Le jeune Félix Auger-Aliassime, qui n'a que 16 ans, a fait la barbe aux plus vieux toute la semaine à Sherbrooke, lors du Futures Subaru de tennis.

Coeur chaud pour un week-end glacial

CHRONIQUE / Ce n'était pas la température idéale pour se pointer le bout du nez à l'extérieur, cette fin de semaine ! Le froid polaire mordait avec vigueur et ralentissait même les plus téméraires qui osaient aller dehors. Certains, plusieurs en fait, en ont profité pour assister à deux événements sportifs sherbrookois qui valaient le détour.
Avec trois parties à disputer en saison régulière, le Phoenix de Sherbrooke peut toujours espérer participer aux éliminatoires. Samedi, la population sherbrookoise l'a appuyé comme jamais.
Même si sa position actuelle l'exclut des séries éliminatoires de la LHJMQ, le Phoenix de Sherbrooke peut tout de même espérer y participer. Ce match de samedi disputé au Palais des sports contre l'ennemi de la 55, les Voltigeurs de Drummondville, a attiré 4005 personnes.
Un exploit ! « Si je me rappelle bien, la dernière salle comble au Palais, c'était contre les Remparts de Québec dirigés par Patrick Roy. Ça fait déjà quelque temps ! » a dit le directeur général Jocelyn Thibault.
Le Phoenix a fait plaisir à ses nombreux partisans en remportant ce duel crucial par la marque de 3-0.
Pendant ce temps, toujours samedi, c'était la congestion dans les rues ceinturant le Centre récréatif Rock Forest.
Non seulement la surface glacée accueillait des jeunes joueurs de hockey mineur, mais le court numéro deux du centre de tennis était le théâtre d'une demi-finale impliquant le jeune prodige québécois du tennis, Félix Auger-Aliassime, âgé de seulement 16 ans.
Le jeune homme fut la vedette du tournoi de tennis Futures Subaru de Sherbrooke pendant toute la semaine, jusqu'à sa consécration à titre de champion, le dimanche.
Sherbrooke, vraiment, a vibré sports cette fin de semaine !
Et les partisans du Phoenix auront l'occasion de remettre ça, mercredi soir, lors du dernier match à domicile de l'équipe sherbrookoise, qui affrontera pour l'occasion les Foreurs de Val-d'Or, une équipe dirigée par le Sherbrookois Mario Durocher.
Si l'équipe a connu une saison, disons-le, en deçà des attentes, la foule, elle, fut de la partie, notamment après la période des Fêtes.
Je croyais que l'appui des partisans suivrait le même crescendo que ses performances au classement ; mais non. En plus des 4005 personnes samedi, le Phoenix a attiré 2872 spectateurs contre Chicoutimi, 3293 contre Gatineau et 3109 contre l'Armada.
Pas pire pour un club qui est présentement au 17e et avant dernier rang du classement général !
Comme le veut l'expression consacrée, le Phoenix a son destin entre ses mains ; des victoires contre Val-d'Or, Shawinigan et Québec et il pourra fort probablement jouer dans le détail, comme disaient les vieux.
Avec trois matchs à disputer avant la conclusion de cette cinquième saison régulière, me semble que ce serait l'fun si les partisans sherbrookois pouvaient encourager leurs favoris en séries. Ils ont été pas mal patients, depuis le début, avouez-le !
Le roi Auger-Aliassime
Il n'a que 16 ans. Il n'a même pas le droit d'entrer dans un bar ou de s'acheter un caisson de bière au dépanneur du coin, mais Félix Auger-Aliassime a joué comme un vétéran, cette semaine au Futures de Sherbrooke.
De mardi à dimanche, il a fait vibrer le petit monde du tennis sherbrookois, et il a braqué sur la ville les réflecteurs de tout le tennis canadien, la même journée que Vasek Pospisil battait le numéro un mondial au tournoi d'Indian Wells en Floride, Andy Murray.
Pospisil, comme Milos Raonic, est passé par la série de tournois Futures, et par Sherbrooke, avant de graduer chez les grands de l'ATP.
Ils sont venus jouer ici, sous notre nez. Et malheureusement, les foules n'ont pas toujours été au rendez-vous pour assister à leurs prouesses.
Mais cette année, le Futures de Sherbrooke, dirigé conjointement par Daniel Gagnon et Richard Duval et toute leur équipe, a livré une performance impeccable.
La clé ? Proposer l'entrée gratuite lors des soirées de mardi jusqu'à jeudi. Ainsi, beaucoup de gens ont pu voir le jeune prodige Auger-Aliassime, et son bon ami Denis Shapovalov, qui est probablement aussi bon, sinon meilleur, gratis. Pour rien.
Voilà une vitrine extraordinaire pour le tennis canadien qui saura rapporter. Je serais prêt à parier qu'il y a aura certainement quelques jeunes parmi les nombreux que j'ai croisé la semaine dernière, qui voudront imiter leur idole et perfectionner leur tennis.
Ce sport ne sera jamais grand public, la tradition tennistique n'est pas aussi profondément ancrée chez nous qu'en Europe, par exemple ; il ne fallait quand même pas s'attendre à ce que 5000 personnes s'agglutinent au CRRF.
Mais avec la nouvelle configuration des lieux et l'aménagement de gradins répondant mieux à la demande réelle, on a fait salle comble chaque soir. C'est tout un exploit.
Les gens ont apprécié le spectacle, apprécié Shapovalov et Auger-Aliassime, apprécié les Français Sakharov et Barrere, apprécié la proximité des athlètes.
Comme la foule sherbrookoise s'est levée d'un trait pour applaudir le Phoenix, regroupé au centre de la glace du Palais des sports.
Un vrai beau week-end tout en sports !