé de manger la viande d’une bête qui est atteinte de la MDC. Comme rien ne porte à croire que ce soit le cas en Estrie ou ailleurs au Québec, les chasseurs n’ont pas à craindre de consommer la venaison rapportée.

Luc Larochelle
La pêche aux électeurs se poursuit

Coureur des bois

La pêche aux électeurs se poursuit

Les chasseurs et les pêcheurs du Québec ont droit de la part de certains partis à une attention n’ayant pas été aussi manifeste au cours des dernières campagnes provinciales. J’ai recensé les engagements annoncés ça et là en contactant les quatre principales formations politiques.

Sans favoritisme, simplement parce que la Coalition Avenir Québec (CAQ) a été la première à prendre le parti des pêcheurs en promettant de s’attaquer aux mesures restreignant l’accès aux plans d’eau, voici d’autres intentions de ce parti.

Un gouvernement de la CAQ se soucierait de moderniser le système de vente des permis en considérant la vente en ligne. Il s’inspirerait d’une pratique instaurée dans les ZECS pour offrir la gratuité aux moins de 17 ans pour la pêche ainsi que pour la chasse au petit gibier. 

D’autre part, le parti de François Legault veut mettre fin à la hausse jugée « exorbitante » des baux de villégiature décrétée par le gouvernement libéral et promet un examen rigoureux afin de déterminer si l’augmentation du prix des permis de pêche et de chasse est la principale cause de la baisse dans les ventes totales de permis.

Le Parti Québécois, lui, stimulerait le parrainage de la relève en offrant un rabais de 20 % sur le permis de pêche et de 50 % sur un permis de gros gibier au mentor d’une recrue. Il offrirait lui aussi la gratuité pour pêcher jusqu’à l’âge de 18 ans de même qu’au cours de l’année d’initiation à la chasse.

Avant de réviser la tarification des baux de villégiature, le PQ veut en doubler le nombre estimant que plus de Québécois devraient pouvoir profiter de telles opportunités à la suite de tirages au sort. Un gouvernement péquiste rétablirait une table de concertation qui aurait le mandat d’établir la juste tarification.

Sur la question de l’immatriculation des armes à feu, péquistes et caquistes se présentent en gardiens pour éviter de possibles dérives comme celle qui s’était produite avec l’ancien registre fédéral. Mais aucune des deux formations politiques va aussi loin que l’ex-premier ministre conservateur, Stephen Harper, qui a tenu sa promesse d’abolir le registre des armes d’épaule qu’il jugeait trop coûteux et inutile.

Le PQ serait cependant enclin à repousser la date limite du 22 janvier 2019 à partir de laquelle les délinquants à cette nouvelle réglementation provinciale seront passibles d’amende pouvant atteindre 5000 $.

Les caquistes rappellent que François Legault est le seul chef à avoir permis à ses députés de voter librement sur le projet d’immatriculation des armes. Le tiers des membres du caucus s’y est d’ailleurs opposé.

À cela, les libéraux rétorquent qu’au même titre que tous les autres chefs impliqués dans la présente campagne, M. Legault a voté en faveur de la Loi 64  dont le gouvernement sortant maintient le bien-fondé. Le contrôle instauré suivrait son cours sans remise en question à la suite d’une réélection des libéraux.

De la même façon, un gouvernement libéral poursuivrait le projet expérimental de chasse au cerf de Virginie mis à l’essai pour cinq ans en Estrie. La protection des jeunes mâles vise à rehausser la qualité de chasse avec la récolte prévisible d’ici quelques années de plus de mâles matures.  

Le programme RTLB (en référence aux restrictions sur la taille légale des bois imposées dans les zones 6 Nord et 6 Sud de la région) ne serait pas compromis par un changement de gouvernement. Caquistes ou péquistes n’en manifestent en tout cas aucunement l’intention pour le moment.

Le Parti libéral du Québec n’a communiqué aucun autre engagement, prétextant que c’est le chef Philippe Couillard qui pourrait le faire d’ici la fin de la campagne. La formation Québec solidaire a quant à elle décliné l’offre d’exposer sa vision de la chasse et de la pêche.

Luc Larochelle
Dans une rivière près de chez vous

COUREUR DES BOIS

Dans une rivière près de chez vous

CHRONIQUE / Ajoutez le nom de René Larochelle sur la liste de ceux qui peuvent témoigner que la rivière Saint-François renferme des trésors, lui qui a récemment ferré un doré de près de 5 kg (11 lb) lors d’une descente en canot entre East Angus et Sherbrooke.

Adepte de voyages en pourvoirie depuis de nombreuses années, le Coaticookois (lien d’amitié mais pas de parenté) a ainsi doublé le poids du plus gros doré qu’il a capturé dans le nord du Québec.

« Tu rêves à ça le jour où tu découvres la quantité et l’immensité des plans d’eau de Chibougamau, mais tu ne t’attends pas à vivre ces moments ici, en Estrie, presque dans ta cour » confie-t-il.

Les photos et les récits de pêcheurs publiés par le passé dans cette chronique, qui décrivaient de semblables captures durant la saison d’hiver au confluent des rivières Magog et Saint-François, en plein centre-ville de Sherbrooke, avaient surpris plusieurs pêcheurs ayant surtout retenu le caractère exceptionnel.  

Cette fois, c’est entre deux averses et en pleine canicule que le doré géant s’est rué sur un poisson-nageur.

« Chaleur ou pas, au gros soleil, peu importe. L’été, c’est le débit de la rivière qui est facteur de succès. Il faut qu’il soit lent », partage comme truc celui qui raffine ses observations avec ses compagnons d’expédition.

Sans filet, Jacques Paquette a dû improviser dans son rôle d’employé de soutien!

« J’ai saisi le poisson par la gueule dès que j’en ai eu l’occasion. Âgé ou exténué, il avait perdu pas mal de son énergie » décrit-il.

Le poisson a été mesuré (76 cm ou 30 pouces) avant d’être rapidement remis à l’eau et c’est en se référant à une charte sur le doré que son poids a été déterminé.

« Il s’agissait d’une belle grosse femelle. Un précieux géniteur comme ceux que nous avons déjà capturés dans des affluents de la Saint-François durant la fraye pour la récolte des œufs et l’élevage de jeunes dorés qui étaient par la suite relâchés en milieu naturel. J’aurais été curieux qu’on puisse déterminer l’âge de ce poisson » commente Pierre Létourneau, un ancien employé de la station piscicole de Baldwin ayant participé à plusieurs ensemencements de différentes espèces sportives dans les plans d’eau de la région.

M. Létourneau était du quatuor de pêcheurs qui effectuait la descente.

« La remise à l’eau est fondamentale pour conserver ce patrimoine faunique et l’expérience de pêche unique que nous offre la Saint-François », insiste René Larochelle, également pêcheur à la mouche à ses heures.

Les lois provinciales exigent d’ailleurs la remise à l’eau d’aussi gros dorés au sud comme dans la plupart des zones du nord de la province, justement pour protéger les reproducteurs. Seuls les dorés mesurant entre 37 et 53 cm peuvent être conservés.

Cette portion de la rivière Saint-François est propice à la capture d’achigans, à gué comme sur l’eau. La navigation facilite cependant l’accès aux fosses servant de refuge aux dorés.

Luc Larochelle
Le scoutisme montréalais

Coureur des bois

Le scoutisme montréalais

CHRONIQUE / Les risques sont moindres ces temps-ci, à Montréal, d’écoper d’une balle perdue lors d’un règlement de comptes entre motards ou d’être attaqué par des membres d’un gang de rue que de se retrouver face à un coyote agressif.

« La règle de base : on ne nourrit pas le coyote. On ne lui donne pas d’eau. Surtout on ne s’en approche pas pour prendre un selfie » a demandé mercredi matin à ses citoyens la mairesse Valérie Plante.

Le genre de consignes que l’animatrice d’une troupe de scouts élargit aux ours et aux ratons laveurs avant de sortir la marmaille pour une excursion de deux jours en forêt. Ce n’est pas un éloge à l’intelligence de masse.

Ce qu’il nous paraît idiot et stupide, le coyote de la bande dessinée des Looney Tunes incapable d’attraper Roadrunner. S’il avait été de l’époque des téléphones intelligents, peut-être aurait-il finalement réussi à mettre la main au collet du géocoucou en lui proposant un égoportrait.

Dans la vraie vie, les coyotes sont malins. Opportunistes, surtout. Comme le sont d’ailleurs tous les animaux sauvages ou domestiques. 

À part le pelage et les yeux, notre chatte n’a rien d’une panthère. Elle se colle et ronronne, une affection si généreuse qu’on l’interprète comme une éternelle reconnaissance.

Pas pantoute! 

Dès que l’estomac commence à crier famine, la convenance devient de l’impatience exprimée avec des miaulements insistants et insupportables. Pour acheter la paix et la faire taire, ma blonde s’empresse alors de remplir son bol...

Eh oui, notre coloc a dompté sa maîtresse. Elle l’a soumise à ses quatre volontés et cela, sans même avoir eu à menacer en sortant les crocs.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un coyote ben blood avec qui vous êtes presque copain un matin, mais qui revient de mauvais poil parce qu’affamé le lendemain? Au lieu d’être son pourvoyeur, son sauveur, vous devenez son concurrent pour de la bouffe rare.  

Ça ne se passe pas autrement dans l’univers de Bambi. Les plus gros cerfs, les mâles les plus costauds ou les femelles plus en muscles parce qu’elles n’allaitent pas de faons (les portées de deux sont fréquentes), mangent à leur appétit et leur façon d’écarter les autres du plat est beaucoup moins élégante que ses bonds gracieux,

Selon les statistiques compilées par le gouvernement provincial (voir tableau), les trappeurs capturent cinq à six fois plus de coyotes au Québec qu’il y a 30 ans. 

« Bon an mal, ma récolte de coyotes est toujours sensiblement la même. Cela traduit une certaine stabilité. Notre contribution à l’équilibre nous vaut malheureusement beaucoup plus d’ingratitude que de reconnaissance » déplore le trappeur d’expérience Laurent Cloutier.

Ayant gagné en popularité en Estrie, la chasse aux coyotes est une autre façon de tenir l’espèce à distance des zones urbaines. La récolte des chasseurs n’est toutefois pas comptabilisée

« Cessons tout prélèvement durant quelques années dans la région et je vous assure que le problème de coyotes vécu à Montréal ne tardera pas à se poser en périphérie de Sherbrooke » soutient le chasseur Simon St-Onge.

Rappelons qu’une meute de coyotes a été aperçue l’an dernier dans l’arrondissement de Fleurimont. N’ayant pas été revue depuis, tout porte à croire qu’elle ne s’est pas installée en permanence dans ce secteur malgré l’abondance de chevreuils, une des proies des canidés.

Le criminologue Rémi Boivin a ainsi imagé les disparités du niveau de criminalité entre les différents quartiers de Montréal : « Les cartes du crime, ce sont des cartes de l’activité humaine ».

De la même façon, les cartes de la menace animale sont des cartes de l’activité animale et suivant cette logique, l’instinct de survie passe bien avant les sentiments dans la cohabitation avec les humains.

À inscrire dans le prochain cours de scoutisme offert aux Montréalais.

Luc Larochelle
Le rationnel plutôt que l’interdit

Coureur des bois

Le rationnel plutôt que l’interdit

Ça fait mal au cœur d’associer le mot contamination au prestigieux lac Memphrémagog, si apprécié des villégiateurs et des pêcheurs.

Cette notoriété rendait évidemment le plan d’eau plus vulnérable à l’apparition de la moule zébrée, une crainte malheureusement confirmée par une étude de l’organisme Memphrémagog Conservation Inc.

Le risque de propagation augmente évidemment le coefficient de difficulté pour garder le lac Massawippi exempt d’une infestation. Mais comme entre 40 et 50 % des pêcheurs déplaçant leur embarcation du lac Massawippi au lac Memphrémagog (ou vice-versa) seraient de la région, il y a tout lieu de croire que ces derniers sont plus que jamais conscients du danger.

D’autre part, les pêcheurs ne sont pas les seuls usagers possiblement en cause. Cette contamination a très bien pu se produire aux rampes d’accès dont les barrières sont ouvertes plus longtemps que les stations de lavage ou lors de mises à l’eau très peu contrôlées sur l’une des 4000 propriétés riveraines se trouvant dans la portion canadienne du lac Memphrémagog. La plupart d’entre elles ont une rampe ou des équipements mécanisés de mise à l’eau.

De toute façon, à quoi bon chercher la brèche par laquelle la moule zébrée peut être entrée sachant que cela serait pratiquement impossible à prouver?  

Le président de l’Association des pêcheurs sportifs du Stéphan Bourgeois, ne voit plus l’utilité d’un lavage obligatoire à l’arrivée sur le Memphrémagog et suggère plutôt un lavage à la sortie.

C’est une idée qui mérite réflexion ainsi qu’une analyse des répercussions en pratique. Alors qu’on gagne de la clarté durant l’heure de pointe matinale aux stations de lavage, c’est l’inverse en fin de journée. Faudrait-il que chaque station de lavage se dote ou rehausse son système d’éclairage pour offrir un service efficace et diligent aux plaisanciers qui retardent leur retour pour assister au coucher de soleil sur le lac ou aux pêcheurs voulant bénéficier de la période productive de fin de journée? C’est à considérer.

Des plaidoyers préconisant l’interdiction de bateaux en fonction de la profondeur et de la dimension des lacs commencent par ailleurs à se faire entendre. Qu’on discute du type et de la puissance de moteurs autorisés en fonction de la capacité de support d’un plan d’eau, j’en suis. Mais tant que le rationnel a préséance sur l’interdit.

Comme parallèle, les municipalités s’entêtant à vouloir empêcher la chasse sur des territoires où l’activité s’y prête pourtant, s’enlisent souvent dans des guerres de principes et des conflits juridiques. À l’opposé, les villes comme Sherbrooke, qui ont trouvé une façon d’encadrer la pratique de chasse en autorisant le type d’armes convenant à un territoire donné, sont des modèles d’une gestion saine et équilibrée de la ressource faunique.

Une approche radicale qui viserait à écarter les pêcheurs ou à les confiner pourrait en faire des pitbulls et les probabilités de mordre la poussière seraient alors bien plus élevées que celles de réussir. Parlez-en aux législateurs qui sont retournés tête basse dans leur niche après avoir été incapables d’éliminer les chiens qu’ils estimaient trop dangereux.­..

Luc Larochelle
Une oasis pour les pêcheurs en période de canicule

Le coureur des bois

Une oasis pour les pêcheurs en période de canicule

Le secteur du lac au Sable de la réserve faunique de Mastigouche s’est avéré une oasis idéale pour affronter la canicule de la première semaine de juillet. La qualité de pêche nous a accordé beaucoup de temps pour la baignade sur une plage non moins exceptionnelle.

Invité par la Sépaq pour une pêche estivale en contexte familial, notre groupe comptait deux membres de la relève ainsi qu’une non-initiée,  le profil de clientèle à qui cette offre complémentaire est proposée dans un parc de chalets neufs constitué de cinq unités pour quatre personnes et d’une sixième, plus spacieuse, de trois chambres à coucher.

« Je m’étais répété en partant que je devais être patient pour en attraper une grosse », raconte fièrement Justin Caron, 11 ans, de Coaticook, qui n’a finalement pas tardé à nous barber avec une prise qui approchait les 900 grammes (près de 2 lb). Le cadet de l’équipe est celui qui a ramené la plus grosse truite.

Son frère Olivier, un footballeur de 14 ans, a sué à grosses gouttes pour obtenir
semblable récompense, lui qui s’était montré partant pour un portage de 90 minutes pour l’aller et presqu’autant au retour malgré la chaleur, afin d’atteindre le lac Anselme, un lac de tête qui accueillait cette semaine-là ses premiers pêcheurs.

« Je le referais sans hésiter. L’absence de signal internet m’ayant tenu loin de mon téléphone intelligent, j’ai savouré mon séjour au max ».

Des aveux d’adolescent à propos du sevrage technologique qui, je vous jure, n’ont pas été obtenus sous la menace de torture!

« Olivier tenait à vivre l’expérience d’un portage et je suis heureux qu’il nous ait été possible de le faire. Je craignais avant de partir que Justin, lui, en vienne à trouver le temps long à cause de la différence d’âge. Pas du tout, du temps, nous en avons manqué pour utiliser les kayaks ou les vélos qui étaient également à notre disposition. Vraiment, on ne pouvait espérer mieux » se réjouit Pierre, le paternel des Caron.

Chacun y trouve son plaisir, le gardien Pierre Dupuis étant généreux de ses conseils pour aider les pêcheurs à évaluer différentes options selon leur profil avant de se présenter au tirage au sort. Ce moment décisif l’oblige alors à la plus grande impartialité, car il détermine l’ordre pour le choix des lacs en prévision de la pêche du lendemain.

« Je n’imaginais pas une telle concentration de lacs aussi proches et aussi faciles d’accès pour pêcher. Quant à la plage, je n’en reviens toujours pas » retient Ghislaine Lampérière, pour qui cette première expérience a été grisante en pêchant notamment au lac du Gros Ours.

Le climatiseur naturel était effectivement devant le chalet. La plage du lac au Sable est immense et peu profonde sur les 50 ou 75 premiers mètres, jusqu’à la fosse prononcée que l’on suit naturellement comme pêcheurs pour trouver les mouchetées. Il est donc possible de s’avancer et de s’asseoir sur des chaises Adirondack en plastique directement dans le lac.

La grosse vie, sans avoir été pourchassés par les moustiques et sans avoir eu à s’inquiéter des sangsues, bien qu’on en retrouve dans ce plan d’eau. Les images de Google permettent de voir cette configuration particulière du haut des airs.

« Nous sommes vraiment choyés d’avoir autant à offrir. Les nouveaux chalets ont été placés sensiblement aux mêmes endroits que les précédents, sauf qu’ils ont été disposés de manière à offrir une meilleure vue sur le lac. L’ouverture décalée des plans d’eau, assurant que des lacs ouvrent seulement en juillet ou en août, reste garante d’un bon succès de pêche durant tout l’été. C’est sans doute pourquoi la majorité de nos clients se promettent de revenir », commente le directeur de la réserve Éric Harnois.

Nous aussi,chaleur ou pas.

Même que, la chaleur entre maintenant dans ma colonne des « plus » pour aller pêcher dans le secteur du lac au Sable...

Luc Larochelle
Plus de permis mais pas moins d’appréhension

Coureur des bois

Plus de permis mais pas moins d’appréhension

CHRONIQUE / Les 21 000 permis disponibles pour chasser le cerf sans bois l’automne prochain en Estrie ont trouvé preneur même si la demande a continué à croître moins rapidement que l’offre.

Les gestionnaires fauniques ont jugé nécessaire de délivrer 3500 permis supplémentaires cette année dans la région pour cette chasse contingentée. La Sépaq, qui coordonne le tirage au sort, a recensé 2164 inscriptions de plus que l’an dernier dans les zones 4, 6 Sud et 6 Nord.

Luc Larochelle
Incapacité à porter secours

Coureur des bois

Incapacité à porter secours

CHRONIQUE / Entre un rapport rappelant que 1,3 million d’enfants baignent dans la pauvreté au Canada et l’intransigeance d’un président ayant tardé à admettre que l’isolement des enfants était une sanction excessive contre les familles ne se conformant pas aux lois sur l’immigration dans son pays, le sort des tortues paraît assez superficiel.

Pourtant, si vous saviez à quel point j’aurais voulu éviter cette fin atroce à une migrante de la rivière Saint-François!

Luc Larochelle
LA CAQ se mouille... le gros orteil!

Coureur des bois

LA CAQ se mouille... le gros orteil!

CHRONIQUE / La Coalition Avenir Québec (CAQ) saute dans le bateau des pêcheurs de l’Estrie en promettant de s’attaquer à la tarification élevée imposée par les municipalités qui, selon elle, brime l’accès à une richesse collective.

Passé pratiquement inaperçu dans l’actualité nationale, cet engagement politique annoncé vendredi dernier est d’intérêt dans notre région. Les coûts d’utilisation des installations municipales permettant d’accéder aux lacs Memphrémagog et Massawippi ont notamment été majorés à la hausse dans le cadre d’un processus d’harmonisation orchestré par la MRC Memphrémagog.

Luc Larochelle
La présence intimidante des timides

Coureur des bois

La présence intimidante des timides

CHRONIQUE / Un pâté de maisons de quatre rues entouré de verdure et de forêt du secteur de Saint-Élie a été secoué cette semaine par l’arrivée d’un visiteur inopiné. Bien que la présence d’un ours noir en milieu habité soit toujours intimidante, de splendides photos prises par un citoyen, Luc Villemaire, montrent un animal calme et détendu n’ayant pas manifesté le moindre signe d’agressivité.

Opportuniste, l’ours s’est gavé dans des mangeoires d’oiseaux avant de s’offrir un repos. Il a été vu à quelques occasions, puis il a repris le chemin d’on ne sait où.

Luc Larochelle
La quiétude au lac Soucis

Coureur des bois

La quiétude au lac Soucis

CHRONIQUE / Un quatuor d’Estriens a été parmi les premiers clients à séjourner dans les nouveaux chalets offrant un décor de bord de mer dans la réserve faunique du Saint-Maurice. Manon Gagné et son conjoint Guy Bruneau, de Sherbrooke, de même que leurs amis Pierre et Luc Massé, de Windsor, sont rentrés satisfaits de leur voyage.

Plutôt que de reconstruire certains chalets qui étaient en fin de vie au lac Tousignant, la Sépaq a érigé deux de ses unités modernes le long du plan d’eau voisin, le lac Soucis, dont plusieurs grèves de sable sont dégagées. Les deux ont une plage privée.