Le quatuor canadien K4, dont fait partie la Sherbrookoise Lissa Bissonnette (deuxième à partir de la gauche) s’est taillé une place aux prochains Jeux olympiques, à Tokyo, en 2020.

Bissonnette et le K4 canadien qualifiés pour les Olympiques

Lissa Bissonnette et ses trois coéquipières ont réussi à qualifier le Canada pour les prochains Jeux olympiques en 2020 à Tokyo, en K4. Cet exploit, qui représente une première pour le Canada depuis 2008, a été réalisé lors des Championnats du monde de canoë-kayak de vitesse, qui se sont déroulés récemment à Szeged, en Hongrie.

Le quatuor formé de Bissonnette, Michelle Russell, Courtney Stott et Natalie Davidson s’est classé douzième au total des embarcations, et troisième en finale B, sur la distance de 500 m.

Ce fut néanmoins suffisant pour qualifier le Canada pour les Jeux olympiques.

« On est vraiment contentes d’avoir réussi cet exploit. Ça faisait quand même 11 ans que le Canada n’avait pas réussi à se qualifier pour les Olympiques. Au total, 10 bateaux pouvaient confirmer leur qualification ; alors notre objectif était de participer à la finale A. On avait réussi à le faire l’an passé, alors c’était dans le domaine du possible », a dit Bissonnette, lorsque jointe par La Tribune.

« On a vraiment disputé une course solide en demi-finale, mais on n’a pas pu accéder à la finale A. Quand même, on avait nos chances en finale B, car on devait devancer uniquement le bateau des Mexicaines. Le processus de sélection est compliqué en kayak ; ce sont les meilleurs bateaux provenant de quatre continents qui sont acceptés. »

« On n’a pas connu notre meilleure course, mais on a fini en force pour devancer les Mexicaines et on a prouvé qu’on avait notre place aux Olympiques. On a même réussi à rattraper deux bateaux, ce qui est particulièrement difficile, sur une courte distance comme le 500 m », a analysé la Sherbrookoise.

Les quatre Canadiennes ont devancé les Mexicaines par un peu plus d’une seconde, au fil d’arrivée.

Cette dernière confirme que les objectifs canadiens étaient élevés, en vue de ces Championnats du monde.

« Je nous voyais terminer dans le top 5 ou 7. De ne pas participer à la finale, ce fut décevant. Mais on s’est bien repris. Maintenant, on en veut plus. On veut participer à la finale de la discipline aux Olympiques et se donner ainsi une chance de médaille. Le rêve n’est pas fini. »

Garder la forme... et se croiser les doigts

Si le Canada a maintenant sa place en K4 à Tokyo, la composition de l’équipage n’est toutefois pas encore confirmée.

C’est lors des essais olympiques de mai prochain que la décision tombera.

Et Lissa Bissonnette compte tout mettre en œuvre pour être dans ce K4, à Tokyo.

« Je ne pense pas que ma place soit en jeu. Mais il faut toujours être sur nos gardes. Le Canada peut encore changer l’équipage. Je vais continuer à travailler fort pour réaliser mon rêve. »

La passion du kayak développée à Sherbrooke

Lissa Bissonnette a commencé à pratiquer le kayak à Sherbrooke vers l’âge de 12 ans.

C’est lors d’un entraînement en Floride, en compagnie des Émilie Fournel, Caroline Brunet et Adam van Koeverden, qu’elle a décidé de viser les Jeux olympiques.

« J’avais seulement 16 ans à l’époque, j’étais au même camp d’entraînement qu’eux, je faisais les mêmes choses, alors je me suis dit que c’était possible de s’y rendre. Dès l’année suivante, j’y ai mis tous mes efforts », s’est-elle souvenue.

Elle est membre de l’équipe nationale canadienne depuis 2008-2009.

Dans le bateau, elle occupe l’importante deuxième position.

« Je fais un peu de tout, pendant la course. Je suis beaucoup en support avec la cadence, afin d’aider à la cohésion, et à la synchro. C’est moi qui fais les “calls” dans le bateau, aller plus vite, avoir un rythme plus soutenu. J’ai toujours été une fille assez extravertie, alors ! » a-t-elle rigolé.

Elle fait également des courses en K1 et en K2 ; le printemps dernier, elle a terminé cinquième au K2 500m avec sa partenaire Courtney Stott, lors de la Coupe du monde de canoë-kayak en Pologne.

En 2018, elle a remporté la médaille d’or au K4 500m lors des Jeux panaméricains, à Halifax.