Le Mistral et le Kodiak ont disputé la finale de la Ligue de soccer élite du Québec (LSEQ) senior AAA sous une pluie battante, lundi, qui a rendu les actions individuelles et collectives plus ardues.

Amère défaite pour le Mistral

Le Mistral de Sherbrooke senior AAA ne participera pas au Championnat canadien des clubs. L’équipe pilotée par Vincent Orsida s’est inclinée 2-1 lundi après-midi face au Kodiak de Charlesbourg sous une pluie torrentielle.

Cette météo exécrable n’a pas empêché une foule nombreuse de se présenter au plateau Sylvie-Daigle afin d’encourager le Mistral.

Les Sherbrookois s’étaient assuré une place en grande finale grâce à une victoire de 1-0 face à Beauport samedi soir.

Le Mistral a cependant connu toutes les misères du monde à bien s’installer dans cette finale ; certes, la pluie rendait les actions individuelles plus difficiles, mais c’était le cas pour les deux équipes.

Le Kodiak, qui a bien calculé ses attaques, attendant patiemment le Mistral à mi-terrain, a inscrit le premier filet du match en première demie.

La formation de Sherbrooke a paru ébranlée et est retraitée au vestiaire à la demie la tête embuée.

Le jeu sherbrookois n’a pas paru plus convaincant en deuxième demie et il peinait toujours à orchestrer des attaques soutenues vers le filet adverse.

Charlesbourg a inscrit le but décisif au milieu de la deuxième demie, un but controversé.

L’attaque initiale du joueur du Kodiak a été stoppée par le gardien sherbrookois, mais un défenseur du Mistral, tentant le tackle défensif pour faire dévier le ballon, a involontairement poussé le ballon vers l’intérieur du but, à cheval sur la ligne des buts, et collé sur le poteau de gauche.

Les Sherbrookois ont argumenté que le ballon n’avait jamais traversé complètement la ligne des buts ; peine perdue, l’arbitre et le juge n’ont pas renversé la décision.

Avec sa victoire, Charlesbourg représentera le Québec au Championnat canadien, à Terre-Neuve, en octobre.

L’entraîneur Vincent Orsida a d’ailleurs été expulsé du match, quelques minutes plus tard.

Un but inscrit par le Mistral dans les arrêts de jeu a fouetté l’équipe, mais c’était trop peu, trop tard.

La déception était vive chez les Sherbrookois et spécialement pour Orsida, qui dirigeait un dernier match avec le Mistral.

« On est passé complètement à côté de la finale. C’est dommage, car cette équipe, ce groupe, vaut beaucoup mieux. Mais les deux équipes avaient les mêmes conditions de jeu, il n’y a pas d’excuses là-dessus. Ça fait deux ans de suite que ça ne nous réussit pas », a dit Orsida.

Tous les éléments étaient réunis ; l’avantage du terrain, l’appui incontestable des supporteurs. Mais rien n’y fit.

« Le premier but a changé la donne. Je dis les choses comme je les vois ; le premier but qu’on prend, je pense qu’il est involontaire, mais il n’y a pas faute, mais les conséquences sont importantes, car il y a but. Au Québec, il y a de bonnes équipes, des bons joueurs, mais au niveau du corps arbitral, il y a de choses qui doivent être revues. Il ne suffit pas d’être un robot de lire un règlement et de le reproduire, il faut aussi avoir une approche humaine et pédagogique », a-t-il pesté.

« Le deuxième il est entré ou pas, je ne sais pas. On n’a pas fait notre match, on aurait dû être plus fort. Mais sincèrement, les faits de jeu font basculer un match. Des détails comme ça sont trop importants. Je ne me cacherai pas derrière l’arbitrage ; on était à la maison, c’était une grande fête, et on voulait, mais ça fait beaucoup. Et cette équipe est jeune et il nous manque cette expérience qui va venir avec les années. »

« On n’a pas joué notre match ; on a beaucoup joué long et direct. Est-ce que c’est l’enjeu ou la fatigue d’avoir joué 120 minutes lors du dernier match ? On peut se chercher toutes les excuses, mais Charlesbourg fait un beau vainqueur. Je n’ai jamais parlé contre les arbitres, mais là, ça fait beaucoup et ce n’est pas justifié. Nous il faut faire avec. À un moment donné où on peut siffler d’un côté ou de l’autre, on a sifflé de notre côté. Pour les jeunes, et les joueurs en général, ça pose problème pour l’interprétation. Je vois comment on parle à Sherbrooke, comment on parle avec l’autre côté, on doit équitable et ce n’est pas ce que j’ai ressenti. »

Un dernier match

Il s’agissait du dernier match d’Orsida à la barre du Mistral senior AAA, lui dont le contrat n’a pas été renouvelé à titre de directeur technique de tout le club Mistral.

Il ne ferme pas la porte au projet d’implanter à Sherbrooke une équipe de la Première ligue canadienne.

« Je ne sais pas de quoi sera réservé demain. Je vais continuer dans le milieu du soccer, c’est sûr. J’aimerais continuer à Sherbrooke avec un projet ambitieux d’une équipe première qui doit être là où elle doit être, on l’a bien vu dans les gradins à Sherbrooke, il y a tout ce qu’il faut à Sherbrooke. Je suis un entraîneur et un technicien, je serai là s’il y a une opportunité. J’ai encore beaucoup d’amertume après ce match, mais je rebondirai, si c’est à Sherbrooke tant mieux. »