Coureur des bois

Une armée de soldats pour surveiller les tiques

CHRONIQUE / Randonneurs, chasseurs, travailleurs forestiers, en particulier ceux qui entrent dans le blitz de la récolte d’arbres de Noël, redoublez de vigilance. Nous sommes dans l’une des périodes où les tiques sont les plus assoiffées de sang.

« L’espèce la plus dangereuse pour l’humain, la tique à pattes noires, n’aime pas s’exposer au soleil et aux vents qui pourraient la cuire durant les températures chaudes. Elle suit également le cycle des mammifères, qui limitent leurs déplacements durant l’été et redeviennent plus actifs en automne, à l’approche de l’hiver » compare Jade Savage, docteure en biologie et membre du corps professoral de ce département à l’Université Bishop’s. 

À ce moment-ci de l’année, l’avantage est cependant de pouvoir facilement détecter des spécimens de taille adulte sur le corps ou dans la nuque alors qu’au printemps, les nymphes sont nombreuses et plus difficiles à voir à l’œil nu.

Tout en veillant à mieux se protéger individuellement, les Estriens sont invités à augmenter les bénéfices de cette surveillance collective en alimentant le site Etick.ca, l’outil avec lequel les scientifiques de Bishop’s colligent des signalements depuis le printemps 2017. 

Ils récoltent également des échantillons, qu’il s’agisse de tiques de la famille propageant la maladie de Lyme  ou de celle de la tique d’hiver, moins risquée pour les humains, mais qui a décimé le cheptel d’orignaux de l’Estrie et causé de lourdes pertes dans celui de la Nouvelle-Angleterre.

« L’armée de citoyens qui se déploie permet de quintupler et même décupler le nombre de techniciens que nous pourrions envoyer sur le terrain, y compris dans les secteurs moins fréquentés où nous n’aurions probablement jamais mis les pieds. Les gens peuvent nous communiquer un signalement en nous envoyant une photo ou l’insecte lui-même ».

Durant notre entretien, Mme Savage n’a eu aucune hésitation à prendre dans sa main une tique à pattes noires qu’un de ses collègues du campus a détachée de son chien quelques jours auparavant.

« Voyez, ses pattes bougent, elle est encore vivante. Elle ne mourra qu’après avoir converti ses réserves de sang en œufs, qu’elle pondra. Il faut faire attention en manipulant les tiques, mais elles ne sont pas des fauves affamés. Même pas un moustique pressé de vous piquer pour avoir de votre sang. L’humain n’est pas une cible naturelle par les tiques, seulement un accident. Oui, il faut gérer la menace. Mais il faut aussi briser la peur ». 

La scientifique affirme qu’une paille sectionnée, puis enrubannée aux deux extrémités, peut très bien servir de mode de transport, du bureau de poste jusqu’aux laboratoires. 

« Ça voyage dans une enveloppe et pour le prix d’une lettre alors que l’utilisation d’un contenant de plastique nécessitera un emballage plus coûteux à expédier. Nous voulons des photos et des tiques à longueur d’année en échange de l’engagement à transmettre les résultats de l’expertise à l’expéditeur, en lui précisant le groupe d’appartenance et toutes les nuances qui s’imposent. Nous éliminerons ainsi beaucoup de confusion, car la plupart des gens croient que toutes les 12 espèces de tiques répertoriées au Québec sont dangereuses. Or, ce n’est pas le cas ».

À partir de la collaboration citoyenne, les cartes disponibles sur Etick.ca (site bilingue) se remplissent peu à peu d’information pointue et à petite échelle. 

« Nous aurons ainsi d’ici quelques années un échantillonnage assez élaboré pour transmettre de l’information rigoureuse quant à la situation prévalant dans l’environnement de tel ou tel réseau de sentiers pédestres par rapport à d’autres », utilise comme exemple la professeure Savage afin de démontrer l’utilité qu’en retireront à leur tour les Estriens. 

Lancé avec un appui financier de 5000 $ de l’Université Bishop’s et de 20 000 $ du ministère de la Santé, voilà un autre projet effectuant beaucoup de chemin avec peu d’argent. 

La formule d’adhésion volontaire est similaire à celle qui permet au personnel de la Faune d’assurer une surveillance préventive continue sur la maladie débilitante du cerf (MDC) à partir des restes de bêtes récoltées par les chasseurs. Lorsqu’un cas de MDC a été déclaré dans une ferme d’élevage de cerfs rouges des Laurentides, il a été utile et rassurant pour tous d’apprendre qu’aucun des 1300 chevreuils de l’Estrie examinés depuis 10 ans n’était porteur de cette maladie hautement contagieuse.

Le grand décompte sur l'île d'Anticosti

CHRONIQUE / C’est une année de recensement sur l’île d’Anticosti où les résultats de chasse viendront bonifier le travail des scientifiques ayant procédé au cours des derniers mois à un inventaire aérien ainsi qu’à la collecte de données sur le terrain afin de fixer le cheptel de chevreuils à la fin de l’automne.

Quand on se compare, on se console. Québec nous a promis deux inventaires rapprochés, un au début et l’autre à la fin du programme expérimental de protection des jeunes mâles mis à l’essai pour cinq ans dans les zones 6 sud et 6 nord de l’Estrie. Or, la dernière opération du genre remonte à 2005 à Anticosti.

Bien que les cerfs n’aient pas de prédateurs naturels sur l’île à l’exception des chasseurs, personne ne s’attend à une hausse des 166 000 bêtes estimées il y a une douzaine d’années.

« On pense plutôt entre 100 000 et 120 000, on verra. Nous aurons à tout le moins des données fraîches à fournir aux clients qui nous posent des questions après trois saisons difficiles au cours desquelles la récolte a chuté à 1,73 cerf/chasseur. Cette année, des signes encourageants donnent à penser que nous pourrons revenir au ratio plus normal de 1,85 cerf/chasseur » commente le responsable du service à la clientèle de la Sépaq Anticosti, Robin Plante.

Une prudence dictée par des hivers successifs éprouvants, un facteur de mortalité bien plus important que la récolte par les chasseurs. Celle-ci est passée de 8609 cerfs en 2005 à 6032 bêtes en 2017 sur les territoires de la Sépaq et des pourvoiries de l’île d’Anticosti.

Si les inventaires sont aussi rares, c’est qu’ils sont coûteux. Québec doit y consacrer trois quarts de million de dollars. Ce prix paraît exorbitant jusqu’à ce qu’on réalise que pour couvrir une superficie équivalente à celle de l’île, il faudrait recenser les chevreuils de Sherbrooke jusqu’à Lévis!

Le cheptel d’Anticosti n’est pas en danger, loin de là. Une séquence favorable de quelques hivers cléments, comme c’est le cas pour l’Estrie, provoquerait la même explosion que celle observée ici. Mais il était essentiel pour les dirigeants de la Sépaq Anticosti de connaître l’évolution réelle de la ressource.

« Le temps de savoir, l’offre de séjours a été quelque peu réduite afin de faire notre part en diminuant la pression de chasse » a précisé M. Plante lors d’une présentation à des chroniqueurs spécialisés invités sur l’île. J’étais du nombre.

L’image de prestige de l’île d’Anticosti de même que ses attraits naturels lui assurent toujours une bonne cote de popularité. N’en reste pas moins que le programme de restriction de la taille légale des bois (RTLB) expérimenté en Estrie fera naître de la concurrence à « l’île aux trophées ».

Le segment des mâles, le plus recherché, n’a représenté que 46 % de la récolte totale l’an dernier à Anticosti alors que ce ratio était de 54 % en 2005. Pendant ce temps en Estrie, bien que la protection des jeunes mâles ait obligé les chasseurs à se montrer plus sélectifs et qu’elle ait entraîné une baisse de 28 % de la récolte totale de cerfs à l’automne 2017, les mâles adultes ont tout de même représenté 44 % des bêtes abattus dans la zone 6 sud, où le projet RTLB en sera à sa deuxième année d’application. Cette proportion devrait augmenter car, à peine un an plus tard, le nombre de mâles arborant un panache convoité est déjà impressionnant sur les deux territoires désignés pour le RTLB.

On peut donc s’attendre à ce que le gouvernement provincial subisse d’énormes pressions au cours des prochaines années pour étendre ce mode de gestion aux autres régions du sud et du centre du Québec ainsi qu’à l’Outaouais, ce qui viendrait multiplier les opportunités d’une chasse de qualité à coûts moindres.

Conscients d’une possible évolution en ce sens de leur marché, les dirigeants de la Sépaq Anticosti entendent plus que jamais miser sur « l’expérience client ». Je vous en reparlerai, c’est tout simplement grisant.

On tue la une!

CHRONIQUE / La redoutable maladie débilitante du cerf (MDC) est entrée au Québec. Même si la première victime est un cerf d’élevage d’une ferme des Laurentides, une sérieuse menace pèse sur notre abondant cheptel de cerfs sauvages si les risques de propagation ne sont pas contrés rapidement et efficacement.

Il aura cependant suffi que le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) évoque une possible interdiction de chasse localisée pour que la manchette se répande comme le scénario sombre d’une saison à oublier dans tout le Québec. Il n’en est rien

Chasseurs de l’Estrie, à vos armes : la saison de chasse à l’arc au chevreuil débutera, comme prévu, ce samedi dans la zone 4, et le samedi suivant dans les zones 6 nord et 6 sud. À moins d’une hécatombe et selon les variantes du calendrier de chasse, ce sera d’ailleurs le cas dans l’ensemble de la province à l’exception des zones 9 ouest et 10 est.

« S’il devait y avoir interdiction de chasse, elle ne frapperait pas l’entièreté de ces zones. Elle se limiterait au voisinage du secteur concerné afin de sécuriser ce périmètre et bien évaluer le rayon de propagation. Notre vigilance sera par contre renforcée dans l’ensemble du Québec pour être à l’affût du moindre signe de contamination », précise le porte-parole du MFFP, Nicolas Bégin

L’élevage de cerfs rouges étant considéré comme une production agricole, la filière administrative de l’Agriculture s’emploie de son côté à reconstituer le parcours de la bête infectée, son origine autant que ses déplacements, afin d’identifier d’autres points de vérification.

La maladie débilitante du cerf s’apparente à celle de la vache folle. Elle évolue lentement, mais les dommages causés au cerveau condamnent l’animal à une mort certaine.

« Une période de 18 à 48 mois peut s’écouler entre la contamination et l’apparition des symptômes. Les 9500 analyses effectuées de manière préventive au cours des dix dernières années sur des carcasses de cerfs de Virginie nous sécurisent par contre, puisqu’il n’y a encore jamais eu de cas en milieu naturel au Québec », précise M. Bégin.

« Le gouvernement du Québec n’a aucun intérêt à brimer les chasseurs puisqu’ils sont les précieux collaborateurs fournissant les bêtes à analyser. Nous partageons les préoccupations et nous souscrivons au devoir de vigilance. La transmission d’informations aux chasseurs ainsi qu’à la population en général est fondamentale afin de démontrer à quel point l’enjeu est grand », réagit pour sa part Alain Cossette, directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FédéCP).

L’information disponible sur le site mffp.gouv.qc.ca permet notamment d’apprendre que la Montérégie et l’Estrie sont les deux régions où ces vérifications ont été les plus fréquentes entre 2006 et 2017 puisqu’elles sont les plus propices à une contamination en provenance de la Nouvelle-Angleterre.

Le dernier cas de MDC répertorié avait été signalé en 2005 dans l’État de New York. Le plan d’intervention alors déployé par nos voisins américains a porté fruit.  

Le Québec a tout de même pris la décision d’interdire l’importation de carcasses de cerfs sur son territoire à moins que la tête n’en soit détachée. Auparavant, ce n’était qu’une formalité aux douanes canadiennes de rapporter une carcasse entière d’une excursion de chasse au Vermont ou au New Hampshire.

Le comportement grégaire des chevreuils ainsi que la forte densité de son cheptel font de l’Estrie un territoire à très haut risque. La vitesse de propagation de la grippe ou de la gastro chez les humains durant les rencontres familiales du temps des fêtes est une bonne façon de décrire le danger d’une possible épidémie.

Il n’est pas recommandé de manger la viande d’une bête qui est atteinte de la MDC. Comme rien ne porte à croire que ce soit le cas en Estrie ou ailleurs au Québec, les chasseurs n’ont pas à craindre de consommer la venaison rapportée.

Coureur des bois

La pêche aux électeurs se poursuit

Les chasseurs et les pêcheurs du Québec ont droit de la part de certains partis à une attention n’ayant pas été aussi manifeste au cours des dernières campagnes provinciales. J’ai recensé les engagements annoncés ça et là en contactant les quatre principales formations politiques.

Sans favoritisme, simplement parce que la Coalition Avenir Québec (CAQ) a été la première à prendre le parti des pêcheurs en promettant de s’attaquer aux mesures restreignant l’accès aux plans d’eau, voici d’autres intentions de ce parti.

Un gouvernement de la CAQ se soucierait de moderniser le système de vente des permis en considérant la vente en ligne. Il s’inspirerait d’une pratique instaurée dans les ZECS pour offrir la gratuité aux moins de 17 ans pour la pêche ainsi que pour la chasse au petit gibier. 

D’autre part, le parti de François Legault veut mettre fin à la hausse jugée « exorbitante » des baux de villégiature décrétée par le gouvernement libéral et promet un examen rigoureux afin de déterminer si l’augmentation du prix des permis de pêche et de chasse est la principale cause de la baisse dans les ventes totales de permis.

Le Parti Québécois, lui, stimulerait le parrainage de la relève en offrant un rabais de 20 % sur le permis de pêche et de 50 % sur un permis de gros gibier au mentor d’une recrue. Il offrirait lui aussi la gratuité pour pêcher jusqu’à l’âge de 18 ans de même qu’au cours de l’année d’initiation à la chasse.

Avant de réviser la tarification des baux de villégiature, le PQ veut en doubler le nombre estimant que plus de Québécois devraient pouvoir profiter de telles opportunités à la suite de tirages au sort. Un gouvernement péquiste rétablirait une table de concertation qui aurait le mandat d’établir la juste tarification.

Sur la question de l’immatriculation des armes à feu, péquistes et caquistes se présentent en gardiens pour éviter de possibles dérives comme celle qui s’était produite avec l’ancien registre fédéral. Mais aucune des deux formations politiques va aussi loin que l’ex-premier ministre conservateur, Stephen Harper, qui a tenu sa promesse d’abolir le registre des armes d’épaule qu’il jugeait trop coûteux et inutile.

Le PQ serait cependant enclin à repousser la date limite du 22 janvier 2019 à partir de laquelle les délinquants à cette nouvelle réglementation provinciale seront passibles d’amende pouvant atteindre 5000 $.

Les caquistes rappellent que François Legault est le seul chef à avoir permis à ses députés de voter librement sur le projet d’immatriculation des armes. Le tiers des membres du caucus s’y est d’ailleurs opposé.

À cela, les libéraux rétorquent qu’au même titre que tous les autres chefs impliqués dans la présente campagne, M. Legault a voté en faveur de la Loi 64  dont le gouvernement sortant maintient le bien-fondé. Le contrôle instauré suivrait son cours sans remise en question à la suite d’une réélection des libéraux.

De la même façon, un gouvernement libéral poursuivrait le projet expérimental de chasse au cerf de Virginie mis à l’essai pour cinq ans en Estrie. La protection des jeunes mâles vise à rehausser la qualité de chasse avec la récolte prévisible d’ici quelques années de plus de mâles matures.  

Le programme RTLB (en référence aux restrictions sur la taille légale des bois imposées dans les zones 6 Nord et 6 Sud de la région) ne serait pas compromis par un changement de gouvernement. Caquistes ou péquistes n’en manifestent en tout cas aucunement l’intention pour le moment.

Le Parti libéral du Québec n’a communiqué aucun autre engagement, prétextant que c’est le chef Philippe Couillard qui pourrait le faire d’ici la fin de la campagne. La formation Québec solidaire a quant à elle décliné l’offre d’exposer sa vision de la chasse et de la pêche.

COUREUR DES BOIS

Dans une rivière près de chez vous

CHRONIQUE / Ajoutez le nom de René Larochelle sur la liste de ceux qui peuvent témoigner que la rivière Saint-François renferme des trésors, lui qui a récemment ferré un doré de près de 5 kg (11 lb) lors d’une descente en canot entre East Angus et Sherbrooke.

Adepte de voyages en pourvoirie depuis de nombreuses années, le Coaticookois (lien d’amitié mais pas de parenté) a ainsi doublé le poids du plus gros doré qu’il a capturé dans le nord du Québec.

« Tu rêves à ça le jour où tu découvres la quantité et l’immensité des plans d’eau de Chibougamau, mais tu ne t’attends pas à vivre ces moments ici, en Estrie, presque dans ta cour » confie-t-il.

Les photos et les récits de pêcheurs publiés par le passé dans cette chronique, qui décrivaient de semblables captures durant la saison d’hiver au confluent des rivières Magog et Saint-François, en plein centre-ville de Sherbrooke, avaient surpris plusieurs pêcheurs ayant surtout retenu le caractère exceptionnel.  

Cette fois, c’est entre deux averses et en pleine canicule que le doré géant s’est rué sur un poisson-nageur.

« Chaleur ou pas, au gros soleil, peu importe. L’été, c’est le débit de la rivière qui est facteur de succès. Il faut qu’il soit lent », partage comme truc celui qui raffine ses observations avec ses compagnons d’expédition.

Sans filet, Jacques Paquette a dû improviser dans son rôle d’employé de soutien!

« J’ai saisi le poisson par la gueule dès que j’en ai eu l’occasion. Âgé ou exténué, il avait perdu pas mal de son énergie » décrit-il.

Le poisson a été mesuré (76 cm ou 30 pouces) avant d’être rapidement remis à l’eau et c’est en se référant à une charte sur le doré que son poids a été déterminé.

« Il s’agissait d’une belle grosse femelle. Un précieux géniteur comme ceux que nous avons déjà capturés dans des affluents de la Saint-François durant la fraye pour la récolte des œufs et l’élevage de jeunes dorés qui étaient par la suite relâchés en milieu naturel. J’aurais été curieux qu’on puisse déterminer l’âge de ce poisson » commente Pierre Létourneau, un ancien employé de la station piscicole de Baldwin ayant participé à plusieurs ensemencements de différentes espèces sportives dans les plans d’eau de la région.

M. Létourneau était du quatuor de pêcheurs qui effectuait la descente.

« La remise à l’eau est fondamentale pour conserver ce patrimoine faunique et l’expérience de pêche unique que nous offre la Saint-François », insiste René Larochelle, également pêcheur à la mouche à ses heures.

Les lois provinciales exigent d’ailleurs la remise à l’eau d’aussi gros dorés au sud comme dans la plupart des zones du nord de la province, justement pour protéger les reproducteurs. Seuls les dorés mesurant entre 37 et 53 cm peuvent être conservés.

Cette portion de la rivière Saint-François est propice à la capture d’achigans, à gué comme sur l’eau. La navigation facilite cependant l’accès aux fosses servant de refuge aux dorés.

Coureur des bois

Le scoutisme montréalais

CHRONIQUE / Les risques sont moindres ces temps-ci, à Montréal, d’écoper d’une balle perdue lors d’un règlement de comptes entre motards ou d’être attaqué par des membres d’un gang de rue que de se retrouver face à un coyote agressif.

« La règle de base : on ne nourrit pas le coyote. On ne lui donne pas d’eau. Surtout on ne s’en approche pas pour prendre un selfie » a demandé mercredi matin à ses citoyens la mairesse Valérie Plante.

Le genre de consignes que l’animatrice d’une troupe de scouts élargit aux ours et aux ratons laveurs avant de sortir la marmaille pour une excursion de deux jours en forêt. Ce n’est pas un éloge à l’intelligence de masse.

Ce qu’il nous paraît idiot et stupide, le coyote de la bande dessinée des Looney Tunes incapable d’attraper Roadrunner. S’il avait été de l’époque des téléphones intelligents, peut-être aurait-il finalement réussi à mettre la main au collet du géocoucou en lui proposant un égoportrait.

Dans la vraie vie, les coyotes sont malins. Opportunistes, surtout. Comme le sont d’ailleurs tous les animaux sauvages ou domestiques. 

À part le pelage et les yeux, notre chatte n’a rien d’une panthère. Elle se colle et ronronne, une affection si généreuse qu’on l’interprète comme une éternelle reconnaissance.

Pas pantoute! 

Dès que l’estomac commence à crier famine, la convenance devient de l’impatience exprimée avec des miaulements insistants et insupportables. Pour acheter la paix et la faire taire, ma blonde s’empresse alors de remplir son bol...

Eh oui, notre coloc a dompté sa maîtresse. Elle l’a soumise à ses quatre volontés et cela, sans même avoir eu à menacer en sortant les crocs.

Qu’est-ce qui se passe dans la tête d’un coyote ben blood avec qui vous êtes presque copain un matin, mais qui revient de mauvais poil parce qu’affamé le lendemain? Au lieu d’être son pourvoyeur, son sauveur, vous devenez son concurrent pour de la bouffe rare.  

Ça ne se passe pas autrement dans l’univers de Bambi. Les plus gros cerfs, les mâles les plus costauds ou les femelles plus en muscles parce qu’elles n’allaitent pas de faons (les portées de deux sont fréquentes), mangent à leur appétit et leur façon d’écarter les autres du plat est beaucoup moins élégante que ses bonds gracieux,

Selon les statistiques compilées par le gouvernement provincial (voir tableau), les trappeurs capturent cinq à six fois plus de coyotes au Québec qu’il y a 30 ans. 

« Bon an mal, ma récolte de coyotes est toujours sensiblement la même. Cela traduit une certaine stabilité. Notre contribution à l’équilibre nous vaut malheureusement beaucoup plus d’ingratitude que de reconnaissance » déplore le trappeur d’expérience Laurent Cloutier.

Ayant gagné en popularité en Estrie, la chasse aux coyotes est une autre façon de tenir l’espèce à distance des zones urbaines. La récolte des chasseurs n’est toutefois pas comptabilisée

« Cessons tout prélèvement durant quelques années dans la région et je vous assure que le problème de coyotes vécu à Montréal ne tardera pas à se poser en périphérie de Sherbrooke » soutient le chasseur Simon St-Onge.

Rappelons qu’une meute de coyotes a été aperçue l’an dernier dans l’arrondissement de Fleurimont. N’ayant pas été revue depuis, tout porte à croire qu’elle ne s’est pas installée en permanence dans ce secteur malgré l’abondance de chevreuils, une des proies des canidés.

Le criminologue Rémi Boivin a ainsi imagé les disparités du niveau de criminalité entre les différents quartiers de Montréal : « Les cartes du crime, ce sont des cartes de l’activité humaine ».

De la même façon, les cartes de la menace animale sont des cartes de l’activité animale et suivant cette logique, l’instinct de survie passe bien avant les sentiments dans la cohabitation avec les humains.

À inscrire dans le prochain cours de scoutisme offert aux Montréalais.

Coureur des bois

Le rationnel plutôt que l’interdit

Ça fait mal au cœur d’associer le mot contamination au prestigieux lac Memphrémagog, si apprécié des villégiateurs et des pêcheurs.

Cette notoriété rendait évidemment le plan d’eau plus vulnérable à l’apparition de la moule zébrée, une crainte malheureusement confirmée par une étude de l’organisme Memphrémagog Conservation Inc.

Le risque de propagation augmente évidemment le coefficient de difficulté pour garder le lac Massawippi exempt d’une infestation. Mais comme entre 40 et 50 % des pêcheurs déplaçant leur embarcation du lac Massawippi au lac Memphrémagog (ou vice-versa) seraient de la région, il y a tout lieu de croire que ces derniers sont plus que jamais conscients du danger.

D’autre part, les pêcheurs ne sont pas les seuls usagers possiblement en cause. Cette contamination a très bien pu se produire aux rampes d’accès dont les barrières sont ouvertes plus longtemps que les stations de lavage ou lors de mises à l’eau très peu contrôlées sur l’une des 4000 propriétés riveraines se trouvant dans la portion canadienne du lac Memphrémagog. La plupart d’entre elles ont une rampe ou des équipements mécanisés de mise à l’eau.

De toute façon, à quoi bon chercher la brèche par laquelle la moule zébrée peut être entrée sachant que cela serait pratiquement impossible à prouver?  

Le président de l’Association des pêcheurs sportifs du Stéphan Bourgeois, ne voit plus l’utilité d’un lavage obligatoire à l’arrivée sur le Memphrémagog et suggère plutôt un lavage à la sortie.

C’est une idée qui mérite réflexion ainsi qu’une analyse des répercussions en pratique. Alors qu’on gagne de la clarté durant l’heure de pointe matinale aux stations de lavage, c’est l’inverse en fin de journée. Faudrait-il que chaque station de lavage se dote ou rehausse son système d’éclairage pour offrir un service efficace et diligent aux plaisanciers qui retardent leur retour pour assister au coucher de soleil sur le lac ou aux pêcheurs voulant bénéficier de la période productive de fin de journée? C’est à considérer.

Des plaidoyers préconisant l’interdiction de bateaux en fonction de la profondeur et de la dimension des lacs commencent par ailleurs à se faire entendre. Qu’on discute du type et de la puissance de moteurs autorisés en fonction de la capacité de support d’un plan d’eau, j’en suis. Mais tant que le rationnel a préséance sur l’interdit.

Comme parallèle, les municipalités s’entêtant à vouloir empêcher la chasse sur des territoires où l’activité s’y prête pourtant, s’enlisent souvent dans des guerres de principes et des conflits juridiques. À l’opposé, les villes comme Sherbrooke, qui ont trouvé une façon d’encadrer la pratique de chasse en autorisant le type d’armes convenant à un territoire donné, sont des modèles d’une gestion saine et équilibrée de la ressource faunique.

Une approche radicale qui viserait à écarter les pêcheurs ou à les confiner pourrait en faire des pitbulls et les probabilités de mordre la poussière seraient alors bien plus élevées que celles de réussir. Parlez-en aux législateurs qui sont retournés tête basse dans leur niche après avoir été incapables d’éliminer les chiens qu’ils estimaient trop dangereux.­..

Le coureur des bois

Une oasis pour les pêcheurs en période de canicule

Le secteur du lac au Sable de la réserve faunique de Mastigouche s’est avéré une oasis idéale pour affronter la canicule de la première semaine de juillet. La qualité de pêche nous a accordé beaucoup de temps pour la baignade sur une plage non moins exceptionnelle.

Invité par la Sépaq pour une pêche estivale en contexte familial, notre groupe comptait deux membres de la relève ainsi qu’une non-initiée,  le profil de clientèle à qui cette offre complémentaire est proposée dans un parc de chalets neufs constitué de cinq unités pour quatre personnes et d’une sixième, plus spacieuse, de trois chambres à coucher.

« Je m’étais répété en partant que je devais être patient pour en attraper une grosse », raconte fièrement Justin Caron, 11 ans, de Coaticook, qui n’a finalement pas tardé à nous barber avec une prise qui approchait les 900 grammes (près de 2 lb). Le cadet de l’équipe est celui qui a ramené la plus grosse truite.

Son frère Olivier, un footballeur de 14 ans, a sué à grosses gouttes pour obtenir
semblable récompense, lui qui s’était montré partant pour un portage de 90 minutes pour l’aller et presqu’autant au retour malgré la chaleur, afin d’atteindre le lac Anselme, un lac de tête qui accueillait cette semaine-là ses premiers pêcheurs.

« Je le referais sans hésiter. L’absence de signal internet m’ayant tenu loin de mon téléphone intelligent, j’ai savouré mon séjour au max ».

Des aveux d’adolescent à propos du sevrage technologique qui, je vous jure, n’ont pas été obtenus sous la menace de torture!

« Olivier tenait à vivre l’expérience d’un portage et je suis heureux qu’il nous ait été possible de le faire. Je craignais avant de partir que Justin, lui, en vienne à trouver le temps long à cause de la différence d’âge. Pas du tout, du temps, nous en avons manqué pour utiliser les kayaks ou les vélos qui étaient également à notre disposition. Vraiment, on ne pouvait espérer mieux » se réjouit Pierre, le paternel des Caron.

Chacun y trouve son plaisir, le gardien Pierre Dupuis étant généreux de ses conseils pour aider les pêcheurs à évaluer différentes options selon leur profil avant de se présenter au tirage au sort. Ce moment décisif l’oblige alors à la plus grande impartialité, car il détermine l’ordre pour le choix des lacs en prévision de la pêche du lendemain.

« Je n’imaginais pas une telle concentration de lacs aussi proches et aussi faciles d’accès pour pêcher. Quant à la plage, je n’en reviens toujours pas » retient Ghislaine Lampérière, pour qui cette première expérience a été grisante en pêchant notamment au lac du Gros Ours.

Le climatiseur naturel était effectivement devant le chalet. La plage du lac au Sable est immense et peu profonde sur les 50 ou 75 premiers mètres, jusqu’à la fosse prononcée que l’on suit naturellement comme pêcheurs pour trouver les mouchetées. Il est donc possible de s’avancer et de s’asseoir sur des chaises Adirondack en plastique directement dans le lac.

La grosse vie, sans avoir été pourchassés par les moustiques et sans avoir eu à s’inquiéter des sangsues, bien qu’on en retrouve dans ce plan d’eau. Les images de Google permettent de voir cette configuration particulière du haut des airs.

« Nous sommes vraiment choyés d’avoir autant à offrir. Les nouveaux chalets ont été placés sensiblement aux mêmes endroits que les précédents, sauf qu’ils ont été disposés de manière à offrir une meilleure vue sur le lac. L’ouverture décalée des plans d’eau, assurant que des lacs ouvrent seulement en juillet ou en août, reste garante d’un bon succès de pêche durant tout l’été. C’est sans doute pourquoi la majorité de nos clients se promettent de revenir », commente le directeur de la réserve Éric Harnois.

Nous aussi,chaleur ou pas.

Même que, la chaleur entre maintenant dans ma colonne des « plus » pour aller pêcher dans le secteur du lac au Sable...

Coureur des bois

Plus de permis mais pas moins d’appréhension

CHRONIQUE / Les 21 000 permis disponibles pour chasser le cerf sans bois l’automne prochain en Estrie ont trouvé preneur même si la demande a continué à croître moins rapidement que l’offre.

Les gestionnaires fauniques ont jugé nécessaire de délivrer 3500 permis supplémentaires cette année dans la région pour cette chasse contingentée. La Sépaq, qui coordonne le tirage au sort, a recensé 2164 inscriptions de plus que l’an dernier dans les zones 4, 6 Sud et 6 Nord.

Coureur des bois

Incapacité à porter secours

CHRONIQUE / Entre un rapport rappelant que 1,3 million d’enfants baignent dans la pauvreté au Canada et l’intransigeance d’un président ayant tardé à admettre que l’isolement des enfants était une sanction excessive contre les familles ne se conformant pas aux lois sur l’immigration dans son pays, le sort des tortues paraît assez superficiel.

Pourtant, si vous saviez à quel point j’aurais voulu éviter cette fin atroce à une migrante de la rivière Saint-François!