Blessés par un marteau : un incident qui force la réflexion

« Je suis impliqué dans l’athlétisme depuis la fin des années 1970 et c’est la première fois que je vois un incident du genre. Même si c’est rare, nous allons attendre le rapport d’événement afin de statuer si on doit apporter des correctifs au protocole de sécurité. »

Présent au championnat provincial d’athlétisme universitaire RSEQ le week-end dernier à Sherbrooke, le responsable des communications de la Fédération d’athlétisme du Québec Laurent Godbout n’était pas très loin du lieu de l’incident.

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Un athlète s’exécutant au lancer du marteau a raté son jet, qui est allé frapper trois athlètes de l’équipe d’athlétisme du Vert & Or de l’Université de Sherbrooke accoudé aux barrières protectrices afin d’encourager un membre de leur équipe.

Yassine Aber, Émy Béliveau et Mylène-Annie Tremblay ont été touchés successivement par le marteau pesant 15 kg. Aber a été le premier sur son trajet. Il souffre d’une commotion cérébrale. Les deux jeunes femmes s’en tirent avec des blessures mineures.

« Je me rappelle d’un incident, il y a cinq ou six ans, alors qu’un athlète a traversé la zone de jet pendant un entraînement du lancer du marteau. Dans ce cas-ci, on parle d’une erreur de l’athlète, qui ramassait les poids pendant l’échauffement. »

Les règles de sécurité de cette compétition provinciale étaient assumées conjointement par la Fédération et par le RSEQ.

« L’épreuve du lancer du marteau en salle existe seulement en Amérique du Nord. Aux Championnats du monde, par exemple, ça n’existe pas. Donc, sa présentation requiert une cage de sécurité reconnue et certifiée et chaque institution au Québec en possède une, sauf McGill. Les responsables de l’organisation des plateaux, et les arbitres sur place ont procédé à l’inspection de la cage, et tout était conforme », poursuit M. Godbout.

Chanceux

« Sur place, il y avait des clôtures qui délimitaient l’accès, tout était en place. Ce qu’on ne sait pas avec précision, c’est à quelle distance de l’aire de lancement étaient situées ces clôtures. »

« C’est un accident sérieux et on peut se compter chanceux que les blessures ne soient pas plus graves. On attend un rapport d’événement du RSEQ et ensuite on va s’asseoir et discuter de ce qui peut être fait. On attend ce rapport dans les plus brefs délais. »

Même s’il n’a pas été témoin directement de l’événement. M. Godbout confirme cependant que l’organisation du Vert & Or a tout mis en place, très rapidement, après l’incident.

« Le Vert & Or a très bien géré l’événement. L’aide et les premiers soins ont été immédiats, de même que des services de psychologie. L’intervention a été rapide, sur tous les points. »

Impossible, pour l’instant, de savoir si les blessures subies par Yassine Aber et Émy Béliveau les empêcheront de participer aux Championnats canadiens U Sports à Windsor, en Ontario, à la mi-mars.

« Il est un peu tôt pour se prononcer à ce sujet. Les entraîneurs évaluent leur condition chaque jour. Ce qui est important pour nous, c’est qu’ils recouvrent la santé », a dit le directeur général du Service du sport et de l’activité physique à l’Université de Sherbrooke, Jean-Pierre Boucher.

Ce dernier confirme que toutes les mesures de sécurité ont été déployées, comme à l’habitude.

« Ça fait depuis 1980 qu’on organise ce genre de compétitions ici, en fait depuis l’ouverture du Pavillon Univestrie et ce n’est jamais arrivé. À chaque compé, on érige notre périmètre de sécurité autour de la cage de protection des lanceurs », a continué M. Boucher.

« On installe ensuite des barrières de chaque côté de la zone de lancer afin que les spectateurs, la plupart du temps des étudiants-athlètes, ne soient pas blessés. Cette fois, le lanceur a manqué son lancer et le marteau est arrivé dans le tas, sur nos athlètes. C’est un bête accident; on tente de comprendre ce qui s’est passé et on est déjà en mode réflexion. C’est arrivé, et il ne faut plus que ça arrive. »

Les trois jeunes athlètes ont eu leur congé de l’hôpital le jour même de l’incident, samedi.