Anne Marcotte est championne canadienne de boxe pour la deuxième année consécutive. Elle a défendu son titre avec succès, la fin de semaine dernière en Colombie-Britannique.

Anne Marcotte défend son titre canadien haut la main

La route vers un titre canadien est parsemée d’embûches. Mais celle qui mène à la reconquête de ce même titre est encore plus hasardeuse. Avec panache, la Sherbrookoise Anne Marcotte a défendu son titre canadien de boxe chez les 48 kg, la fin de semaine dernière à Victoria, en Colombie-Britannique.

Classée première favorite chez les 48 kg élite, Marcotte, du Club de boxe de Sherbrooke (CBS) a eu raison d’Emanuele Daigle, une boxeuse de la Colombie-Britannique, par décision unanime, rien de moins.

Membre de l’équipe nationale canadienne depuis l’an passé, Anne Marcotte conclut ainsi avec brio une année fort remplie.

« La gestion du stress fut totalement différente cette année, si je compare à l’an dernier. Il y a une grande différence entre le stress lié au désir de devenir championne, à celui lié au désir de demeurer championne. Je savais que j’étais la personne à abattre, je devais donc m’adapter et boxer en conséquence. La façon d’aborder cette compétition fut tout à fait différente de celle de l’an dernier. Ce stress, je devais l’utiliser de manière positive, et non pas le laisser m’étouffer », a-t-elle fait valoir.

Il y avait cinq participantes chez les 48 kg, ce qui est quand même un nombre important.

« Puisque j’étais championne en titre, j’ai obtenu un laissez-passer pour le premier tour. En demi-finale, j’ai affronté une fille, très grande, du Manitoba. Je suis considérée comme assez grande dans ma catégorie, à 5’5’’, mais elle était plus grande que moi encore. C’était la première fois que j’étais confrontée à une adversaire semblable, et j’ai dû m’adapter à sa portée », a indiqué la Sherbrookoise de 28 ans.

« Quant au combat de la finale, j’ai affronté une fille plus petite et fonceuse. C’était donc un combat très différent du précédent et ça a rendu l’expérience encore plus plaisante. »

Anne Marcotte ne connaissait pas ces deux pugilistes, avant de se dresser devant elles dans le ring.

Son entraîneur Jean Gauthier et elle ont donc dû modifier et adapter les plans de match nécessaires pour la victoire.

« Les juges regardent d’abord ce que la championne va offrir, leurs regards sont donc inconsciemment posés vers moi, pour une très courte période de temps. Et je devais m’en servir à mon avantage. Je devais donner le ton, imposer ma boxe, être en contrôle. Et c’est ce que j’ai fait », a-t-elle expliqué, en créditant Jean Gauthier à ce sujet.

« J’ai bien boxé en demi-finale, encore mieux en finale. Je me suis servi de mes atouts, et j’ai appliqué le plan de match à la lettre. En étant championne en titre, je devais passer le message que je suis là pour rester. »

Avec l’équipe nationale, Anne Marcotte a disputé des combats à l’international pour une première fois, notamment en Pologne.

« Je suis sortie beaucoup cette année, et l’enjeu de la perte de mon statut auprès de l’équipe nationale était bien présent. J’ai passé le message que je suis là pour rester. Il y a, dans cet accomplissement, quelque chose de très très satisfaisant », a précisé celle qui travaille à Leucan Estrie.

Anne Marcotte participera aux tests physiques de l’équipe nationale, prochainement, en vue des Championnats continentaux de boxe, qui se dérouleront début juin au Honduras.

« Ce sera la plus grosse compétition à laquelle je vais participer. Je vise un podium, je veux continuer à progresser. Je vois cet événement comme une continuité, et non un plateau. »

Un cheminement exceptionnel pour une fille qui a d’abord fréquenté le volet récréatif offert par le Club de boxe de Sherbrooke, il y a quelques années, seulement pour se remettre en forme.

« C’était Pierre Gagné qui s’occupait de notre groupe, et c’est à sa suggestion que j’ai commencé la compétition. Je n’étais pas certaine de vouloir le faire. Alors il m’a dit : qu’as-tu à perdre? Je n’avais rien à perdre, alors j’y suis allé, je ne suis jamais retournée au récréatif », a-t-elle glissé avec un sourire.

Les autres résultats

Trois autres boxeurs du CBS étaient en action lors du Championnat Super Channel 2019 de boxe.

Chez les 60 kg juvéniles, Magalie Longtin s’est inclinée en finale face à Isha Waheed, de l’Ontario.

Un combat qui a été choisi meilleur combat dans la catégorie fille juvénile.

« Ce fut un excellent combat. Magalie a pris beaucoup d’expérience lors de ce duel. On va construire là-dessus en préparation pour sa prochaine année, qui sera chez les juniors », a dit Jean Gauthier, entraîneur élite au CBS.

Quant à Scott Veilleux, chez les 70 kg juvéniles, il s’est incliné en quart de finale face au Manitobain Connor Church.

« C’était la première fois que Scott était opposé à un adversaire semblable, un adversaire agressif, physique, un excellent athlète. Loïck Lahaie l’avait battu l’an dernier, chez les 132 lbs. Cette année, Church est monté de deux catégories et boxait à 154 lbs. Il était très offensif. Scott a livré ses trois rounds. Il a fait ce qu’il avait à faire et il s’en est très bien tiré », a dit Jean Gauthier.

Enfin, la déception fut vive pour Loïck Lahaie, qui s’est incliné en demi-finale par décision partagée (3-2), face à Sammy Morrisset, un adversaire qu’il avait pourtant battu lors des deux derniers duels entre les deux pugilistes.

« Loïck a bien boxé, il a été l’agresseur, mais il n’a pas eu la faveur des juges », s’est désolé Jean Gauthier.

« C’est décevant pour lui, il a travaillé fort pour se rendre là. J’étais pourtant confiant qu’on aurait la faveur des juges, car Loïck a clairement gagné les rounds 1 et 3. Et même le deuxième round était très serré ».