L'entraîneur de la ligne offensive Rémi Giguère sait très bien ce qui attend ses joueurs de ligne ce samedi à Québec, alors que le Vert & Or visitera le Rouge & Or.

«Ça se gagne sur les lignes de mêlées»

Pas besoin d’être un expert pour savoir que pour gagner un match de football, il faut marquer davantage de points que l’adverse.

Mais justement, voilà l’une des lacunes cette saison chez le Vert & Or de l’Université de Sherbrooke : marquer des points.

Les Verts, et les trois pivots qu’ils ont utilisés au passage, n’ont pu faire mieux qu’une production de 139 points en huit matchs en 2017.

Seulement 20 points, et un seul touché, en deux matchs contre le Rouge et Or de l’Université Laval, son prochain adversaire lors de la demi-finale du football universitaire québécois, samedi à Québec.

Et le seul touché a été inscrit sur un retour de botté par William Robitaille. Au cumulatif, Sherbrooke n’a pu faire mieux que 20 premiers jeux en deux matchs contre Québec.

Si le Vert & Or espère inscrire davantage de points, il devra donner plus de temps à son quart-arrière pour frapper ses cibles. Il devra donc contenir le puissant front défensif de Québec.

Malgré les statistiques, Rémi Giguère croit que le Vert & Or a les armes pour inscrire davantage de points qu’il ne l’a fait lors de ses deux duels précédents.

Le tout jeune entraîneur de la ligne à l’attaque des Verts sait de quoi il parle.

Ancien joueur des Carabins de l’Université de Montréal, il a gagné la Coupe Dunsmore à Québec en 2014, avant de soulever la Coupe Vanier, la semaine suivante.

Il connaît aussi l’ampleur de la tâche.

« Pour avoir joué contre le front défensif de Laval, je te garantis que ce sont de bons athlètes. Mathieu Betts est l’un des meilleurs au pays, Edouard Godin est un solide vétéran de cinquième année avec beaucoup d’expérience. Sans compter les deux gars à l’intérieur, Vincent Desjardins et Marc-Antoine Claveau, qui est de retour. »

« De notre côté, en préparation, on parle très rarement des joueurs adverses. On passe plus de temps sur nos gars, sur ce qu’ils peuvent faire pour devenir meilleurs, sur ce qu’on contrôle. Avec le temps qu’on passe à travailler individuellement, avec l’extra que les gars font pendant la semaine, les gars s’améliorent. Le but, c’est d’éviter de personnaliser notre adversaire, de mettre des noms, de se laisser distraire», a dit Rémi Giguère.

«On ne peut passer du temps sur un adversaire qu’on ne contrôle pas. On doit préparer nos joueurs pour être efficaces sur les forces de ces joueurs-là. En préparation technique, on va être un peu plus spécifique afin d’être efficaces. Ainsi, les gars vont débarquer sur le terrain avec un plan simple en tête.»

Giguère doit aussi préparer ses joueurs de ligne en fonction du style offensif du coordonnateur Brent Bailey.

Ce dernier aime utiliser des formations utilisant cinq receveurs de passe et un porteur. L’absence d’un ailier rapproché dans la formation réduit la protection et, donc, le temps de lecture du quart-arrière et augmente les possibilités de pénalités d’accrochage.

Mais quand vous pouvez compter sur un entraîneur qui a affronté Betts et Godin, vous pouvez profiter de certains conseils.

«J’ai affronté les deux et des fois, il ne suffit que d’un petit ajustement, un détail. Je me rappelle le dernier match contre Laval, j’ai dit aux gars: essaye tel ou tel petits trucs. C’était l’fun de les voir revenir au banc en souriant et en me disant que ça avait marché!», a dit Rémi Giguère.

«Mais pour le reste, ça demeure le même discours qu’on avait à Montréal avant d’affronter Québec; pour battre ces équipes-là, ça se gagne sur les lignes de mêlée. Notre ligne à l’attaque doit gagner son affrontement. Ça ne sera pas un combat facile, mais on a un front très expérimenté et habitué à jouer ensemble.»

«Ces confrontations, encore plus en séries, sont très importantes, surtout à ce temps-ci de l’année. Il commence à faire un peu plus froid, il faut pouvoir installer notre jeu au sol. Les gars savent à quoi s’attendre. Ce sera très semblable à ce qu’ils ont vécu au match d’ouverture.»