En l’espace de 57 secondes, le Phœnix a déjoué deux fois le gardien Émerick Despatie venu en relève d’Anthony Pagliarulo en fin de deuxième période.

Coup de balai sur Québec

L’absence de son meilleur joueur n’a pas empêché le Phœnix de Sherbrooke de balayer la série de deux matchs l’opposant aux Remparts de Québec, en fin de semaine. Après un succès de 3-0, samedi, la meilleure équipe de la LHJMQ a infligé au compte de 7-3 une 11e défaite en 13 matchs à la formation québécoise, dimanche après-midi, au Centre Vidéotron.

« Je me demandais ce que j’étais pour dire, aujourd’hui », a avoué l’entraîneur-chef Patrick Roy en se présentant à son point de presse après ce troisième revers d’affilée.

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« Je regarde la première période, on sort fort, on a cinq chances de marquer contre une, on frappe le poteau. On dirait qu’on n’arrive pas à prendre le momentum. Et eux, la première fois qu’ils viennent dans notre territoire, bang. Après, en deuxième, on fait un bon travail à arrêter leur jeu de puissance, qui est l’un des meilleurs de la Ligue, tu te lèves la tête, c’est 13-9 dans les lancers et tu perds 3-0. Je me mets dans la peau des joueurs, à un moment donné, qu’est-ce qu’on fait? Dans le fond, je n’avais pas grand-chose à leur reprocher », a expliqué Roy à propos du déroulement ayant mené à l’avance de 3-0 des visiteurs, notamment grâce à deux buts en l’espace de 57 secondes en tout début de deuxième.

Un temps d’arrêt a permis aux siens de retrouver un peu leurs esprits et de réduire l’écart à 3-1, mais dans un match qui n’avait rien d’un duel de gardiens, les visiteurs ont fait 4-1, puis 4-2, 5-2 et 6-2.

Ne pas abandonner

« Après la deuxième, j’ai dit aux gars : on sait tous ce qui est arrivé, mais les équipes qui se tiennent n’abandonnent pas. Dans les deux matchs contre la meilleure équipe de la Ligue, on les a tenus en bas de 30 lancers chaque fois. Est-ce qu’il y a des choses à corriger? Oui, on se fait battre à un contre un, on donne des surnombres, on accorde trop de chances de marquer de l’enclave. Mais il n’y a personne qui peut dire que l’équipe n’a pas travaillé. On avait toutes les raisons du monde pour laisser le pointage grimper en troisième, mais les joueurs n’ont pas abandonné et c’est pourquoi j’ai enlevé le gardien », a ajouté celui qui a tenté le tout pour le tout en utilisant un sixième attaquant alors qu’il restait encore six minutes à faire au tableau.

Andrew Coxhead, Darien Kielb et Thomas Caron, tous en avantage numérique, ont marqué pour les Remparts. La réplique fut celle de Taro Jentzsch (2) Nathael Roy (2), Christopher Benoît, Alex-Olivier Voyer et Julien Anctil.

« Je pense qu’on va le mettre [Samuel] Poulin sur le marché des échanges », a blagué l’entraîneur-chef Stéphane Julien à propos de la récolte de sept buts des siens en l’absence de leur capitaine, Samuel Poulin. « Ça faisait quatre matchs qu’on n’avait marqué que trois, on a perdu deux fois par jeu blanc, ça va faire du bien à la confiance des joueurs », a-t-il ajouté plus sérieusement.

Despatie rétrogradé?

Les quatre premiers buts ont été réussis sur 17 lancers aux dépens du gardien Anthony Pagliarulo. En relève, Émerik Despatie a cédé deux fois en l’espace de 54 secondes en fin de deuxième période avant de redonner le filet au vétéran pour le troisième engagement.

« Je pense que je vais être obligé de retourner Émerik dans le midget AAA. On va le brûler pour rien. Il ne joue pas mal, mais où l’on est comme équipe, c’est peut-être un peu lourd pour un jeune de 16 ans. C’est pour cela que je l’ai débarqué, chaque tir devenait une aventure sans être de mauvais buts. Il doit aller rebâtir sa confiance et revenir l’an prochain, frais et dispos. Ce n’est pas juste de sa faute, on donne de bonnes chances défensivement », a précisé Roy à propos de la situation devant le filet.

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Les joueurs de soutien prennent le relais

Pendant que les gros canons du Phœnix fonctionnent au ralenti ou bien se trouvent à l’écart du jeu, les joueurs de soutien mettent la main à la pâte. Avec l’absence momentanée de Samuel Poulin, qui s’est ajouté à la liste d’absents dimanche à Québec, d’autres ont pris la relève. 

Nathaël Roy a connu une bonne fin de semaine d’activités face aux Remparts. Habitué à des missions défensives, Roy a marqué trois buts au total, dont deux à Québec. Julien Anctil semble quant à lui vouloir sortir de sa coquille et Christopher Benoit prend ses aises peu à peu avec le Phœnix. À eux seuls, ils ont obtenu sept points au Centre Vidéotron.

« On parle d’une blessure au haut du corps dans le cas de Samuel Poulin. Il devrait heureusement revenir au jeu vendredi à Sherbrooke. Sa blessure n’est pas inquiétante », a clarifié l’entraîneur Stéphane Julien.

« Nos joueurs de soutien font une grosse différence dans les matchs, estime Julien. J’ai adoré notre match de dimanche et on a enfin joué du bon hockey pendant 60 minutes. On n’était pas entièrement satisfaits de notre travail samedi contre les Remparts malgré la victoire. Cette fois, on s’est bien repris en faisant les choses de la bonne façon. »  Jérôme Gaudreau