Bernice Payeur Poitras a fait écarquiller les yeux en complétant un premier marathon à l'âge de 61 ans en un temps de 3 h 37 min 21 s à Ottawa. Un chrono qui lui a permis de mériter la médaille d'or de son groupe d'âge par 27 minutes sur la médaillée d'argent. Comme si ce n'était pas suffisant, la Magogoise a aussi obtenu sa qualification pour le prestigieux Marathon de Boston par quelque 50 minutes, rien de moins.

Bernice Payeur Poitras : une coureuse qui s'ignorait

Derrière des gens ordinaires se cachent parfois des exploits sportifs aux dimensions insoupçonnées et hors de l'ordinaire. Bernice Payeur Poitras de Magog fait assurément partie de cette catégorie.
À son premier marathon à l'âge de 61 ans, Bernice Payeur Poitras a négocié la distance de 42,2 km en un temps de 3 h 37 min 21 s. Pour saisir encore mieux la performance de la sexagénaire au Marathon d'Ottawa il y a quelque temps, précisons qu'elle a terminé première de son groupe d'âge avec une avance de 27 minutes sur celle qui l'a suivie au fil d'arrivée. Aucune contestation possible, elle était dans une classe à part. Qui plus est, en stoppant le chrono à 3 h 37 min 21 s, la Magogoise s'est qualifiée pour le prestigieux Marathon de Boston par quelque 50 minutes. Des chiffres renversants pour une première apparition dans un marathon à 61 ans.
Pourtant, la principale intéressée demeure très humble face à son accomplissement, surtout quand elle fait allusion à sa qualification pour Boston. « Je crois que les responsables du Marathon de Boston ne mettent pas la barre très haute pour la qualification pour les dames de mon groupe d'âge en la plaçant à 4 h 25 min. J'étais pas mal certaine de courir en bas de 4 h 25 min par cinq ou 10 minutes, mais pour le reste, je n'avais aucune espèce d'idée avec quel temps je pouvais finir. J'ai été la première surprise de courir en 3 h 37 min », déclare Payeur Poitras.
Du plaisir
De son propre aveu, celle qui fait partie du Club de trail Le coureur sous l'habile direction de Mary Lou Butterfield a plaisanté tout au long du parcours, particulièrement avec les coureurs qui personnifient les lapins de cadence et dont la tâche consiste à courir en un temps précis pour aider les coureurs moins endurcis et moins expérimentés.
« Avec un autre coureur de notre club, nous avons pris place derrière le lapin de 3 h 45 min. Au pire, je ralentirais dans la seconde partie du marathon que je me disais. Mais plus j'avançais, plus je me retrouvais avec les autres lapins qui affichaient des temps plus rapides pour finalement terminer avec celui de 3 h 35 min. On s'est bien taquinés jusqu'à la fin. Je n'ai jamais traversé des moments vraiment difficiles », fait-elle valoir.
Sur le tard
Bernice Payeur Poitras a commencé à courir sur le tard, à 55 ans. « Avant l'âge de 55 ans, j'étais tout sauf active. Comme bien des femmes, je composais avec le combo famille travail. Mon fils est arrivé avec des espadrilles et m'a dit que ça me ferait le plus grand bien si j'étais moins sédentaire. Je me suis mise à la tâche. Quel monde fascinant j'ai découvert. Je ne voudrais plus retourner en arrière. J'ai la nette impression de vieillir moins rapidement qu'auparavant. C'est devenu une passion pour moi. Je n'ai pas besoin de me motiver pour aller m'entraîner. Il y a tellement de bienfaits à en retirer. Si je pouvais à mon tour inspirer une seule personne de mon âge à emboîter le pas, je serais la personne la plus heureuse », confie la coureuse qui avoue aussi faire preuve de sagesse dans son entraînement.
« Je suis à la lettre les conseils qu'on me donne. Le repos bien dosé et une bonne nutrition, c'est aussi important que l'entraînement comme tel. Le pire ennemi qui nous guette, surtout à mon âge, c'est le surentraînement. Je veux rester en santé et ça fait partie du plan de match d'être disciplinée et équilibrée. »
D'ici le 16 avril 2018, date du prochain Marathon de Boston, Bernice Payeur Poitras continuera de participer à différentes épreuves, mais sur des distances plus courtes. « Il y aura des courses en sentiers, d'autres sur route et aussi du canicross, un sport que je pratique pour vaincre ma peur des chiens. Geneviève Baril de Sirius Sport Canin me fournit une belle chienne husky. Je ne m'ennuie pas avec elle. »
Le Club de trail Le Coureur a maintenant sa nouvelle coqueluche. Sans le savoir, Bernice Payeur Poitras était peut-être née pour courir.