Bien peu d'experts voyaient Anne Marcotte (en rouge) se rendre jusqu'au bout. Mais c'est pourtant ce qu'elle a réussi. La Sherbrookoise a perdu contre l'expérimentée Mandy Bujold, vendredi soir.

Anne Marcotte s'incline devant Mandy Bujold

Le défi était de taille pour la Sherbrookoise Anne Marcotte. Pour espérer se qualifier pour les Jeux olympiques de Tokyo en 2020, elle devait battre l’expérimentée Mandy Bujold en finale des qualifications nationales de boxe, qui se déroulaient à Montréal. Finalement, l’expérience de l’ancien olympienne a prévalu, vendredi soir.

Bujold, qui a participé aux Jeux olympiques de 2016 à Rio, s’inclinant en quart de finale, a battu la Sherbrookoise par décision unanime, vendredi soir, en grande finale des qualifications nationales, catégorie des 51 kg.

Bien peu d’experts voyaient Marcotte se rendre jusqu’au bout. Mais c’est pourtant ce qu’elle a réussi à faire.

Et devant celle qui a 160 combats au compteur, Marcotte a tout donné. Et elle n’a aucun regret.

« Ça a quand même bien été. J’ai connu un premier round plus difficile, mais j’ai fait mieux au deuxième round, et encore mieux au troisième round. Elle s’est imposée dès le départ ; avec son expérience, elle a pris le centre du ring, et ça m’a pris un peu de temps à m’ajuster. En même temps, je vivais le stress d’affronter une Olympienne, une double médaillée aux Jeux panaméricains. Le temps d’assimiler tout ça, et ça passe vite », a dit la Sherbrookoise de 29 ans, après son combat.

« J’avais le même plan de match que lors de mes autres combats ; j’ai commencé fort, mais je ne me suis pas autant imposé que lors des trois premiers combats. J’avais plus de difficultés. C’est une boxeuse complète, qui s’ajuste rapidement, qui fonce et qui a des coups précis et puissants. »

« Mais pour vrai, je suis satisfaite. Me rendre en finale, contre Mandy Bujold, c’est que je voulais. Personne ne me voyait en finale contre elle. Cette compétition est un véritable marathon, j’en étais à un quatrième combat en quatre jours. »

« Je suis contente. Elle ne m’a pas déclassée, elle ne m’a pas écrasée, ni rien. Je suis fière d’avoir livré ce combat devant une fille qui a 160 combats en carrière, alors que j’en étais à mon 44e. Je constate que la différence n’est pas si énorme que ça entre moi et elle. Je suis fière de m’être adaptée, et de m’être améliorée au fur et à mesure que le combat progressait. J’aurais pu finir le premier round et m’écraser, mais j’ai tenu bon. C’est très satisfaisant. »

Le tirage au sort a fait en sorte qu’Anne Marcotte a dû livrer quatre combats dans sa compétition, plutôt que trois pour son adversaire.

Est-ce que le résultat aurait été différent, si le scénario avait été inversé ?

« Non, je ne pense pas. Quand tu affrontes une boxeuse de cette trempe, c’est l’expérience qui fait toute la différence. Et Bujold a pu maximiser la sienne. »

Anne Marcotte profitera d’un repos bien mérité pour la période des Fêtes.

Elle ne sait pas trop ce qui l’attend pour la suite.

« Boxe Canada met beaucoup l’emphase sur ses boxeuses qui vont participer aux Olympiques. Moi, qui évolue chez les 48 kg, je ne sais pas trop ce qui m’attend, c’est un peu le néant. Je vais en profiter pour me reposer un peu. »