Jocelyn Thibault voit ses gardiens garder le fort, sa défensive être efficace et son offensive être dangereuse. Trois éléments qui pourraient permettre au Phœnix de faire une longue route en séries si la tendance se maintient.

Bon début de saison du Phœnix : Les doutes se dissipent

Le directeur général Jocelyn Thibault s’avouait confiant à l’aube de la saison 2019-2020. Mais certains doutes demeuraient dans l’esprit du grand manitou du Phœnix de Sherbrooke. Plus les jours passent, plus ils se dissipent. Surtout en voyant son équipe trôner au sommet du classement après les huit premières parties du calendrier régulier.

La saison est encore jeune et le Phœnix refuse évidemment de crier victoire trop rapidement. Chose certaine, l’organisation sherbrookoise connaît le meilleur début de saison de sa courte histoire. Malgré tout, même si Jocelyn Thibault se réjouit de voir le dossier de 6-1-1-0 de son équipe, le directeur gérant rappelle que le processus demeure plus important que les résultats à ce stade de la saison. 

« Ça fait partie de ma déformation professionnelle. Quand j’étais gardien dans la LNH, je pouvais perdre mon match, mais être heureux de ma prestation et je pouvais aussi gagner ma partie, mais trouver que j’avais mal joué. Les résultats de notre club sont intéressants. Mais malgré la victoire, on a encore des choses à améliorer. On veut progresser et arriver prêts en séries. On ne veut pas s’asseoir là-dessus et voir les autres s’améliorer de jour en jour. L’importance de bien pratiquer est capitale même si l’équipe connaît du succès. On veut rester collés à nos valeurs. »

La tenue des gardiens a été rassurante selon le DG. D’abord, le portier européen Samuel Hlavaj a semblé prendre ses aises rapidement dans la LHJMQ. Ensuite, le vétéran Thomas Sigouin a prouvé qu’il n’était plus ennuyé par sa blessure au genou après un an d’inactivité.

« On a battu d’excellentes équipes et malgré nos deux parties contre Rimouski et nos matchs contre Rouyn-Noranda et Chicoutimi, on conserve une excellente fiche. Notre offensive fait le travail, mais on avait surtout hâte de voir nos gardiens à l’œuvre et ils ont prouvé que notre équipe possède deux bons gardiens pour nous aider à aller loin. Parce que cette année, on souhaite danser en fin de soirée. »

Avec ses six matchs disputés, son taux d’efficacité de .902 et une moyenne de buts accordés de 2,86, Hlavaj s’est établi comme le gardien numéro 1. Or, Sigouin affiche des statistiques encore plus impressionnantes avec une efficacité de .919 et une moyenne de 1.94 en un peu plus de deux parties. 

« Je crois que le court séjour en Amérique du Nord de Samuel a favorisé son intégration dans notre équipe et dans la ligue. Ses statistiques sont bonnes, mais il est encore meilleur que ce que les chiffres montrent. Bien souvent, il a accordé des buts en fin de match alors que notre équipe était déjà bien confortable et se dirigeait déjà vers la victoire. Il a été retiré une fois du match et ce n’est pas parce qu’il était mauvais, mais bien parce que l’entraîneur souhaitait changer le rythme de la partie. Pour faire du bruit en séries, une équipe doit miser sur deux bons gardiens et c’est le cas chez nous. »

Fenêtre d’opportunité de deux ans

En observant sa troupe livrer la marchandise en début de saison et en voyant ses jeunes joueurs à l’œuvre, Jocelyn Thibault se dit de plus en plus convaincu qu’une fenêtre d’opportunité de deux ans s’offre à son équipe.

« Notre équipe connaît déjà du succès alors que le noyau de joueurs arrivera à maturité l’an prochain. On se pose la question encore chaque jour. Est-ce que l’on doit miser tous nos jetons sur la saison actuelle ou il est possible d’améliorer notre équipe pour cette saison et du même coup, la saison prochaine? Que ce soit avec ou sans Samuel Poulin dans nos rangs, le Phœnix sera encore dangereux la saison prochaine. Le noyau a 18 ans et la moyenne d’âge sera encore plus élevée dans un an. On aime miser sur notre culture d’équipe et sur notre philosophie de recrutement pour former une équipe gagnante. »

Il suffit de regarder le modèle des Huskies de Rouyn-Noranda pour comprendre que dans la LHJMQ, une équipe peut connaître du succès pendant deux ans sans être obligée de s’en tenir au traditionnel cycle de quatre ans. 

« On aime l’idée de voir nos vétérans montrer les bonnes choses aux recrues. De cette façon, la roue tourne continuellement. On aura à prendre de grosses décisions et actuellement, je suis réticent à mettre tous mes œufs dans le même panier. »

Thibault verrait bien un club sur la Rive-Sud

La Rive-Sud et les États-Unis sont des territoires visés par le président de la LHJMQ, Gilles Courteau, afin d’y établir une formation de hockey junior selon les informations rapportées par La Presse mercredi et Jocelyn Thibault se dit en faveur de l’idée d’implanter une formation sur la Rive-Sud. 

La LHJMQ aimerait voir naître deux nouveaux clubs en Nouvelle-Angleterre afin de percer le marché américain et souhaiterait déménager une organisation actuelle en Montérégie. L’idée de la Rive-Sud plaît bien au directeur général du Phoenix de Sherbrooke.

« Pour être franc, je n’étais pas au courant du projet d’expansion, clame-t-il dès le départ. Mais est-ce que je trouve le projet intéressant pour la Couronne Sud de Montréal? Absolument! »

Puisque aucune information n’est venue à ses oreilles avant de tomber sur l’article d’Alexandre Pratt, Jocelyn Thibault a refusé de s’avancer davantage.

« Si le projet est viable, je suis d’accord avec l’idée. La Rive-Sud mérite une équipe de hockey junior si l’idée est viable », résume le DG du Phœnix.