François James a repris son vieil équipement pour disputer un match amical.

Castors, Faucons et Phœnix de retour au Palais

Il y a longtemps que personne n’avait joué au hockey sur la glace du Palais des sports Léopold-Drolet équipés de bâtons de bois et des casques Jofa. C’est ce qu’ont fait quelques dizaines d'anciens joueurs de toutes les générations du hockey junior sherbrookois samedi.

Ce sont donc 33 anciens joueurs qui ont évolué pour les Castors, les Faucons ou le Phœnix qui ont frôlé la glace le temps d’une partie amicale. Même si les joueurs ne sont plus aussi rapides qu’avant – beaucoup moins physiques également — ils ont réussi à livrer un bon spectacle rempli de nostalgie aux quelques centaines de partisans présents dans l’amphithéâtre. Les Blancs l’ont emporté 15 à 13 sur les Bleus.

L’histoire du hockey junior

Près de 50 années sont passées depuis l’arrivée du premier club junior à Sherbrooke. Le premier directeur général, Réal Veilleux, qui a vécu la transition entre les Castors séniors et les Castors juniors, était bien installé dans la loge du Phoenix, regardant quelques-uns de ses anciens poulains patiner de manière un peu moins agressive qu’en 1969. 

Réal Veilleux et Serge Lavallée

Les yeux toujours aussi brillants, l’homme de 83 ans se souvient très bien de cette journée d’été où la ligue séniore dans laquelle son club évoluait a été dissoute. « En dernier, nous étions seulement quatre équipes dans cette ligue. J’avais bâti une équipe pour aller tout chercher. Un des quatre clubs a décidé de laisser tomber. À trois équipes, la ligue ne pouvait pas fonctionner. On a été obligés de lâcher », se remémore-t-il lors d’une entrevue avec La Tribune.

« Le Palais des sports avait seulement deux ans à l’époque, poursuit-il. On se ramassait avec un bel édifice, mais pas de club. Le lendemain de la dissolution, par hasard, j’ai reçu un téléphone de l’agent Molson à Sherbrooke, George Massé. Il m’a dit que l’équipe junior de Thetford pourrait être à vendre. L’équipe avait un déficit de 32 000 $. On est allés rencontrer les dirigeants la journée même à Disraili. On s’est entendus. On a convoqué une réunion des directeurs le soir même. À 1 h du matin, c’était signé. »

M. Veilleux a donc été directeur général des Castors sénior durant deux ans, avant d’occuper le même poste dans le junior durant quatre années. La formation de la toute première équipe junior sherbrookoise s’est faite à la dernière minute. « Ce qui est spécial, c’est qu’au moment où je suis embarqué dans le junior, il y avait un repêchage. Nous, on n’avait pas de recruteur ! On a été obligés de tout bâtir. Je recevais des téléphones de partout au Québec pour me dire qu’ils avaient de bons joueurs. On les invitait en payant leurs dépenses. Je me suis ramassé avec 120 joueurs lors du premier camp. Ce n’était pas croyable », décrit le bâtisseur, le sourire en coin. 

Quel est le plus beau souvenir de cet homme de hockey ? « Un soir, contre les Remparts, on a attiré plus de 6000 spectateurs. Il y avait une rivalité très forte entre Québec et Sherbrooke. Québec avait de très bons joueurs, comme Guy Lafleur, mais ils avaient aussi des bagarreurs », commente M. Veilleux.

De son côté, Serge Lavallée, le tout premier capitaine des Castors junior, se rappelle bien de son passage à Sherbrooke. « J’ai adoré mon expérience ici. Je suis content de voir ça. L’aréna a changé, mais elle était complètement neuve à l’époque. On a été reçus comme des rois ici », se remémore celui qui a joué une année pour les Canadiens de Thetford Mines dans la LHJMQ avant de porter le C pour les Castors. 

M. Lavallée, qui n’a pu revêtir son équipement pour des raisons de santé, n’est pas revenu souvent dans l’enceinte du Palais des sports. « J’étais revenu quelques fois, mais juste pour faire un tour et voir ce qui se passait, sans nécessairement venir voir une partie de hockey. De revoir les anciens coéquipiers, c’est intéressant. On se rappelle de beaux souvenirs », indique-t-il, ajoutant que son plus beau souvenir demeure la réception que les nouveaux joueurs avaient eue lors de leur arrivée dans la Ville reine des Cantons-de-l’Est. 

Pour M. Lavallée, qui habite maintenant du côté de Montréal, il était important de venir à Sherbrooke à l’occasion de cette rencontre amicale. « J’ai eu l’honneur de faire la mise au jeu protocolaire pour la partie de vendredi soir. Je pensais être présenté, mais j’ai fait la mise au jeu entre M. Bourque et M. Courteau (NDLR le président du Phoenix et le commissaire de la LHJMQ). », résume-t-il.