En 2011, Serge Dessureault (à gauche) et Maurice Beauséjour avaient été les premiers à compléter les 123 kilomètres du Relais du lac Memphrémagog en équipe de deux seulement. Serge Dessureault, un aventurier de longue date, est décédé tragiquement en effectuant une chute fatale sur la deuxième plus haute montagne au monde, le K2. Le Magogois Christian Vachon, qui l’a bien connu, pleure la disparition d’un homme qui l’a inspiré et marqué depuis 2009.

Christian Vachon pleure un homme inspirant

Christian Vachon a été fortement secoué par le décès tragique de Serge Dessureault qui a fait une chute fatale sur le K2, le deuxième plus haut sommet du monde, mais considéré par tous comme le plus dangereux.

La veille de son départ pour sa deuxième expédition sur le K2, Dessureault et Vachon s’échangeaient des messages via les réseaux sociaux. 

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« J’ai encore de la difficulté à le croire. Comme bien du monde, j’ai toujours craint le pire pour Serge. Plus tu passes du temps sur ces hautes montagnes, plus tu joues avec le danger. C’est tout simplement mathématique. Mais tu ne pouvais pas arrêter un gars comme Serge. Ça faisait partie de son ADN. C’est le gars le plus minutieux, le plus méticuleux que j’ai rencontré dans ma vie. Il calculait tout et prônait la sécurité en tout temps. Serge était pompier de métier, un capitaine de surcroît. Parmi tous les hauts gradés, cela signifie que c’était toujours le premier sur la ligne de combat. Il a fait ça toute sa vie gérer des risques, des dangers, des hommes. Il était extrêmement prudent, pour lui et les autres. Il reste que je me demandais pourquoi il y retournait après une première tentative infructueuse quelques années plus tôt en raison d’une avalanche. C’est une loi non écrite de rappeler à un alpiniste qu’il frôle la mort », a déclaré Vachon.

Le Magogois se souviendra de Serge Dessureault comme un homme qui l’a marqué pour la vie. 

« Il suffisait de croiser son regard une fois et ça devenait contagieux. On a tous des modèles, des inspirations. Serge venait en haut de ma liste à cause de sa passion pour la vie en général, son acharnement à toujours viser la perfection dans tout ce qu’il entreprenait, le bonheur qu’il semait autour de lui, son amour pour sa famille, ses talents de communicateur qu’il mettait au service des autres. Un grand humaniste comme on voit de moins en moins souvent de nos jours », fait valoir Vachon qui, tient-il à préciser, ne faisait pas partie de l’entourage proche de Serge Dessureault.

« C’est tellement secondaire en ce qui me concerne. Par contre, je peux vous dire que j’ai toujours senti qu’il m’accueillait comme si je faisais partie de ses proches. »

Christian Vachon

D’ailleurs, Serge Dessureault et Christian Vachon avaient plusieurs points en commun. « Il exerçait le même métier que moi et on se rejoignait aussi par notre vie d’athlète et notre engagement pour notre communauté. La connexion a été facile à faire », ajoute Vachon.

Souvenirs

Entre Serge Dessureault et Christian Vachon, tout a débuté en 2009 lorsque ce dernier se préparait à participer au Marathon des Sables, une course de plus ou moins 250 km en autosuffisance dans le désert du Maroc. « Serge y avait participé à deux reprises. Il avait bien voulu me faire part de son expérience. Durant la course, il m’envoyait des courriels tous les jours que les organisateurs imprimaient et me remettaient. Nous sommes toujours demeurés en contact depuis. À un moment donné, il s’est tourné vers moi pour que je lui refile à mon tour mes trucs et conseils de coureur plus traditionnel. Il visait l’Ultra Trail du Mont Blanc. Il est venu avec son grand copain de toujours Maurice Beauséjour faire le Relais du lac Memphrémagog que j’organise. Lui et Maurice ont été les premiers à compléter le trajet en équipe de deux. Je les vois encore à la ligne d’arrivée. »

Le Relais du lac Memphrémagog a aussi été associé pendant six années avec la compagnie Merrell qui agissait à titre de partenaire et commanditaire majeur de l’événement. « Serge avait préparé le terrain pour moi. Nous avons ensuite été ambassadeurs ensemble pour cette compagnie. Il me recevait chez lui avec sa famille. C’était un être entier. Je pense tellement à son épouse et ses deux filles, ses amis, ainsi qu’à tous ses compagnons de travail à la caserne 19 de Montréal. Je les accompagne dans ces moments tristes et douloureux. Bon repos body », a déclaré un Christian Vachon ému et les yeux mouillés.