Alain Préfontaine et les autres dirigeants de la LHJMQ ne pourront monter sur le traditionnel podium lors du prochain repêchage, qui se déroulera via Internet.
Alain Préfontaine et les autres dirigeants de la LHJMQ ne pourront monter sur le traditionnel podium lors du prochain repêchage, qui se déroulera via Internet.

Alain Préfontaine prolonge son association avec le Phoenix

L’annulation des séries éliminatoires de la LHJMQ constitue une véritable catastrophe pour le Phoenix de Sherbrooke, qui trônait au sommet du classement canadien lorsque la crise de la COVID-19 est venue tout gâcher. Alors que les formations du circuit Courteau doivent déjà se tourner vers l’avenir, le Phoenix a offert un vote de confiance à son recruteur-chef, Alain Préfontaine. Le Granbyen a récemment paraphé une nouvelle entente valide pour deux saisons avec le club des Cantons-de-l’Est.

«J’ai la chance de travailler près de la maison, dans une organisation où le climat de travail est fantastique», a commenté celui qu’on surnomme «Pee-wee» dans le milieu du hockey. 

Les trois autres recruteurs de l’équipe ont aussi obtenu une prolongation de contrat.

«On considère que notre travail est un peu inachevé avec la pandémie...», a ajouté Préfontaine.

Amère déception

Même s’il a dû surmonter une série de blessures importantes, le Phoenix dominait la LHJMQ avec une récolte de 106 points en 63 matchs lorsque l’action a été interrompue.

Officiellement lancée en 2012, la «nouvelle» concession sherbrookoise espérait enfin atteindre le carré d’as, et même participer au tournoi de la Coupe Memorial.

«C’est extrêmement décevant. On a travaillé très fort pendant quatre ans pour bâtir cette équipe», a reconnu Préfontaine, embauché en décembre 2015 après des passages avec les Remparts de Québec puis l’Océanic de Rimouski.

«En même temps, il y a des situations bien pires que la nôtre. On n’est pas malades, juste déçus.» 

En plus de ses trois vétérans, le Phoenix alignait une dizaine de joueurs de 19 ans (dont cinq défenseurs !) en fin de saison. Le directeur général Jocelyn Thibault devra assurément faire des choix judicieux, mais son recruteur-chef estime qu’il n’est aucunement question d’une reconstruction complète. 

«On sera plus que compétitifs l’année prochaine, a-t-il assuré. Certains de nos défenseurs vont peut-être signer des contrats professionnels, on suit la situation. Mais on peut quand même garder trois de nos gars de 19 ans. »

Le recruteur-chef Alain Préfontaine continuera de collaborer étroitement avec le directeur général du Phoenix, Jocelyn Thibault.

Formule différente, même préparation  

Les recruteurs de la LJHMQ se préparent actuellement pour un repêchage pour le moins inhabituel. Alors qu’il devait être tenu au Palais des Sports Léopold-Drolet, à Sherbrooke, l’encan 2020 se déroulera plutôt via Internet les 5 et 6 juin prochains. La première ronde sera diffusée en direct sur la plateforme YouTube. Le 6 mai, une loterie déterminera d’abord la formation qui détiendra la toute première sélection. 

Les équipes de recrutement ont donc un peu plus de six semaines pour compléter le processus d’évaluation. On serait tentés de croire que l’annulation des séries et des championnats nationaux les privera d’un échantillon crucial. Près de chez nous, la ville de Saint-Hyacinthe devait notamment accueillir la Coupe Telus, qui couronne les champions canadiens au niveau midget AAA. 

Alain Préfontaine voit toutefois les choses autrement. «La préparation reste la même. En termes de recrutement, on avait déjà 90% de la saison de fait», a-t-il expliqué

«C’est pas parce qu’un gars est moins bon en avril que tu ne l’aimeras plus, et vice versa.»

Même si le Phoenix ne possède actuellement aucun choix de première ronde, le vétéran homme de hockey se prépare à toutes les éventualités. Il croit aussi que les chasseurs de talent démontrent leur réelle valeur après le troisième tour.

Préfontaine évoque notamment le cas de Yann-Félix Lapointe, sélectionné en 11e ronde par Sherbrooke lors de l’encan de 2016. Le défenseur granbyen a rendu de fiers services pendant quatre saisons, avant d’être impliqué dans la transaction qui a amené l’excellent Samuel Bolduc dans les Cantons-de-l’Est.

«Pee-wee» continuera d’ailleurs de militer en faveur des espoirs locaux à Sherbrooke. «C’est dommage, parce que je ne peux pas tous les repêcher. Mais à talent égal, je vais toujours privilégier un gars du coin.»