Commotion cérébrale: le hockey encore plus problématique

C'est une moyenne de deux enfants de moins de 18 ans par semaine qui ont été diagnostiqués au CHUS après avoir subi une commotion cérébrale lors d'une activité sportive.
<p>Claude Cyr</p>
Le département de pédiatrie du CHUS a fait le relevé en 2011 de l'origine des 437 commotions cérébrales diagnostiquées. De ce nombre, 119 sont survenues lors de la pratique d'activités sportives.
« La majorité des autres commotions ont été répertoriées sur des enfants en bas âge lors de chutes dans les escaliers ou en bas de chaises hautes. Plusieurs enfants subissent des commotions cérébrales lors d'activités de plein air comme la glissade notamment », explique le pédiatre Claude Cyr au CHUS.
C'est lors de la pratique du hockey que l'incidence de commotions cérébrales demeure la plus élevée aux deux urgences du CHUS. Le Dr Claude Cyr explique que des données ont été compilées à la suite de diagnostics chez les 4 à 17 ans.
Si le hockey arrive premier avec une incidence de 24 commotions cérébrales pour 1000 joueurs, le football arrive second avec 19 commotions par 1000. « C'est une excellente idée d'interdire le contact au football pour les moins de 14 ans. Il faut maintenant voir quel accueil cette initiative recevra dans les autres écoles et dans les ligues civiles. Le football est un sport où l'objectif est de plaquer l'adversaire pour l'empêcher d'avancer. Les possibilités de blessures sont multiples. Il y a plusieurs blessures aux genoux, aux épaules et des contusions, mais ce sont les commotions cérébrales qui peuvent avoir les plus importantes conséquences », explique le Dr Cyr.
La Société canadienne de pédiatrie a mené une bataille pour interdire les mises en échec au hockey avant la catégorie bantam. Claude Cyr qui est membre du comité de prévention des blessures va même plus loin.
« Pour ma part, je permettrais seulement les mises en échec au niveau élite, soit le AAA. Même si la vitesse d'impact est moins grande au football, il ne faut pas hésiter à mettre en place des mesures pour limiter les contacts. Il y a eu plusieurs initiatives dans la règlementation interdisant le plaquage tête en premier ou les plaquages à la tête. Sans compter que l'ingénierie des casques a été améliorée. Cependant, il n'y a encore aucun casque à 100 pour cent efficace contre les commotions. La seule façon de prévenir est d'empêcher le contact comme le fait la CSRS. L'objectif de l'école est d'assurer la sécurité et le développement de l'élève. Il reste illogique de leur permettre de pratiquer un sport dangereux », soulève le pédiatre.
Le Dr Claude Cyr irait jusqu'à interdire les sports de combat pour les personnes de moins de 18 ans.
« Lorsque l'on réfléchit à l'objectif de la boxe qui est de passer un K.O., on se rend vite compte que l'objectif est de faire subir une commotion cérébrale à l'adversaire. Il faut éviter de mettre les jeunes en situation où l'on met leur santé neurologique en jeu. Les conséquences des commotions cérébrales sur les enfants, dont le cerveau est en croissance sont sans équivoque. Elles ont un impact direct sur le QI, le développement et l'apprentissage », souligne le Dr Cyr.
« C'est une excellente idée d'interdire le contact au football pour les moins de 14 ans. Il faut maintenant voir quel accueil cette initiative recevra dans les autres écoles et dans les ligues civiles. »
Il rappelle que le nombre d'enfants qui consultent à l'urgence pour des commotions cérébrales n'est que la pointe de l'iceberg.
« Plusieurs jeunes athlètes ne viennent pas consulter à l'urgence. Nous voyons souvent seulement ceux où le grade de commotion cérébrale est le plus élevé, soit avec une perte de conscience. Pour les autres qui ont des pertes de mémoire, d'équilibre ou qui voient des étoiles, souvent les symptômes vont être niés afin de ne pas être retirés du jeu. De là l'importance que des tests neuropsychologiques soient mis en place comme c'est le cas dans certaines écoles », indique le pédiatre Claude Cyr.