À son retour à Sherbrooke, Carl Neill avait reçu un bel accueil de la part des partisans. La preuve que l’ancien membre du Phœnix et des Islanders de Charlottetown était l’un des préférés des partisans sherbrookois.

Carl Neill rêve toujours à la LNH

La preuve qu’après le junior majeur, il y a une suite. Après avoir obtenu 25 points en 22 matchs avec les Stingers de Concordia, l’ancien capitaine du Phœnix Carl Neill se permet de rêver encore à la LNH.

Posté au premier rang des pointeurs de la Ligue canadienne de hockey universitaire masculin chez les défenseurs, Neill ne regrette pas d’avoir opté pour ce circuit parfois boudé par les hockeyeurs québécois.

« Les Stingers forment une équipe jeune au sein de laquelle l’entraîneur Marc-André Élément me confie d’importantes responsabilités, indique la recrue de l’Université Concordia. Tout le monde entre dans le système, ce qui nous permet d’être au troisième rang au classement cumulatif malgré notre reconstruction. Ici, c’est l’endroit parfait pour moi. »

Tout en étudiant le commerce et les affaires, Neill peut espérer encore une invitation chez les professionnels.

« Honnêtement, j’avais quelques options devant moi et en souhaitant poursuivre mes études, l’option d’un contrat de la Ligue américaine n’était pas bonne pour moi. Je visais vraiment un contrat d’entrée dans la LNH. »

Après avoir été repêché en cinquième ronde par les Canucks de Vancouver en 2015, Neill n’a pu impressionner suffisamment l’organisation, mais a ensuite reçu une invitation des Sabres de Buffalo.

« Ça n’a pas fonctionné au camp des Sabres, mais je crois que ma progression est bonne et j’aimerais ravoir une chance un jour. Je suis surpris par le bon calibre du circuit universitaire. Il n’y a pas de choix de première ou deuxième ronde de la LNH dans la ligue universitaire, mais plusieurs joueurs ont été repêchés et souhaitent la même chose que moi », note Carl Neill.

Le défenseur profite d’ailleurs de la présence d’un ancien adversaire de la LHJMQ, Anthony Beauregard, un ancien Foreur de Val-d’Or qui fait la pluie et le beau temps chez les universitaires grâce à ses 52 points.

« Anthony est l’exemple parfait du joueur universitaire qui pourrait percer. Il est petit et n’attirait pas l’attention des dépisteurs pour cette raison, mais il fonctionne à plein régime avec les Stingers. Il est un joueur très intelligent et je suis chanceux de jouer avec lui. »

Une option à considérer

Des exemples de joueurs universitaires canadiens qui ont gagné leur poste dans la LNH, il n’y en a pas une tonne. Mais des joueurs qui cognent à la porte de la grande ligue, il y en a beaucoup.

« Je pense entre autres à Phillipe Maillet et Jordan Murray, qui font bien dans la Ligue américaine. Il ne faut jamais mettre une croix sur notre rêve. Il y a toujours une chance de percer. Ça dépend seulement de notre mentalité », estime Neill.

Le jour de la dernière chance

Contrairement aux croyances, la Ligue canadienne de hockey universitaire demeure une belle fenêtre de visibilité pour les joueurs d’un peu plus de 20 ans. Selon le dépisteur des Penguins de Pittsburgh, Luc Gauthier, ce circuit est loin d’être un cimetière à talent.

Même si les hockeyeurs universitaires ne seront pas nombreux à accéder aux ligues majeures, Luc Gauthier assiste régulièrement aux parties afin de trouver la perle rare.

« S’il y en a un qui possède le potentiel de percer, je ne veux pas l’échapper », indique l’éclaireur.

D’après lui, de nombreux joueurs talentueux œuvrent dans le circuit et ont des chances de jouer chez les professionnels.

« Environ 80 % des joueurs ont déjà évolué dans le junior majeur et certains peuvent se développer sur le tard. Mais pour qu’un dépisteur soit intéressé par un joueur universitaire, il doit avoir constaté une belle progression et un potentiel intéressant. Il s’agit d’une bonne ligue. Une bonne équipe canadienne peut battre une équipe moyenne de la NCAA. Je ne suis pas le seul à assister aux matchs. D’autres confrères le font aussi et je comprends très bien ceux qui souhaitent s’offrir une chance de percer tout en complétant leurs études plutôt que de jouer dans la East Coast par exemple », soutient l’ancien membre de l’organisation du Canadien de Montréal.