Olivier Audet, directeur général du Collège-du-Mont-Sainte-Anne
Olivier Audet, directeur général du Collège-du-Mont-Sainte-Anne

Comme un mauvais rêve

Sébastien Lajoie
Sébastien Lajoie
La Tribune
Ce sont environ 210 des 240 garçons qui fréquentent le Collège du Mont-Sainte-Anne, à Sherbrooke, qui subiront l’impact des mesures annoncées par le ministre de l’Éducation, jeudi à propos des sports mis sur pause. Au Mont-Sainte-Anne, le sport, c’est un outil primordial pour la réussite et la persévérance scolaire, lance le directeur général de l’établissement Olivier Audet.

« On va se virer de bord, il y a moyen de faire une offre sportive à nos garçons qui respectent les consignes sanitaires. Je n’ai rien contre le fait de prendre une pause de trois semaines, s’il n’y a plus de sport nulle part ailleurs, pour se donner le temps de faire la rentrée scolaire comme il faut. Une rentrée exceptionnelle. Ça, je n’ai pas de problème », a-t-il poursuivi.

« Là où j’ai un problème, c’est qu’il y a une offre en parallèle qui va se faire, et ça va compliquer les tâches de la traçabilité pour la santé publique, si jamais il y a des cas. Et ça va nous compliquer la tâche pour s’assurer de la santé et de la sécurité de nos garçons. »

Les équipes sportives des Marquis sont présentes dans plusieurs disciplines sportives, qui participent à des activités dans la LHPS (Ligue de hockey préparatoire scolaire) ou du RSEQ.

« Cette décision est incompréhensible. Ça risque de venir jouer sur la persévérance et la motivation de nos jeunes. Nos gars sont contents de revenir dans leur milieu; on est une petite école, comme une famille, et le sport fait partie de nos valeurs, de notre signature et notre ADN. C’est l’outil par excellence qu’on utilise pour la réussite et la persévérance scolaire ».

« On vient de se faire enlever notre principal outil pour la réussite scolaire et la persévérance, alors qu’on était convaincu qu’on était le meilleur endroit pour assurer une pratique sportive sécuritaire et saine, dans le contexte de la covid ». a fulminé Olivier Audet.

Encore beaucoup de questions

La journée de jeudi fut longue pour toutes les directions d’école et le personnel partout au Québec, a assuré Olivier Audet.

Le ministre Jean-François Roberge a confirmé que les sports interscolaires seraient sur pause, au moins pour trois semaines.

Des informations qui ont été confirmées par le sous-ministre à l’Éducation, Éric Blackburn, lors de deux réunions distinctes, jeudi, avec les établissements d’enseignement secondaire du Québec.

« Ce n’est pas drôle du tout de voir que le ministère nous convoque aujourd’hui (jeudi), jour de rentrée, en nous disant qu’on va nous éclaircir des points, alors que ça aurait dû être fait il y a deux semaines. Tout ça est très anxiogène pour les jeunes : je me suis fait poser la question toute la journée par les gars. Et quand on n’est pas capable de leur donner une réponse claire, alors que tout notre plan de match était déjà fait, c’est difficile à accepter », a poursuivi Olivier Audet.

« Les jeunes ont joué au soccer et au baseball tout l’été. Et là, soudainement, ça devient un vecteur de contagion tellement dangereux qu’on se doit de prendre une pause! S’il y a une pause, elle devrait être partout! »

« Les prochains jours seront consacrés à rassurer notre monde. On va se virer de bord. Pour l’instant, on risque d’avoir un calendrier décalé. Je suis convaincu que toutes les écoles vont travailler très fort. On se souhaite qu’il n’y ait pas de problématique majeure et ensuite, le ministère pourra prendre acte et nous permettre de faire ce pourquoi on est là, éduquer nos jeunes et utiliser les outils comme le sport pour la réussite scolaire et la persévérance. »