Rick Dudley, qui quitte le Canadien pour se joindre à l'organisation des Hurricanes de la Caroline, a affirmé mardi que Marc Bergevin avait fait l'objet de plusieurs critiques injustifiées

Dudley quitte pour les Hurricanes et défend Bergevin

MONTRÉAL — En Rick Dudley, Marc Bergevin a dit perdre un conseiller, un confident et un ami. Il faut le croire sur parole, car Dudley a pris sa défense de façon claire et nette.

Lors d’une conférence téléphonique de près de 30 minutes mardi, le nouveau vice-président principal aux opérations hockey des Hurricanes de la Caroline a affirmé que Bergevin avait fait l’objet, au cours de la dernière saison, de critiques qu’il a jugé injustifiées. En fait, Dudley s’est blâmé de ne pas avoir réussi à épauler davantage le directeur général du Canadien de Montréal.

«La saison a été décevante et je ne sais pas ce que j’aurais pu faire exactement, mais j’aurais aimé pouvoir l’aider un peu plus. Marc est une bonne personne, un homme honnête qui prend son travail très au sérieux. Il en a un peu pris pour son rhume cette saison et il ne le méritait pas. J’aurais souhaité que les résultats soient différents. Et je sais qu’ils le seront dans le futur», a-t-il mentionné.

Le départ de Dudley survient moins d’un mois après le bilan de fin de saison du Canadien, lors duquel le président Geoff Molson avait annoncé qu’une évaluation complète du personnel de l’équipe serait menée.

À cet égard, Dudley a dit qu’il avait amorcé une réflexion bien avant la conférence de presse du 9 avril à Brossard, et qu’il se sentait alors mûr pour un nouveau défi.

«Il y a un certain temps déjà, j’avais discuté avec ‘‘Berg’’ [Bergevin] et je lui avais dit que je pourrais être tenté de regarder dans une nouvelle direction une fois la saison terminée», a raconté le Torontois de 69 ans, dont le contrat avec le Canadien venait à échéance à la fin de la saison qui vient de se terminer.

Dès lors, a ajouté Dudley, Bergevin lui a donné la permission de communiquer avec d’autres organisations.

«Marc m’a demandé de ne pas prendre de décision finale avant de lui parler. C’est ce que j’ai fait. J’ai continuellement échangé avec lui et il a très bien réagi face à tout ça. C’était bien avant [le bilan de fin de saison] et ce n’est pas quelque chose qui m’inquiétait.»

Retrouvailles avec Wadell

Dudley n’a pas précisé combien d’organisations il avait contactées, mais les Hurricanes étaient l’une d’elles. Les échanges ont sans doute été cordiaux entre Dudley et Don Waddell, le président des Hurricanes, car leurs liens sont étroits et remontent aux années 80. Dudley et Waddell ont notamment travaillé ensemble avec les Thrashers d’Atlanta, il y a environ dix ans.

Ainsi, alors qu’il regardait le tirage au sort au petit écran à son domicile samedi soir — un tirage au sort qui a procuré aux Hurricanes le deuxième choix du prochain repêchage — Dudley avait déjà le sentiment qu’il se joindrait à la formation de la Caroline du Nord.

«Les discussions ont avancé puis, les choses ont ralenti un peu. Mais de nouveau la semaine dernière, tout laissait croire que ce serait ma destination. Ça s’est réglé au cours des derniers jours. On peut dire que samedi, j’avais le pressentiment que c’est là que j’allais aboutir.»

En se joignant aux Hurricanes, Dudley dit retourner dans un État américain qu’il connait bien et qu’il dit adorer. Ça ne l’empêchait pas de ressentir un pincement au cœur à l’idée de quitter Bergevin, un ami de longue date.

«Oui, ç’a été difficile. Mais j’avais vraiment le sentiment que le temps était venu d’affronter un nouveau défi. Le personnel à Montréal est pas mal solide, ces gens vont de l’avant et ils savent ce qu’ils font. Mais ils vont me manquer», a affirmé celui qui compte plus de 45 ans d’expérience dans le hockey professionnel, dont 25 comme membre de la direction d’une équipe.

Invité à expliquer ce qui s’était passé chez le Canadien lors de la dernière saison, Dudley a parlé d’une combinaison de facteurs, à commencer par la blessure de Shea Weber, du début de saison inférieur aux attentes de l’équipe et du gardien Carey Price.

«Tout ça a eu un effet boule de neige. Montréal est une ville où il est très difficile de jouer, de diriger et de gérer parce que tout ce qui va mal est amplifié. C’est merveilleux quand ça va bien mais c’est difficile quand les choses ne vont pas aussi bien. En toute honnêteté, j’aimerais pouvoir identifier un élément qui expliquerait pourquoi ça ne s’est pas passé comme espéré. Mais il y en a eu plusieurs. Je pense que ce sera différent l’an prochain car les joueurs ne voudront pas revivre la même chose. Je crois qu’ils seront affamés.»