Le Sherbrookois Jimmy Waite, entraîneur des gardiens chez les Hawks de Chicago.
Le Sherbrookois Jimmy Waite, entraîneur des gardiens chez les Hawks de Chicago.

Corey Crawford donne raison à Jimmy Waite

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
SHERBROOKE — Les Hawks de Chicago ont surpris un peu tout le monde, lors du tournoi à la ronde des séries 2020 de la LNH, en disposant de Connor McDavid, Leon Draisaitl et des Oilers d’Edmonton. La tâche s’annonce tout aussi ardue au prochain tour, puisque Chicago devra se mesurer aux Golden Knights de Las Vegas et à leur ancien gardien, Robin Lehner.

Le Sherbrookois Jimmy Waite l’avait indiqué d’entrée de jeu avant de quitter sa ville natale, à destination d’Edmonton, l’une des deux villes bulles choisies par la LNH pour y présenter ses séries : le gardien de but vétéran Corey Crawford aurait son mot à dire dans les séries éliminatoires.

Et c’est justement ce qui s’est passé.

Non sans peine, par contre.

En effet, les Hawks on appris peu de temps avant le début du tournoi à la ronde que Crawford avait été atteint du virus de la COVID-19.

Une fois remis sur pied, et sa quarantaine passée, au total, donc, Crawford n’aura eu que six jours de préparation avant d’affronter le duo dynamique des Oilers.

Malgré tout, les Hawks ont rapidement éliminé les Oilers en quatre matchs, dans cette série trois de cinq.

« Pas de doute, McDavid et Draisaitl sont les deux meilleurs joueurs de la LNH présentement, alors il fallait toujours les avoir à l’œil. On leur a donné une attention particulière, pas juste nos gardiens, mais l’équipe au complet. Et je crois que dans l’ensemble, dans la série, on a été capables de les neutraliser, du moins à cinq contre cinq. Ils ont fait des dommages en avantage numérique, et ça, on s’y attendait un peu. Ils ont eu le meilleur avantage numérique de la LNH. Je crois qu’ils ont eu le deuxième meilleur avantage numérique à vie après une édition du CH dans les années 1970 avec 29 % d’efficacité. Ça faisait 50 ans que la LNH n’avait pas vu un avantage numérique comme ça! Ça nous a fait mal, mais notre avantage numérique a bien été aussi, donc on a été capable de rivaliser avec eux sur les unités spéciales », a dit Waite, qui supervise les gardiens chez les Hawks.

Les Oilers ont en effet terminé la saison écourtée 2019-20 avec un pourcentage d’efficacité de 29,5 %.

« On ne savait pas trop à quoi s’attendre pour ce duel : la vitesse ou l’expérience? On a une équipe assez rapide et les gens ne s’en rendent peut-être pas compte, mais on a aussi une jeune équipe, avec des joueurs d’expérience qui ont gagné dans le passé. »

« Et Corey Crawford est l’un de ceux-là. Il a gagné la coupe (2013). Mais je t’avoue que c’était un point d’interrogation pour nous avant le tournoi, car il a eu le COVID, et il a eu seulement six jours pour se préparer pour la série. Honnêtement, ça a paru lors des trois premiers matchs, ce n’était pas le Corey Crawford que je connaissais.

Il avait de la misère à prendre le rythme, mais lors du 4e match, il a joué son meilleur match et il a mérité la première étoile de la rencontre. Je crois que c’est de bon augure pour la prochaine série. »

Crawford a retrouvé ses repères lors de cette victoire de 3-2 face aux Oilers. Au total, le gardien montréalais a présenté une moyenne de but alloué de 3,75 et un pourcentage d’efficacité de ,891.

Vegas, un adversaire de taille

Dans la série contre les Knights de Vegas, les Hawks retrouveront fort probablement leur ancien gardien Robin Lehner.

Ce dernier a signé un contrat à titre d’agent libre avec les Hawks, avant la dernière saison, et il a partagé le travail avec Crawford, qui se remettait d’une commotion cérébrale.

Lehner a été échangé au Nevada en février dernier par les Hawks, en échange du gardien Malcom Subban, entre autres. Lehner a démarré deux matchs et Marc-André Fleury, un match, lors du tournoi à la ronde.

Si les Hawks connaissent bien Lehner, le contraire est aussi vrai.

« Les informations sur les joueurs, ça joue un grand rôle dans les séries. Robin est un très bon gardien, on le connaît bien. On ne sait pas qui va jouer, entre lui et MA Fleury, honnêtement, mais on se prépare pour les deux. Lehner va avoir un bon défi devant lui s’il nous affronte et je suis certain que Corey va vouloir battre Robin et les Knights encore plus! C’est sûr qu’il va y avoir une motivation de plus, des deux côtés. Corey va vouloir prouver qu’on a fait le bon choix, et Robin aussi », a dit Jimmy Waite

« Avoir deux bons gardiens, c’est bien. Mais ça peut être un problème, aussi, de leur côté. Qui sera devant le filet? Fleury a un historique de succès en séries, ça peut être une source de distraction de leur côté. C’est un luxe, avoir deux bons gardiens, mais ça peut aussi jouer des tours. »

« Les Knights sont une équipe très bien structurée. Depuis que (l’entraîneur-chef Peter) DeBoer est là, une des statistiques qui est ressortie, c’est que Vegas est l’équipe qui a généré le plus de chances de marquer, et qui en donne le moins. C’est une excellente combinaison! On a une grosse série devant nous », a estimé le Sherbrookois.

Vivre dans la bulle

Jimmy Waite a quitté Sherbrooke à la fin du mois de juin afin de joindre les Hawks, en préparation pour le tournoi éliminatoire qui a débuté à la mi-juillet.

Un tournoi qu’il vit désormais dans la ville bulle d’Edmonton, dans des conditions plutôt austères, où le hockey occupe toute la place. Mais vraiment toute la place, dit-il.

« Jusqu’ici, on avait beaucoup de hockey à regarder, genre six matchs par jour environ, soit trois dans l’Est et trois dans l’Ouest. À l’hôtel, on a une salle pour les entraîneurs, et une autre pour les joueurs. On est assis devant le téléviseur, et on regarde du hockey comme jamais. On dirait aussi qu’on mange beaucoup, plus qu’à l’habitude, il y a toujours quelque chose à manger quelque part! Ce n’est pas évident, on essaie de sortir pour aller manger au restaurant, il y en a cinq ou six dans la bulle, pour nous faire sortir de l’hôtel une fois de temps en temps. Sinon, on ne fait pas grand-chose! »

« Comme entraîneur, l’analyse des matchs et des joueurs, bien connaître ces derniers, c’est ça le boulot. C’est une belle opportunité d’apprendre beaucoup de choses, des façons de jouer, des structures et des systèmes. On va aussi voir les matchs en direct, l’aréna est à deux minutes de l’hôtel. On n’a pas le temps de s’ennuyer », a dit Jimmy Waite.

Stéphane et Carey

Si Jimmy Waite consacre beaucoup de temps aux Hawks et à ses adversaires, il a également trouvé le temps de jeter un œil à la série opposant les Penguins de Pittsburgh aux Canadiens de Montréal.

Son frère Stéphane, entraîneur des gardiens avec le Canadien, a lui aussi avancé au prochain tour éliminatoire.

« Oui j’ai suivi ça, c’est vraiment excitant, c’est un bel engouement qui doit se vivre un peu partout au Québec, avec les succès du CH. Pour la première fois depuis longtemps, ils ont du succès en séries. Nous aussi, c’est la première fois en trois ans qu’on fait les séries. C’est un moment différent, un contexte différent, mais c’est excitant! On a gagné notre place en battant les Oilers d’Edmonton, ce qui n’est pas rien! On est fiers d’être en séries. Et rendu là, tout peut arriver. Et c’est le même scénario pour Montréal. Carey Price a l’air au sommet de sa forme et quand un gardien est dans sa bulle comme ça, toute équipe peut causer des surprises. On va suivre ça de près. »